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La mort de Zineb Redouane oubliée par le président Macron

05 février 2019 à 11 h 00 min

Depuis Le Caire, le président Emmanuel Macron a estimé que «si onze personnes ont perdu la vie lors des manifestations des ‘‘gilets jaunes’’ en France, aucune n’avait été victime des forces de l’ordre».

Il a ajouté, au cours d’une conférence de presse avec son homologue Abdel Fattah al-Sissi : «Je note qu’ils ont bien souvent perdu la vie en raison de la bêtise humaine, mais qu’aucun d’entre eux n’a été la victime des forces de l’ordre.» Ce n’est pas tout à fait exact, puisque Zineb Redouane, une Algérienne de 80 ans, a été la victime collatérale des manifestations à Marseille début décembre.

Elle est décédée alors qu’elle était chez elle, au quatrième étage, dans une rue à l’angle de la Canebière. «C’est une grenade lacrymogène qui l’a touchée au visage», écrivions-nous dans les colonnes d’El Watan. «Selon les témoignages, la dame, décédée à l’hôpital où elle avait été transportée, avait reçu en plein visage un projectile tiré par les CRS.

Ebranlée dans le calme de son logement par le bruit à l’extérieur, elle avait voulu se confiner en fermant fenêtres et volets. Zineb Redouane, atteinte par une bombe (ou grenade) lacrymogène, n’a pas survécu ‘‘au choc opératoire’’», selon le procureur de la République. Une enquête avait d’ailleurs été ouverte pour éclaircir les raisons de ce drame.

Absorbé par son intention de faire montre d’esprit et d’ouverture démocratiques face au président égyptien, Emmanuel Macron devait ajouter, selon les propos rapportés par l’AFP : «En France, il est permis de s’exprimer librement (…). En France, on peut dire tout. Parfois, on dit beaucoup contre le pays lui-même, je le regrette, c’est la force de la démocratie. Il y a, dans notre pays, une liberté qui est constitutionnellement garantie, qui est la liberté de manifester. Et nous entendons bien la protéger.»

Parlant de la violence supposée être l’apanage de manifestants casseurs, il ne pouvait évidemment rien dire, en tant que chef de l’Etat, de la violence policière dont les derniers décomptes, avant la manifestation de samedi dernier, faisaient état de 337 signalements, 1 décès, 152 blessures à la tête, 17 personnes éborgnées et 4 mains arrachées. Mais aussi 49 intimidations, insultes, entraves à la liberté de la presse. C’est le journaliste-documentariste David Dufresne qui compile les vidéos et récits de violences policières sur son fil Twitter depuis le début du mouvement des «gilets jaunes». La France traverse depuis le 17 novembre 2018 une période troublée.


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