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Marie Tomas : «Dépasser les drames, la haine et la rancœur»

23 juillet 2019 à 10 h 00 min

Marie Tomas avait huit ans lorsque ses parents ont quitté l’Algérie à l’aube de l’indépendance. Sa famille était d’origine andalouse : «Ils étaient venus très pauvres en Algérie dans les années 1870.

La famille est restée modeste au fil des générations.» Pour le Théâtre des Amants, elle a écrit son histoire, mêlée à d’autres, avec pour fil directeur le moment d’incompréhension d’une enfant qui quitte son ‘‘monde’’.

Avec La clé suspendue, ce qu’elle souhaite, «c’est avant tout la réconciliation avec cette terre algérienne pour dépasser les drames, la haine et la rancœur.

C’est fini tout ça», nous dit-elle après le spectacle. Rien n’est facile dans cette démarche assumée : «Ne pas oublier le mal mais se dire : ‘ça y est, on fait un pas’. Les blessures, elles, sont toujours là, elles ne peuvent pas être effacées, mais elles sont fermées. On essaie de tracer un chemin ensemble.» Elle s’imagine que l’enfant qu’elle était ne doit pas supporter le poids de l’injustice coloniale.

Aujourd’hui pourtant, elle sait le drame qui s’est joué : «Pendant la guerre, on ne comprenait pas ce qui se passait. La plupart des gens profitaient du bonheur de vivre en Algérie sans se rendre compte de la souffrance des Algériens, beaucoup étaient dans cet esprit.

Ils n’ont pas voulu voir la réalité, je n’en sais rien. J’étais très petite. Aujourd’hui, c’est mon plus grand regret, mais bon, on ne refait pas l’histoire. J’espère cependant que c’est derrière et qu’on va pouvoir construire la réconciliation de tous les enfants d’Algérie.»

Elle fait simplement un vœu : «On balaie. On a fait table rase et on revient à quelque chose de constructif, quelque chose de beau et de trouver ensemble les moyens d’aller de l’avant. Il y a eu trop de victimes, qui ont laissé leur vie ou leur âme, ceux qui ont laissé leur existence, leurs rêves.

C’est fini tout ça,  il faut avancer.» Elle qui a laissé son enfance en Algérie, rêve de resserrer les liens distendus : «Je parle des pieds-noirs, des Algériens, des juifs, de tout le monde. Des gens qui ont vécu en Algérie, que ce soit des coopérants, des gens de passage, des ingénieurs qui ont vécu un temps en Algérie, des gens qui ont rendu visite à des amis.

C’est cet ensemble de gens qui ont un lien avec l’Algérie que je fais revivre. J’ai lu un article avec pour titre «Tous les enfants d’Algérie doivent se réconcilier». J’étais en train d’écrire ce texte que je présente en Avignon. Je me suis dite que je suis en train de participer à ça.» 


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