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Le 17 octobre 1961 : Prochaine étape mémorielle en France ?

13 avril 2021 à 10 h 04 min

Quels que soient les aléas politiques, un calendrier s’impose dans les relations franco-algériennes, celui du soixantième anniversaire de l’indépendance en mars 2022. Avec tout d’abord le 17 octobre 2021, qui marquera le 60e anniversaire de la répression criminelle contre les Algériens qui manifestaient à Paris et dans d’autres villes en 1961. Le pouvoir français tentera-t-il un pas de reconnaissance de la violence coloniale contre les milliers de gens sans armes ?

 

Ce jour-là et les jours suivants sont une période marquée par l’horreur. Des centaines de victimes algériennes tombèrent alors qu’elles exigeaient pacifiquement le respect de leur dignité et la fin de la guerre en Algérie. Le 17 octobre 2021, le président Emmanuel Macron en profitera-t-il pour inscrire un nouveau jalon de son parcours mémoriel sur l’Algérie, un peu mis à mal en Algérie par les prises de position sans concession sur la France, pays ‘‘ennemi éternel’’ de l’Algérie.
Le journal parisien de droite L’Opinion, sous la signature de Jean-Dominique Merchet, indiquait récemment que la Présidence française songeait à marquer avec force cet anniversaire.

AU MUSÉE NATIONAL DE L’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION

Comme pour relativiser cette page à ranger au ‘‘musée’’, l’événement de cet éventuel acte fort du président français se déroulerait au Musée national de l’histoire de l’immigration de la Porte-Dorée à Paris, dirigé depuis peu à Pap Ndiaye, à l’occasion d’une exposition sur le 17 octobre 1961. «Le bilan des Algériens tués reste discuté par les historiens, mais il se compte en dizaines, certains corps étant jetés dans la Seine», écrit modestement notre confrère qui affirme tout de même avec toupet qu’une des raisons de la violence policière était les nombreux attentats contre eux menés par les combattants du FLN.

C’est ignorer l’ignominie policière et ses responsabilités au plus haut du gouvernement si ce n’est de l’Etat, qui avaient longtemps été masquées par les médias autant que par les historiens pendant des décennies. Il a fallu quelques chercheurs courageux et pugnaces comme Jean-Luc Einaudi au début des années 1990 pour tirer peu à peu l’écheveau de la vérité. Même si les journaux militants avaient décrit ‘‘en direct’’ les faits ignobles, ils ont longtemps été tus. A tel point que longtemps, on a confondu dans l’opinion publique le 17 octobre 1961 avec la manifestation (française celle-là) de février 1962 et sa répression au métro Charonne, faisant là aussi des victimes parmi les manifestants. A l’occasion de cette exposition, l’idée, en réflexion à l’Elysée, selon L’Opinion, porterait sur un discours d’Emmanuel Macron. En elle-même, «l’exposition, essentiellement à base de documents et de photos, ne se limiterait pas au 17 octobre. Cette répression s’inscrit dans un cycle plus long, qui a débuté à Paris dès le 14 juillet 1953, avec sept manifestants tués et plusieurs dizaines blessés par balles».

UN TROISIÈME ACTE

Ce nouveau pas d’Emmanuel Macron s’ajouterait à sa prise de position en 2016 à Alger, en tant que candidat à la présidentielle, affirmant que certains faits de la colonisation s’apparentaient à un «crime contre l’humanité». Cela lui fut vivement reproché par les canaux habituels qui refusent toute avancée en faveur de l’apaisement du contentieux légué par la violence coloniale. Macron avait cependant reconnu en 2018, devant sa veuve, l’assassinat de Maurice Audin et des crimes commis par des militaires. Puis, récemment, il avait reçu la famille de l’avocat Ali Boumendjel pour reconnaître l’assassinat de l’avocat du FLN par les militaires.

En marquant de manière solennelle le 17 octobre 1961, Emmanuel Macron suivra une des préconisations de l’historien Benjamin Stora qui lui avait remis en janvier dernier le rapport «Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie». Un geste qui préfigure peut-être ce que le président Macron fera, ou ne fera pas, le 19 mars 2022, soixantième anniversaire du cessez-le-feu en Algérie.

 

Lyon
De notre correspondant   Walid Mebarek


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