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lundi, 14 juin, 2021
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Énième féminicide en France : Une mère d’origine algérienne assassinée par son ex-mari violent

08 mai 2021 à 10 h 04 min

Une jeune femme algérienne de 31 ans et mère de 3 enfants, résidant en France depuis 5 ans, a été tuée sauvagement, mardi dernier, par son ex-mari, lui aussi ressortissant algérien.

Ce dernier a été aussitôt interpellé par la brigade anticriminalité, non loin du lieu où le drame s’était déroulé quelques minutes auparavant (Mérignac, Gironde, sud-ouest de la France). Multirécidiviste de la violence conjugale, il n’en fallait pas plus pour conclure que Chahinez D., puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été victime d’un féminicide. Ce qui n’a pas manqué de susciter l’émoi sur les réseaux sociaux français et algériens.

Dans une conférence de presse, organisée jeudi matin, Frédérique Porterie, procureure de la République de Bordeaux, a révélé le mobile du mis en cause, Mounir B., qui était «convaincu que (son) épouse avait un amant et qu’elle le manipulait». Ce maçon d’origine algérienne, installé en France depuis 1999, aurait donc «décidé de la punir des souffrances endurées, mais sans souhaiter la tuer». Toujours selon son propre récit en garde à vue, il aurait «voulu seulement la brûler un peu pour lui laisser des marques» !

Cependant, les premiers éléments de l’enquête révèlent une préméditation du meurtre. L’accusé aurait surveillé sa victime durant toute la journée, de 7h jusqu’au moment des faits vers 18h. De plus, le rapport d’autopsie du corps complètement brûlé indique, d’après la conférencière, un «décès suite à une détresse respiratoire aiguë».

Immolée vive

Cela laisse penser que Chahinez a été immolée vive, le summum de l’horreur, en sachant surtout qu’elle a été aussi blessée par balle dans les deux jambes. «Lorsqu’elle est arrivée à mon niveau, je suis sorti de la voiture avec mon fusil et lui ai tiré deux balles dans les cuisses pour éviter sa fuite.

Ensuite, j’ai pris un bidon d’essence dans le véhicule et je l’en ai aspergée avant de lui mettre le feu avec un briquet», a-t-il raconté en substance aux policiers qui l’ont interrogé. Après cet agissement horrifiant, il s’est rendu, à pied, au domicile familial qu’il arrosa d’essence, puis il y alluma un nouveau brasier. Le fils aîné de la victime, né d’un premier mariage, a heureusement quitté les lieux juste avant, sommé de le faire par le forcené. Les deux autres enfants, de 5 et 8 ans, étaient absents.

L’auteur présumé de cette tragédie a été déféré, jeudi soir, pour une ouverture d’information judiciaire, pour les chefs d’accusation suivants : «homicide volontaire par conjoint», «destruction volontaire par incendie» et «violence avec arme en récidive légale».

Avant de se marier avec Chahinez, en octobre 2015, qu’il avait rencontrée en Algérie et avec laquelle il a eu un enfant en 2016, il a divorcé de sa première épouse, une citoyenne française, avec laquelle il a eu 3 enfants vivant exclusivement avec leur maman.

Son profil psychologique montre des problèmes avec l’alcool et la violence. Entre 2004 et 2020, il a été condamné dans 7 affaires liées à la conduite en état d’ivresse, au vol et à la violence conjugale.

Cette fois-ci, l’enquête a déjà établi qu’il n’a pas été sous l’emprise ni d’alcool ni de stupéfiants. Par contre, il a fait l’objet d’une plainte pour agression déposée par la défunte Chahinez, le 15 mars 2021.

Celle-ci aurait accepté, à son grand regret, de revivre avec lui depuis peu de temps, sous la pression, selon certains témoignages rapportés par la presse française, après sa sortie de prison fin 2020. Or, pour cause de «violence volontaire par conjoint», il était frappé par une interdiction d’approcher son épouse, ordonnée le 25 juin de la même année par le tribunal correctionnel de Bordeaux, qui l’a condamné en outre à 18 mois de prison, dont neuf avec sursis probatoire pendant 2 ans, avec mandat de dépôt décerné à l’audience. Il est resté seulement 4 mois en prison, bénéficiant d’une réduction de peine.

Malgré un supposé suivi de bonne conduite, mis en place par la justice, le concerné n’avait pas de bracelet électronique et sa compagne, plusieurs fois victime de sa violence, n’a pas été protégée ni équipée d’un téléphone grave danger. C’est pourquoi, de nombreuses associations féministes françaises ont critiqué l’«inaction de l’Etat français» vis-à-vis des conjoints violents récidivistes, souvent impliqués dans les féminicides. Dans ce sillage, les autorités ont annoncé une enquête interministérielle pour faire la lumière sur cette affaire.

Du côté algérien, le collectif Féminicides Algérie a dénoncé, sur sa page Facebook, cet énième féminicide et souligné : «Comme l’Algérie, d’autres pays du monde ne protègent pas suffisamment les femmes, particulièrement celles dont les conjoints sont susceptibles de les tuer.»

Il a, par ailleurs, lancé deux cagnottes en ligne : la première pour faciliter le rapatriement du corps de la victime au pays ; la seconde pour aider financièrement ses parents, notamment pour d’éventuelles démarches à venir.

 

Paris
De notre bureau   S.G.


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