«L’Algérie, c’est ma part d’héritage» | El Watan
toggle menu
vendredi, 20 septembre, 2019
  • thumbnail of elwatan19092019





Kamel Zouaoui. Comédien

«L’Algérie, c’est ma part d’héritage»

23 juillet 2019 à 10 h 00 min

Dans Regarde plutôt la mer, Kamel Zouaoui nous entraîne dans une série de contes émouvants. Hugo est né dans le quartier du Panier, à Marseille ; âgé de 23 ans, il est étudiant en sciences humaines à l’université de Marseille. Son père s’appelle Mouloud et sa mère Denise. En quête de ses origines paternelles, il se décide de faire son premier voyage en l’Algérie, un bout de lui qu’il ne connaît pas. C’est le début de l’histoire. Il nous en parle.

En sortant de ce spectacle, on a la tête pleine d’images. Comment avez-vous conçu ce texte ?

Ça vient de chacun de nous en fait, ces mots qui résonnent en chacun. Il y a le «je» et le «nous», qui deviennent un «je-nous» qui articule une pensée, une manière d’être, une manière de vivre, qui ouvre et fait avancer. Avec un «genou», on peut plus facilement avancer que reculer.

On est obligé de tendre le genou quand on recule. Quand on avance, eh bien on se met dans l’humilité du sens de la vie. On va vers les uns, vers les autres, et j’ai le sentiment que ce récit, c’est un peu ça, le jeu du «je» et du «nous».

 Comment êtes-vous passé d’une longue série de contes sur Nasredine Dj’ha, à ces contes plus actuels, plus charpentés, plus imaginatifs aussi. Comment s’est fait le passage d’un style à un autre, tout en restant dans le domaine du conte ?

En 2008, je suis allé en Algérie pour la première fois grâce à ce personnage du Dj’ha algérien et je me suis très vite rendu compte que j’étais tombé amoureux de l’Algérie.

Cette part de moi que je ne soupçonnais pas, elle était là aussi. Aussi légitime à être là que l’autre, la part française de ma vie ! La part humaine. Il s’avère que peu à peu au fil de ma reconnexion avec l’Algérie, avec ma famille de là-bas, avec mes amis de là-bas, ce récit est né. Dans mes émerveillements dont je parle dans mes histoires.

Là, les contes ont pris leur place. Quand je raconte ces histoires dans les yeux des gens, il m’arrive de déceler la même lueur, ce même éblouissement que j’ai eu en comprenant cette part d’héritage, qui n’est pas un héritage dans une boîte, mais qui est bien vivant, j’y avais droit aussi.

Comment la définiriez-vous cette part d’héritage ?

C’est immatériel, cette sérénité, cette paix ! Quand il y a eu les  manifestations en Algérie depuis février dernier, avec la réappropriation des Algériens de leur propre histoire, je me suis dit que j’avais de la chance d’être algérien.

 Vos spectacles désormais se nourrissent à la fois de vos va-et-vient en Algérie dès que vous y êtes amené à jouer, mais aussi de vos périples dans le monde entier avec vos spectacles. Comment est-ce que cela enrichit votre manière de jouer ?

De manière ésotérique, j’ai le sentiment que les mots ont un sens, un contenant, un contenu, mais aussi un sens caché que l’humanum -le genre humain- possède. Les mots se dévoilent dans un dictionnaire qu’on n’a pas forcément tous. Je ressens dans la façon que les gens les reçoivent quelque chose qui est tellement proche. C’est peut-être simplement le code d’‘‘être humain’’.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!