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Au souvenir de l’héroïque LOUNI Arezki et de SERKADJI : Un Panthéon de la mémoire collective d’éternité

12 avril 2020 à 7 h 05 min

« Le culte du souvenir est la condition de survie de l’âme d’un peuple » Marcel PROUST

 

Déjà 63 ans que ce vaillant fidaï d’assaut, d’un courage exemplaire, de témérité proverbiale, est héroïquement tombé un lundi 8 avril 1957 pour l’amour et la libération de l’Algérie sous le couperet de la barbare guillotine d’un colonialisme français de déni d’humanité et de déshonneur criminel devant l’histoire et pour la postérité des descendances générationnelles à travers le cycle des âges et du temps.
Louni Arezki, un héroïque chahid du devoir pour la libération de l’Algérie

Coïncidant avec le 20e anniversaire de la création de notre Association qui, fièrement, perpétue dans la symbolique le nom glorieux de ce chahid du devoir, une évocation historique de son parcours devait initialement être célébrée ce mercredi lumineux de la pensée du 8 avril 2020 au rendez-vous du funeste lundi 8 avril 1957, soit 63 ans après son exécution, dans l’enceinte même de la prison de Serkadji.

Dans la conjoncture sanitaire exceptionnelle de pandémie, cette cérémonie est reportée à une date ultérieure qui sera reprogrammée en temps opportun. En l’attente et à dessein d’un ressourcement évocateur à cette sinistre date du 8 avril 1957, il est de notre devoir impérieux de remémorer en la circonstance les hauts faits d’armes du chahid LOUNI Arezki affectivement appelé par ses proches «Zinzer» «l’éclair l’intrépide» pour son itinéraire de résistant hors du commun qui illustre un repère de sacrifice suprême par le don de soi en offrande à l’Algérie et à son peuple pour la libération de la chère patrie de ses ancêtres.

Une spectaculaire et foudroyante embuscade armée au cœur d’Alger

Ceci au souvenir vivace de la fulgurante démonstration de la première embuscade urbaine stratégiquement tendue à un convoi militaire au cœur de la capitale Alger, devenue dans le contexte politique de l’époque un observatoire et évenementiel privilégié de la communauté internationale quant à l’évolution de la guerre de Libération nationale ou guerre d’Algérie, selon le vocable médiatique universellement usité en cette période.

Le lieu-dit Pont de fer au Frais Vallon, une bretelle à proximité de la très populeuse Bab El Oued, européenne et ultra-colonialiste, fut ainsi le théâtre de cette audacieuse opération armée qui s’est soldée par la mort de soldats français du contingent, fait inédit jusqu’alors à Alger considéré comme armoirie de suprématie et d’invincibilité de l’autorité de la France coloniale.

Ce qui engendra le désarroi de celle-ci, aggravé par une stupeur et une panique générale de l’ensemble de cette population dite «pieds-noirs» à Alger, traumatisée par ce victorieux baptême de feu accompli par les glorieux LOUNI Arezki et ses compagnons sortis indemnes de cette opération d’envergure psychologique qui mit fin au mythe d’invulnérabilité de l’armée et de la police françaises.

Une épreuve spectaculaire qui, à l’inverse, créa spontanément une véritable euphorie au sein des masses de la population algérienne, subjuguées par l’exploit d’un sursaut mobilisateur de résistance armée dans une conjoncture particulière de répression et d’exactions sanglantes menées sans répit par les autorités colonialistes.

A ce propos, il y a lieu de mettre en exergue les colonnes du journal fasciste de la colonisation le Journal d’Alger  daté du 24 février 1956 qui, a son corps défendant, n’a pu soustraire l’écho de l’événement suscité auprès de l’opinion en rapportant, sous ce titre désemparé «Attentat hier en plein jour aux portes d’Alger» en précisant le déroulement de celui-ci en ces termes : «A 9h20, un camion Dodge mitraillé au Frais Vallon ; des militaires tués et blessés.»

Un acte ultime de glorieuse résistance

Cela couronné par un acte ultime de glorieuse résistance accompli par le héros LOUNI Arezki lors de son exécution au pied de la guillotine où il retira une lame façonnée dans son cachot de condamné à mort de longs mois durant, avec une assiette en aluminium servie aux indigestes pitances quotidiennes qu’il a malicieusement réussi à subtiliser à la surveillance filtrée de ses féroces gardiens, bernés en un instant par la lassitude de cette fastidieuse tâche journalière de routine.

C’est celle-ci qu’il enfoncera, en un acte d’ultime résistance, dans le ventre de son bourreau scalpeur de têtes qui s’affala ensanglanté sur le parvis de la faucheuse qui, à l’aube effroyable de ce Lundi 8 avril 1957 emporta dans ses cannibales décapitations une succession de têtes héroïques tombées les unes après les autres et qui avaient pour noms inscrits en lettres d’or de l’immortalité : MAMERI Amar, guillotiné à quatre heures quarante minutes, suivi de BADECHE Saïd, à quatre heures quarante-cinq minutes et sauvagement clôturée par l’exécution de LOUNI Arezki à quatre heures quarante-six minutes.

Yacef Saâdi remémore au présent le courage impétueux de LOUNI Arezki son proche et fidèle compagnon d’armes

Ce témoignage minutieusement documenté et poignant a été révélé par YACEF Saâdi, le chef de la Zone autonome d’Alger historique lors d’une mémorable conférence-débats centrée sur le thème «Toponymie-Mémoire», magistralement animée par la professeure émérite spécialiste en Toponymie YERMECHE Ouardia au Palais El Menzeh à la Casbah d’Alger devant une nombreuse assistance séduite par la rétrospective méthodologique brillamment développée en matière de toponymie où il a été démontré que les noms des lieux ont aussi une historicité mémorielle.

Pour corroborer les faits, en compagnon d’armes très proche de LOUNI Arezki, YACEF Saâdi a, par une intervention solennelle et émouvante, insisté que celui-ci constituait le noyau dur de la cheville ouvrière des actions armées les plus périlleuses où sa constante présence en première ligne était toujours remarquée.

A cette évocation, il a tenu à jurer à trois reprises par le rituel serment au nom d’Allah que lui, YACEF Saâdi, n’avait pas les 40% du courage indomptable de ce héros d’exemplarité qui demeurera à jamais un symbole de résistance pour l’histoire et les générations montantes.

Serkadji : Un Panthéon du sacrifice suprême pour une culture de la mémoire collective contre l’oublie

Ainsi, l’image de l’héroïque LOUNI Arezki et de ses nombreux compagnons de combat, suppliciés de légende pour l’Indépendance de l’Algérie, perdurera à l’infini dans la flamboyance historique de SERKADJI qui, pour la pérennité, incarnera désormais la symbolique du sacrifice suprême ancrée dans la mémoire collective du peuple algérien à l’éternité.

 

Par Louni Aït Aoudia ,  Président de l’Association des amis LOUNI Arezki Casbah Alger



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