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Vincent Feroldi. Directeur du Service national des relations avec l’islam

«Ils croyaient en l’homme, source de vie et de bonté»

18 septembre 2018 à 0 h 10 min

La béatification des 19 religieux chrétiens tués en Algérie entre 1994 et 1996, dont les moines de Tibhirine, aura lieu le 8 décembre 2018, au sanctuaire de Notre-Dame de Santa Cruz d’Oran.

C’est ce qu’ont annoncé, samedi, les évêques d’Algérie. Nous avons demandé au père Vincent Feroldi de situer cet événement pour lequel le pape François sera représenté par le cardinal Angelo Becciu, préfet de la Congrégation des causes des saints.

 

Quel est votre sentiment sur l’aboutissement du processus de béatification des moines et des religieux assassinés pendant la décennie noire en Algérie ?

Beaucoup de joie m’habite car cela donne tout son sens à la démarche initiée par les évêques d’Algérie et les familles des moines, religieux et religieuses. Ces hommes et femmes avaient choisi de rester solidaires et en fraternité avec le peuple algérien au cœur de la tourmente et de la guerre civile.

L’amitié était plus forte que la peur. L’Eglise et tous leurs amis, d’Algérie et de l’étranger, de toutes traditions religieuses et cultures, vont pouvoir leur dire merci pour le témoignage donné.

Comprenez-vous les hésitations sur cette question entre ceux qui voulaient et ceux qui ne voulaient pas cette béatification ?

Oui, car beaucoup craignaient que ces béatifications soient instrumentalisées pour critiquer le peuple algérien, la communauté musulmane et l’islam. Or, reconnaissons que les évêques d’Algérie ont toujours été attentifs à ne jamais séparer ces dix-neuf martyrs des dizaines de milliers d’autres victimes des années noires et de tous ceux qui, journalistes, enseignants, artisans, imams, paysans, ont également donné leur vie par amour de la justice, de la fraternité, du vivre-ensemble.

Comment espérez-vous que soit ressentie en France cette béatification, au pays dont sont originaires la majorité des victimes et dont la mort avait causé une vive émotion ?

Elle arrive au moment même où le président de la République française est allé rendre visite à la famille de Maurice Audin, mort sous la torture initiée pendant la Guerre d’Algérie par l’Etat français. Béatification et reconnaissance des errements d’une politique étatique sont une invitation à un travail de mémoire qui passe par la vérité qui rend libre, par la volonté d’aller de l’avant et le désir de construire des relations de fraternité entre les peuples et les communautés. Cela nous parle donc de réconciliation et d’espérance, à l’image de ce que Robert Schuman, Jean Monnet, Konrad Adenauer, Helmut Kohl et Charles de Gaulle avaient voulu vivre par la réconciliation franco-allemande. Il est donc important de méditer sur le message laissé par ceux qui ont donné leur vie pour un idéal. Ils n’étaient pas habités par la haine, mais par l’amour, la justice, la fraternité et la prière. Ils croyaient en Dieu, ils croyaient en l’homme, source de vie et de bonté.

Que faut-il pour que la cérémonie soit un moment de rassemblement ?

Monsieur Mohamed Aïssa, ministre des Affaires religieuses, a fait savoir qu’il préparait un hommage national rendu aux 110 imams qui, eux aussi, ont donné leur vie par fidélité aux fondements mêmes de leur foi musulmane. Puisse cet hommage se vivre dans la suite de la célébration de la béatification ! Ainsi seraient associés dans une même dynamique tous ceux et toutes celles qui ont donné leur vie par amour de la paix, de la fraternité et de Dieu, qui appelle tous les hommes à se concurrencer dans les œuvres de bien et de miséricorde.

A quelles motivations correspond la date choisie du 8 décembre et le choix d’Oran ?

Le 8 décembre est le jour d’une grande fête mariale, c’est-à-dire de Marie, mère de Jésus, figure de tendresse, d’écoute, de fidélité à la parole de Dieu. Elle est l’exemple même de ce à quoi chacun est appelé à faire de sa vie. Quant au choix d’Oran, il peut s’expliquer par deux raisons. D’abord, c’est la ville de Mgr Pierre Claverie, l’un des dix-neuf, qui est mort en même temps que son ami Mohamed. Il était en charge de toute l’Eglise de l’Oranais. Ensuite, la ville d’Oran recèle le sanctuaire de Notre-Dame de Santa-Cruz. Or ce lieu vient d’être restauré avec la contribution de tous.

C’est donc le signe même de l’amitié entre tous, quelles que soient nos nationalités et croyances. C’est donc bien le lieu qui permettra à tout un chacun de se retrouver dans une même allégresse le 8 décembre 2018 car tous, forts du témoignage de nos frères et sœurs disparus, nous manifesterons notre désir de bâtir ensemble le monde d’aujourd’hui et de demain. 

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