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dimanche, 05 juillet, 2020
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Une thérapie encourageante contre le Covid-19 : La chloroquine au banc d’essai

24 mars 2020 à 9 h 30 min

Les autorités sanitaires marocaines ont réquisitionné les stocks de médicaments à base de chloroquine pour soigner les personnes atteintes du Covid-19. En Tunisie, le ministre a autorisé un certain nombre de services dans les hôpitaux publics tunisiens à utiliser cette molécule pour traiter les malades.

Aux Etats-Unis aussi, le président Donald Trump a vanté ce recours : «Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement.» La Food and Drug Administration (FDA), l’organisme fédéral qui supervise la commercialisation des médicaments aux Etats-Unis, a décidé de mettre en place «un essai clinique étendu». La chloroquine est-il donc ce produit miracle ?

A la mi-février, une étude chinoise révélait qu’un essai mené dans une dizaine d’hôpitaux a donné des résultats prometteurs avec des tests sur plus de 100 patients atteints du Covid-19.

Le traitement basé sur la chloroquine, un médicament à moindre coût habituellement utilisé contre le paludisme, pouvait avoir un effet curatif. «Un antipaludéen pour en finir avec le coronavirus chinois ?», titrait alors le quotidien La Provence le 5 février 2020. Le terme de ‘‘chinois’’, péjoratif, n’est plus utilisé depuis que le virus est planétaire. Le journal donnait la parole au professeur Didier Raoult, un des hauts responsables de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée infection, installé à Marseille qui vantait l’étude.

Une deuxième fois, dans le grand silence national, le même journal lui redonnait la parole le 25 février. Le titre de l’article était sans hésitation : «Traitement du coronavirus : le remède contre le paludisme pourrait suffire.»

Pourtant, dès cette date, la communauté scientifique a tergiversé. On ne pensait pas alors que la maladie atteindrait les seuils actuels. Les équipes du professeur Raoult lançaient cependant immédiatement le protocole avec des résultats probants sur 24 malades.

Le ministère français de la Santé aussi emplit les stocks pour dépister plus largement et, pour éviter toute mise en place hâtive de la chloroquine avant d’en connaître les contre-indications, un essai thérapeutique a été confié par les autorités françaises et européennes à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Baptisé « Discovery », il sera effectué sur quelque 3200 patients européens.

On apprenait du reste samedi qu’une avocate d’Aix-en-Provence, âgée de 37 ans, atteinte du Covid-19 avait fait partie des 24 patients ayant pris part, à Marseille, à l’expérience du professeur Didier Raoult.

Elle a été guérie des symptômes, annonce-t-elle au Berry Républicain.

A Nice, sans attendre le feu vert des instances médicales françaises et européennes, le maire Christian Estrosi a annoncé que le médicament pourra être administré au CHU de Nice. Il répondait indirectement sur Twitter au ministre de la Santé qui énonçait récemment :

«Aujourd’hui, je n’ai aucune donnée suffisamment validée scientifiquement, médicalement pour tendre vers une recommandation mais j’ai donné toutes les impulsions nécessaires pour que nous ayons ces données (…) dans une période que j’estime à moins de quinze jours». Pour M. Estrosi : «Faut-il attendre ce laps de temps pour inclure la chloroquine dans le protocole de soin ?».

A Marseille, le professeur Didier Raoult et son équipe de l’IHU Méditerranée sont montés d’un ton dimanche : affirmant rester fidèles à leur serment d’Hippocrate qui est de tout tenter pour sauver des vies : «Nous avons décidé pour tous les malades fébriles qui viennent nous consulter, de pratiquer les tests pour le diagnostic d’infection à Covid 19″ et d’administrer, dès le diagnostic, un traitement à la chloroquine et à l’azithromycine.

Nous pensons qu’il n’est pas moral que cette association ne soit pas incluse systématiquement dans les essais thérapeutiques concernant le traitement de l’infection en France».

Un des responsables du parti Les Républicains, le sénateur Bruno Retailleau montait aussi au créneau, exhortait à «ne pas prendre de retard», en généralisant dès maintenant l’utilisation de la chloroquine : «Elle a un avantage, elle n’est pas chère.

Est-ce que c’est parce que les grands labos aimeraient se faire de l’argent sur le dos de nos concitoyens ?», se demandait-il à l’antenne de France inter : «Il faut que le directeur général de la Santé dise à tous les hôpitaux de France : allez-y ! De toute façon, qu’est ce qu’on risque ? Les gens meurent».

 

Lyon
De notre correspondant   Walid Mebarek



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