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Pollution marine : Une inquiétante accumulation de déchets

13 août 2019 à 8 h 34 min

La Méditerranée a toujours été le lieu de tous les challenges. Tous les citoyens, férus de culture ou non, gardent en mémoire l’Odyssée d’Ulysse, héros mythologique.

Ces combats d’un homme contre les éléments en furie ne perdent rien de leur acuité. Aujourd’hui, le héros grec serait sur les flots pour se battre contre un phénomène mortel pour la planète : la pollution.

«Depuis 2009, la quantité de déchets marins en Méditerranée a augmenté modérément, mais suffisamment pour qu’elle se hisse ainsi à la première place des mers d’Europe les plus polluées», a indiqué récemment l’Ifremer, un institut français. «C’est le résultat du premier suivi sur le long terme des déchets marins méditerranéens publié dans la revue Marine Pollution Bulletin».

En juillet dernier, des scientifiques de l’Ifremer étaient en mission au large de la Corse pour caractériser cette pollution, plus particulièrement les déchets flottants. Objectif : photographier ces déchets de surface grâce à une caméra fixée sur un Wave Glider, un engin sophistiqué.

Le résultat est des plus inquiétants. Tout les marins pêcheurs le savent : en levant leurs filets, ils ont d’abord à ôter la couche de déchets de toutes natures, le plastique surtout, avant de récupérer les poissons.

LE PLASTIQUE, PREMIER RESPONSABLE DES DOMMAGES CAUSéS AU MILIEU NATUREL

Les touristes qui croisent en Méditerranée le voient tous les jours : une mince couche en suspension sur les eaux, même à plusieurs milles des côtes. Les plaisanciers le voient sur les plages estivales.

Le rapport de l’Ifremer détaille : «Sacs et bouteilles en plastique, canettes métalliques et emballages alimentaires, cordes synthétiques et filets de pêche, cotons et vêtements…» «Dans les années 90, leur densité fluctuait autour de 100 déchets par km2», constate Olivia Gérigny, chercheuse océanographe au Centre Ifremer de Toulon, auteure de l’étude.

«Depuis 2012, cette densité se situe plutôt autour de 200 déchets par km2, avec un maximum de près de 300 atteint en 2015. Le plastique représente plus de 60 % de ces déchets».

Cela s’explique par une augmentation de la production de plastique sur cette même période, mais aussi par un recensement plus systématique depuis l’application de la directive européenne «Cadre stratégie sur le milieu marin en 2008».

En termes de répartition géographique, ajoute l’étude, on retrouve ces macro déchets sur près de 90 % de la surface échantillonnée dans les deux zones d’étude : le Golfe du Lion et la côte orientale corse. «La Méditerranée est la mer européenne la plus polluée par les déchets, explique Olivia Gérigny. Dans une étude comparable menée en mer du Nord, les densités annuelles restent inférieures à 50 déchets par km2, ce qui correspond aux valeurs minimales rencontrées ici».

L’espoir est aujourd’hui que les récentes réglementations de restriction de l’usage du plastique, particulièrement à l’échelle française ou européenne, permettent de réduire les rejets à la mer. Sauf que tous les pays du pourtour de la grande bleue ne répondent pas aux mêmes obligations légales. On peut donc craindre le pire lorsque le prochain bilan complet sera présenté en 2024.


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