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Tout Algérien visitant Paris est ébloui par la tour Eiffel, majestueuse et imposante du haut de ses 312 mètres.

Si la mine algérienne m’était «comptée» !

30 mars 2016 à 10 h 00 min

Un symbole de l’identité française et une attraction touristique mondiale qui fêtera ce 31 mars, son 127e anniversaire. Pour l’histoire, cette magnifique structure en fer a été dessinée par Maurice Kœchlin et construite par Gustave Eiffel, ingénieur de son état et célèbre entrepreneur qui a conçu ce monumentt à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris qui s’est tenue en 1889. La France allait montrer au monde, avec fierté, que le génie de la liberté avait accouché du génie de l’industrie.

Construite en deux ans, deux mois et cinq jours, de 1887 à 1889, par 250 ouvriers, elle est inaugurée, à l’occasion d’une fête de fin de chantier organisée par Gustave Eiffel, le 31 mars 1889. Les Algériens visitant ce monument, ne se doutent certainement pas que cette «dame de fer» symbole et fierté des Français, est en fait du minerai extrait de la terre algérienne. Et pour cause, tout le fer utilisé pour sa construction, 8000 tonnes pour la charpente métallique, a été extrait des mines algériennes, de Rouina (Aïn Defla) et de Zaccar (Miliana).

D’ailleurs, en guise de reconnaissance, Gustave Eiffel avait remercié les mineurs de Rouina, en offrant une horloge (montée sur une tour métallique) à l’école du village de Carnot (l’actuel El Abadia, wilaya de Aïn Defla). Il faut souligner que Rouina était l’une des premières mines exploitées en Algérie par les Français.

Gustave Eiffel fût ébloui par la pureté de son fer qui est un minerai à haute valeur ajoutée, ayant des propriétés mécaniques idéales et convenables à ses projets, titrant une teneur moyenne de 56-60%, ce qui permettait l’obtention de fer «puddlé» (brassé), très indiqué pour ce genre de structure, contrairement au minerai de fer extrait des «minettes de Lorraine» et autres mines européennes, pauvre et inadapté aux structures nécessitant une résistance et une flexibilité mécanique aux aléas naturels. le journal français l’Echo des mines avait rapporté déjà en 1896 que «le fer qui a servi à la construction de la tour n’est pas n’importe lequel. Il a fait l’objet d’un choix minutieux. Il vient de mines algériennes et a été fabriqué dans les forges et usines de Pompey ‘Fould-Dupont’ en Lorraine, Gustave Eiffel l’a choisi notamment en raison de ses propriétés mécaniques».

Le prix de la tour Eiffel, avec l’ornementation et les nécessités architecturales, a atteint les 5 millions de francs, tandis que la tour métallique a coûté à elle seule 3,405 millions de francs de l’époque. Le minerai provenant d’Algérie représente plus de 68% du prix de la tour ! A signaler également que l’excellent minerai de fer algérien avait démontré ses bonnes qualités, à l’instar des roues des locomotives BB 9004 et CC 71017 qui ont pulvérisé, les 28 et 29 mars 1955, le record du monde de vitesse (331 km/heure) sur une ligne droite dans les Landes et qui ont été coulées dans du minerai de fer provenant de l’ancienne mine de Breira, fermée en 1960 (actuellement relevant de Beni Haoua, wilaya de Chlef).

L’Etat algérien sous l’Emir Abdelkader avait développé une industrie de l’armement à partir du minerais de fer du Zaccar et quinze siècles auparavant, les Phéniciens et les Romains n’ont-ils pas tiré du fer pour leurs soldats et du marbre pour leurs palais ! A la fin du XIXe siècle, une certaine connaissance du sol et du sous-sol s’est soldée par d’importantes découvertes parmi lesquelles figurent les gisements de fer de Ouenza et de Boukhadra, de phosphates du Kouif, de plomb et zinc de l’Ouarsenis et Ghar Rouban, entres autres.

Pour illustrer l’intensité de l’activité minière, à cette époque, il y a lieu de noter que la production du minerais de fer a enregistré en Algérie une moyenne de 400 000 tonnes par an depuis 1875 pour culminer en 1928 à 2 006 092 tonnes, selon le journal l’Echo des mines et de la métallurgie. 
 


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