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Financements libyens : Nicolas Sarkozy mis en examen pour «association de malfaiteurs»

17 octobre 2020 à 10 h 40 min

Nicolas Sarkozy a été mis en examen hier pour «association de malfaiteurs» – une première dans l’histoire de la Ve République pour un ancien chef d’Etat – dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, a annoncé le Parquet national financier (PNF).

Cette quatrième mise en examen de l’ancien président français est intervenue au terme d’un long interrogatoire de l’ex-chef de l’Etat la semaine dernière. En juin 2019, Nicolas Sarkozy s’était déclaré «totalement innocent dans cette affaire».

Il avait dénoncé un «complot». Le 24 septembre dernier, un arrêt de la cour d’appel de Paris a validé ce dossier dans lequel Sarkozy a déjà été mis en examen en mars 2018 pour «corruption passive», «recel de détournement de fonds publics» et «financement illégal de campagne» et a permis de relancer l’enquête.

La chambre de l’instruction, chargée d’étudier les recours contre les actes d’instruction, avait été saisie par l’ex-chef de l’Etat et ses anciens ministres Claude Guéant, Eric Woerth et Brice Hortefeux, ainsi que l’homme d’affaires Alexandre Djouhri sur toute une série de «nullités». M. Sarkozy invoquait notamment son immunité présidentielle, reprochait aux juges d’être sortis du périmètre autorisé de l’enquête ou avançait que le détournement de fonds publics d’un pays étranger, qui lui est reproché, est un délit qui n’existe pas dans la loi française.

La cour d’appel de Paris a rejeté l’essentiel de ces recours. L’enquête visant l’ancien président français a été ouverte en 2012 après la publication par le journal en ligne Mediapart d’un document portant sur un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime de Mouammar El Gueddafi. Les magistrats instructeurs ont, depuis, réuni des éléments confortant le document de Médiapart sans parvenir à des preuves matérielles. Toutefois, des mouvements de fonds suspects ont abouti à neuf mises en examen.

En novembre 2016, l’homme d’affaires Ziad Takieddine – un des mis en examen dans cette affaire et en fuite depuis sa condamnation en juin dans le volet financier de l’affaire Karachi – avait affirmé avoir remis, entre fin 2006 et début 2007, cinq millions d’euros à M. Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant.

Le 31 janvier, les magistrats avaient mis en examen pour «association de malfaiteurs» l’un de ses anciens collaborateurs, Thierry Gaubert, soupçonné d’avoir touché des fonds provenant du régime libyen qui auraient pu alimenter la campagne de M. Sarkozy.

Hormis ce dossier, dans lequel les investigations sont encore en cours, Nicolas Sarkozy doit être jugé du 23 novembre au 10 décembre pour «corruption» dans l’affaire dite des «écoutes»: il est soupçonné d’avoir tenté, avec son avocat Thierry Herzog, d’obtenir d’un haut magistrat, Gilbert Azibert, des informations couvertes par le secret dans une procédure judiciaire.

Nicolas Sarkozy doit également être jugé du 17 mars au 15 avril 2021 pour le financement illégal de son autre campagne présidentielle, celle de 2012, dans le cadre de l’affaire Bygmalion: il lui est reproché le dépassement du plafond de dépenses de campagne.

L’ancien Président a dit hier avoir appris «avec la plus grande stupéfaction» sa nouvelle mise en examen. «Après quatre journées d’interrogatoire, au cours desquelles j’ai répondu à toutes les questions qui m’ont été posées sans jamais être mis en difficulté, mon innocence est à nouveau bafouée par une décision qui ne rapporte pas la moindre preuve d’un quelconque financement illicite», écrit-il dans un message posté sur les réseaux sociaux. «Les Français doivent savoir que je suis innocent de ce dont on m’accuse en apportant un crédit invraisemblable aux déclarations d’assassins, d’escrocs notoires et de faux témoins», poursuit Nicolas Sarkozy dans ce message qu’il conclut par ces mots : «L’injustice ne gagnera pas.»

Paris
De notre bureau  Nadjia Bouzeghrane

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