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lundi, 13 juillet, 2020
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Un passé à reconnaître et à enseigner

16 juin 2020 à 9 h 00 min

Dans «Les guerres sans fin. Un historien, la Fance et l’Algérie (éditions Stock, 2008) Benjamin écrit (page 74) que son autre ouvrage La Gangrène et l’Oubli, publié en 1991 «dit comment la mémoire de la guerre d’Algérie travaille en profondeur la société française à travers quatre grands groupes : les pieds-noirs, les harkis, les immigrés, les soldats.

En tout, six à sept millions de personnes vivent, séparées les unes des autres, avec cette mémoire douloureuse. Ce cloisonnement annonce le surgissement d’une possible «guerre des mémoires». A l’époque, «on refuse d’ailleurs toujours de parler de ‘‘guerre’’ car la France ne peut pas être en guerre contre elle-même.

Et l’Algérie, c’était la France. En dépit des travaux d’historiens comme ceux de Pierre Vidal-Naquet, qui a très vite écrit sur cette question, la torture n’est pas davantage nommée, c’est-à-dire reconnue par les autorités françaises qui l’ont couverte. Les horreurs d’une guerre à laquelle on refuse jusqu’à ce qualificatif ne seront jamais verbalisées collectivement. Pas étonnant que l’inconscient français en soit encore remué».

Emmanuel Blanchard relève qu’«aujourd’hui encore, les Algériens forment le principal groupe d’étrangers installés en France alors même que des générations de descendants d’immigrés ont acquis la nationalité française… La prise en compte d’une situation coloniale, puis postcoloniale, permet d’expliquer les discriminations structurelles et les luttes qu’elles ont engendrées…Une immigration souvent réduite à quelques stéréotypes ou à sa seule histoire politique».

Les enfants ou petits-enfants des manifestants pacifiques du 17 octobre 1961 à Paris «ont choisi, eux, de vivre en France, le pays où ils sont nés. On les trouvera aux avant-postes du combat contre le racisme et pour l’égalité citoyenne dans les années 1980-1990. Ils entendent respecter la mémoire de leur père, dont la majorité étaient partisans de l’indépendance algérienne et, en même temps, être des citoyens français à part entière», rappelle Benjamin Stora dans Algériens en France. 1954-1962 : la guerre, l’exil, la vie.

Quant à l’historien Claude Liauzu, il relevait dans le Dictionnaire de la colonisation française (Editions Larousse, 2007) qu’il avait dirigé que «les difficultés des ‘quartiers dits sensibles’, les problèmes posés par les jeunes (et aux jeunes) de ces quartiers sont-ils dus à des caractères spécifiques de leur identité, qui seraient antinomiques avec la qualité de Français?

Ce point de vue a un impact certain dans l’opinion. Inversement, on fait procès à la société française de maintenir un comportement colonialiste envers des «indigènes de la République». «…Quels que soient les points de vue sur ces problèmes, il y a une évidence, c’est la nécessité d’intégrer le passé colonial dans les cultures de toutes les composantes de la société française, de partager ce passé».



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