La révolution du Sourire fait des émules | El Watan
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jeudi, 19 septembre, 2019
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L’Algérie dans les festivals d’été

La révolution du Sourire fait des émules

09 juillet 2019 à 9 h 00 min

Le Festival de théâtre Off d’Avignon et le festival Musiques du monde d’Arles accordent une place au mouvement populaire algérien, qui a fasciné le monde depuis février dernier.

Propositions de lecture de la contestation algérienne, c’est l’accroche d’une journée que le Festival Les Sud, d’Arles, et l’association altermondialiste Attac consacreront à l’Algérie le 13 juillet.

La journée commencera le matin à 10h à l’auditorium de l’espace Van Gogh, avec la projection du film documentaire Contre-pouvoirs, tourné en 2014 à Alger dans les locaux d’El Watan, lors de la campagne présidentielle pour le quatrième mandat de Abdelaziz Bouteflika, par Malek Bensmaïl.

On y voit la rédaction tout au long de journées mémorables, où l’idée que quelque chose pourrait changer par ce scrutin a été clouée au pilori par la sentence irrémédiable d’une élection «dans un fauteuil». Malek Bensmaïl avait vu juste en posant sa caméra au sein de la rédaction de notre quotidien, qui menait alors, comme il continue de le faire, le combat pour la presse indépendante algérienne.

Pour Attac, El Watan était le «nécessaire contre-pouvoir à une démocratie à l’heure où Bouteflika s’apprêtait à briguer un quatrième mandat. Une rencontre avec celles et ceux qui font le journal, leurs doutes, leurs contradictions, leur souci permanent de faire, chaque jour, un journal libre et indépendant. Une réflexion sur le travail et la pensée journalistiques».

Cinq ans après, ce que disent nos confrères est encore pertinent. Les commentaires et perspectives résonnent toujours juste après le mandat de l’absence d’un Président. Un mandat pendant lequel les difficultés de l’Algérie se sont accrues, jusqu’à la révolution actuelle, qui ouvre des rêves de changement.

Un débat devrait suivre sur l’évolution de la situation en Algérie, débat au cours duquel le journal sera représenté. Dans l’après-midi, de 16h30 à 18h, dans le jardin de l’Espace Van Gogh, Karima Dirèche, historienne, spécialisée dans l’histoire contemporaine du Maghreb, permettra au public d’en savoir plus sur les évolutions en cours en Algérie.

Directrice de recherche au CNRS depuis 2005, en tant que chercheuse au centre Temps espaces et langages, Europe méridionale, Méditerranée) la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, à Aix-en-Provence, elle a notamment codirigé «L’Algérie au présent, entre résistances et changements» (éditions IRMC-Karthala, 2019). La présentation et la discussion seront animées par Rachida El Azzouzi, journaliste à Mediapart.

Alger au cœur du Festival de théâtre off d’Avignon

La Manufacture place son programme sous le signe de la révolution du 22 février avec une belle photo d’une manifestation étudiante du mardi 24 février 2019, signée Lydia Saâdi. Cette mise en avant du mouvement populaire se décline pour l’établissement théâtral en deux expositions.

La première est intitulée «Algérie, quand les ultras révolutionnent », par Sabri Benalycherif : «Depuis les prémices de ce mouvement populaire sans précédent qui envahit la rue algérienne, les ultras (supporters de clubs de football) sont aux premières loges de cette contestation.

Habitués à crier leur rage dans l’enceinte des stades et à scander des slogans contre le mal-vivre et la hogra, cette jeunesse révoltée a décidé d’occuper la rue et a contribué à délier les langues.

On assiste depuis le février 2019 à une osmose pacifique dans la contestation entre les ultras de différents clubs et la rue algérienne.

Comme souvent au Maghreb, le pouvoir a utilisé les stades comme soupape de défoulement de cette jeunesse. Au fil du temps, la conscience politique s’est affirmée et se déverse aujourd’hui pacifiquement dans la rue pour rejaillir sur l’ensemble de la société.» La deuxième présentation a pour titre «Lamanif vuedenbas» et elle est due à Lydia Saïdi. Jeune photo-reporter algérienne de 24 ans, elle publie sur facebook.

Elle choisit de couvrir les événements d’Algérie «vus d’en bas», avec une proximité marquante et étonnante. «22 février 2019. Le plus beau moment que j’aie vécu lors de cette manifestation, c’était au dernier barrage policier près d’El Mouradia. Je m’étais frayé une petite place avec les manifestants sur un trottoir et je shootais.

Soudain, la police a commencé à prendre le dessus, et j’ai vu une marée humaine se ruer vers moi, je me suis dit à ce moment-là : “Mais, qu’est-ce que je fais ici  ? ” C’est alors qu’un groupe de jeunes, aux côtés desquels je me tenais debout au départ, s’est littéralement formé en bouclier pour me protéger et me répétait : “N’aie pas peur.”»


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