Où en est l’enquête sur la mort de Zineb Redouane ? | El Watan
toggle menu
jeudi, 22 août, 2019
  • thumbnail of elwatan20190822


  • Pub Alliance Assurance



Opérations de maintien de l’ordre

Où en est l’enquête sur la mort de Zineb Redouane ?

06 août 2019 à 10 h 00 min

Ils étaient des milliers dans toute la France à manifester pour protester contre les violences policières, après la mort à Nantes d’un jeune homme. A Marseille, personne n’a oublié le décès de Zineb Redouane.

Samedi dernier, ils étaient des milliers à rendre hommage à Steve Maia Caniço, décédé à Nantes suite à une opération policière. Le corps de l’éducateur de 24 ans a été retrouvé lundi dans la Loire, rapportait la presse. Il avait disparu dans la nuit du 21 au 22 juin, lors de la fête de la musique.

«Vers 4h30, une violente intervention policière mettait fin à la soirée organisée sur l’île de Nantes et provoquait la chute de plusieurs personnes dans le fleuve», rappelait Libération samedi.

La découverte du corps du jeune homme a été vécue par beaucoup de Français dans la stupeur et l’indignation. Comment est-il possible de mourir si jeune lors d’une fête ?

Si le gouvernement tend à éviter de responsabiliser les forces de l’ordre dans ce décès comme dans d’autres, l’opinion publique se pose des questions sur la manière dont l’ordre public est maintenu. Il est notable que des centaines de personnes ont été blessées, parfois gravement, depuis le 17 novembre, lors des manifestations des «gilets jaunes» et qu’un décès a entaché le maintien de l’ordre à Marseille.

C’est ce qu’écrit le journal en ligne Médiapart : «Après la mort à Marseille de Zineb Redouane, gravement blessée au visage par une grenade lacrymogène alors qu’elle fermait ses volets, le 1er décembre, c’était celle de Steve Maia Caniço (…).

Ce sombre bilan, dangereux, humainement, politiquement et socialement, est encore aggravé par l’attitude du pouvoir : quelques heures à peine après l’identification formelle du corps de Steve Maia Caniço, 24 ans, le Premier ministre, flanqué du ministre de l’Intérieur, a juré qu’en l’état des informations disponibles, la police n’y était pour rien.

De quoi susciter la colère, voire la haine de certains jeunes Nantais et des amis et proches de l’animateur. Surtout, l’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) est marquée par des incohérences et des zones d’ombre.»

A Marseille, l’émotion au sujet de cette jeune victime est d’autant plus forte que la seule personne décédée suite à un tir de lacrymogène de la police vivait là. Il s’agit de Zineb Redouane, à propos de laquelle l’enquête piétine pour clarifier les circonstances d’un tir de police funèbre.

En juillet dernier, le site Arrêts sur images écrivait : «La police cherche-t-elle à faire obstacle à la vérité sur la mort de Zineb Redouane? La question est plus que jamais d’actualité sept mois après la mort de cette Algérienne de 80 ans, morte à l’hôpital le 3 décembre dernier. Sept mois après ce drame, et alors que le policier qui a tiré n’a toujours pas été identifié, l’enquête judiciaire est sous le feu des critiques.»

À Marseille, une banderole demande «à qui le tour ?»

On apprenait aussi, selon des révélations rapportées par plusieurs journaux ou médias au sujet d’une autopsie effectuée en Algérie. «Cette autopsie a été effectuée dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 25 décembre par le procureur d’Alger.

Ses résultats sont sans appel : la victime « présentait un important traumatisme facial imputable à l’impact d’un projectile non pénétrant ». « L’importance de ce traumatisme est directement responsable de la mort par aggravation de l’état antérieur de la défunte, malgré les soins prodigués en urgence», selon les médecins du CHU d’Alger.

Ce n’est donc pas un hasard si samedi dernier, sur la Canebière, la manifestation marseillaise s’est recueillie devant l’immeuble où Zineb Redouane habitait. Le journal La Provence notait dimanche : «L’octogénaire fermait ses volets pour se protéger des affrontements qui se déroulaient en bas de chez elle en marge d’une mobilisation contre l’habitat indigne. Elle est décédée le lendemain au bloc opératoire.

Depuis, ses avocats ne cessent de dénoncer « les zones d’ombre » de l’enquête. Forcément, hier soir, au moment d’exiger « la vérité pour Steve », les quelque 270 manifestants massés derrière une banderole demandant « à qui le tour ? » n’ont pas manqué de rappeler ce dramatique précédent, longtemps ignoré par l’exécutif. « Steve ! Zineb! On n’oublie pas ! » a entonné en chœur la petite foule… « Plus personne ne croit l’IGPN ! ».

« Ces violences policières sont ignobles, du jamais-vu », a clamé l’une de meneuses, « mais il faut rappeler que dans les quartiers populaires, ça fait 30 ans qu’ils les vivent !»

De la même manière, pour la mort de Steve, il semble que tous les éclairages ne soient pas faits puisque les juges nantais ont été dessaisis. Ainsi, le journal Libération rapportait samedi : « Mardi matin, au lendemain de la découverte du corps du jeune homme dans la Loire, le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, a estimé qu’une information judiciaire pour  »homicide involontaire » devait être instruite par deux juges du tribunal de grande instance de Nantes.

Toutefois, ces derniers ont demandé à être dessaisis, et ce, dès le réquisitoire introductif de l’enquête qui leur a été confiée, alors que leur travail ne faisait que commencer.» «D’ordinaire, ce type de décision intervient lorsqu’un élément objectif du dossier vient compromettre les investigations».


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!