«Que l’Algérie puisse débuter sa mutation vers plus de liberté» | El Watan
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mercredi, 21 août, 2019
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Abdel Bouchama. Comédien et metteur en scène

«Que l’Algérie puisse débuter sa mutation vers plus de liberté»

09 juillet 2019 à 9 h 00 min

Jusqu’au 28 juillet, 1500 spectacles seront donnés à Avignon au Festival «off» et une trentaine dans le cadre du Festival «in». Pour rien au monde le comédien et metteur en scène franco-algérien Abdel Bouchama n’aurait décliné la force d’attraction de la cité des Papes. Il sera sur les planches du Festival «off» d’Avignon. Après avoir conté son rapport à l’Algérie de ses racines et s’être ressourcé dans la pièce Les Oranges, du regretté Aziz Chouaki, l’homme de théâtre change de thème. Toujours sur le registre de l’expression intimiste, à laquelle il croit profondément, il met en scène  Je suis là, de Jacques Maury. Il y dirige seul sur scène la comédienne Cécile Petit, qui donne corps à Maud, 38 ans. Elle vient de perdre son fils, Lucas, 20 ans, d’une overdose. C’est dans un grenier, lieu où elle et son fils se retrouvaient pour des moments de complicité, de rires, de jeux que cette femme vient se réfugier et se confier sans retenue, mais avec grâce. Le public est témoin de cette difficulté à assumer la perte d’un être proche. Un sentiment universel. Abdel Bouchama nous indique le mode d’emploi d’une catharsis.

– Pourquoi avoir choisi cette pièce sur une mère en souffrance après la mort de son fils ?

Je travaille toute l’année avec des jeunes concernés par la drogue en tant que consommateurs ou habitent dans des cités où ce fléau fait des ravages. Au contact de ces jeunes, j’ai ressenti une banalisation de la mort et parfois un fatalisme, comme s’il n’y avait que ces «paradis artificiels» de vrai dans la vie.

– Extrapolez-vous à la peine de toutes les femmes qui supportent le poids du monde ?

Non, car chaque drame est unique et ne peut pas se partager, nous sommes seuls, face à l’inéluctable. Maud est là, ayant survécu à son fils. Présence dévastée, mais obstinée, résolue à trouver l’issue. A ne plus fuir. En référence aussi à Lucas, qui est là. Toujours. Pour sa mère qui refuse de ne plus lui parler.

Une présence rassurante et mortifère. Elle l’entend, veut y croire et doit s’en détacher. Maud est une mère, une fille, une femme sur un chemin de transformation, c’est un chemin d’éveil spirituel qui se révélera à elle, avec le temps, avec un constant travail sur elle-même, après cette traversée de l’enfer psychologique où tout est matière à user du déni comme défense illusoire face à la vérité des faits et vivre, survivre, revivre, vivre enfin en conscience, après la mort par substances toxiques de son fils.

– La douleur est un état éminemment théâtral. Est-ce facile de l’incarner sur scène ?

Je ne sais pas si c’est facile de l’incarner sur scène, ce n’est certainement pas simple et demande beaucoup d’implication de la part du comédien, mais l’histoire nous apprend qu’au théâtre, les textes fondateurs sont : la guerre, la mort et l’amour. La douleur devient fatalement présente.

– En tant que Franco-Algérien, comment vivez-vous l’actualité algérienne depuis le 22 février ?

Je me sens très proche de ce que vivent les Algériens et espère que la voix du peuple se fera entendre, que l’Algérie puisse débuter sa mutation vers plus de liberté et devienne un des moteurs du continent africain. 


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