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Valéry Giscard d’Estaing et la réconciliation algéro-française : «Une occasion perdue» avec la mort de Boumediène

10 décembre 2020 à 10 h 25 min

Une occasion a été perdue» pour la réconciliation entre l’Algérie et la France, a laissé entendre l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, décédé le 2 du mois courant, dans la deuxième partie – consacrée à la politique étrangère – d’entretiens accordés à Frédéric Mitterand, ancien ministre de la Culture sous la présidence de Nicolas Sarkozy, diffusée mardi soir sur LCP.

Frédéric Mittérand à VGE : «Peut-être que si Boumediène avait vécu, la réconciliation avec la France aurait pu être réalisée». Frédéric Mitterrand décrit le président Boumediene comme «différent des autres», qui «parlait peu français», «avait un physique austère» et «appartenait à la mouvance tiers-mondiste qui était très importante à l’époque». «On n’était pas dans ce discours des Français qui disaient que nous avons des relations privilégiées ou dans ce discours amer de certains dirigeants algériens qui s’exprimaient en français comme des Français, on était dans un autre univers, c’était donc difficile de l’apprivoiser.»

«Non, au contraire», répond Valéry Giscard d’Estaing, parce qu’«il y a avait moins le poids du passé, en fait». «J’ai l’impression que Boumediene s’était dit, au fond, ça se passe comme ça doit se passer ; c’est comme ça que ça doit se passer. C’est-à-dire deux hommes qui se respectent, qui savent qu’il y a des souvenirs naturellement difficiles, voire même très douloureux, mais deux hommes qui se respectent et qui se conduisent en conséquence. Il y avait un rapport, je ne peux pas dire chaleureux, mais très correct. Et, au fond plutôt que l’hypocrisie de façon très générale, moi j’aime assez ce qui est correct.»

«Il tombe malade, il part se faire soigner à Moscou». De retour vers Alger en avion militaire algérien, «je ne sais pas pourquoi il avait fait un trajet qui le faisait passer au-dessus de la Corse, territoire français, dans un avion militaire qui ramène le président Boumediene qui est malade et qui rentre chez lui. Il prend la route, la meilleure, et s’il doit traverser le territoire français, il le fait», explique Valéry Giscard d’Estaing à son intervieweur.

Frédéric Mitterrand, faisant référence à l’opposition de certains membres du gouvernement français : «Vous prenez la décision devant des gens un peu rechignés quand même parce que vous les en avez informés». «Oui, absolument», répond VGE. Et de poursuivre : «Alors, à ce moment-là, Boumediène m’envoie un message remarquable.

D’habitude, on envoie des messages banals mais, là, c’était une lettre qu’il a écrite, un message extraordinairement chaleureux disant qu’il était très touché par mon geste que, d’ailleurs ceci voulait dire que nous allions pouvoir ouvrir un nouveau chapitre beaucoup plus positif dans les relations [franco-algériennes] et que, dès son arrivée à Alger, il s’y consacrerait»…. «La lettre était très émouvante et forte.» «Il meurt. Il n’a jamais été remplacé par quelqu’un de son envergure.»

Frédéric Mitterand : «Une occasion perdue» ? Giscard : «Une occasion perdue».

Au cours du débat sur le plateau de LCP, le neveu de François Mitterrand a indiqué que ce qui intéressait VGE c’était les hommes. «Boumédiene lui avait plu, la mort de Boumediène l’avait beaucoup affecté». «Il pensait qu’avec Boumediène c’était l’homme avec qui il pouvait faire la réconciliation» entre l’Algérie et la France, à l’image de la réconciliation franco-allemande.

 


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