Emilie Delorme : Au sommet des étoiles de la musique et de la danse | El Watan
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vendredi, 24 janvier, 2020
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Emilie Delorme : Au sommet des étoiles de la musique et de la danse

14 janvier 2020 à 9 h 00 min

Le ministère de la Culture français a nommé Emilie Delorme à la tête du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Aimant le partage avec toutes les rives artistiques du monde, âgée de 44 ans, elle est la première femme à diriger la vénérable institution fondée en 1795. El Watan avait pu rencontrer la nouvelle directrice de cet établissement prestigieux lors du Festival d’art lyrique que nous avions couvert durant plusieurs années.

Là, à Aix-en-Provence, elle a dirigé depuis 2009 l’Académie européenne de musique, «bâtissant des coopérations avec des artistes du bassin méditerranéen dans le cadre du Mediterranean Incubator of Emerging Artists (Medinea)», écrit le quotidien Le Monde. Son travail a aussi été remarquable dans le développement de l’Orchestre des jeunes de la Méditerranée (OJM) au sein duquel des jeunes Algériens ont pu se frotter à des virtuoses du monde méditerranéen.

Cette nomination, selon Le Monde, ne fait pas que des heureux : «La personnalité d’Emilie Delorme suscite des inquiétudes dans le milieu réputé conservateur de la musique classique. Certaines prises de position de la future directrice sur les questions du féminisme, de la parité, de la diversité culturelle, voire son soutien à une idéologie décoloniale, ont provoqué rejet et colère (pour l’essentiel sous couvert d’anonymat), tandis que des personnalités publiques se portaient à son secours», tel l’ex-directeur du festival d’Aix, Bernard Foccroulle, qui souligne sur Facebook l’engagement de Mme Delorme «contre toutes les formes de discrimination» et sa détestation des «comportements radicaux et extrémistes».

Dans un entretien publié dans El Watan le 26 juillet 2015, elle nous confiait son bonheur d’avoir pu participer à la création du premier opéra en arabe de l’histoire du festival aixois : Kalila wa dimna, d’après le recueil de fables d’Ibn Al Muqaffa, qui avait inspiré Jean de la Fontaine. Elle nous disait : «Avec ce que traverse notre époque, on a besoin de se connaître les uns les autres de manière urgente.

Se rencontrer, dialoguer et échanger peut nous aider à construire un espace euro-méditerranéen de paix et de dialogue. J’aimerais que petit à petit la Méditerranée irrigue les diverses branches du festival, de l’orchestre à la musique de chambre et l’opéra, et qu’on ne se pose même plus la question de cette Méditerranée, comme au niveau européen on ne veut plus savoir si l’artiste est polonais ou allemand. On doit arriver à la même dynamique au plan méditerranéen.»

Parlant de l’orchestre des jeunes de la Méditerranée, elle insistait sur le fait qu’«il a toujours auditionné en Algérie à l’Institut national supérieur de musique d’Alger et on continue à y aller régulièrement, mais c’est une forme de collaboration qui nous semble restrictive. La Méditerranée est grande et l’une des raisons par rapport à l’Algérie est que je n’y ai jamais assez passé de temps».

Hélas, les années passent et on ne voit pas mûrir les fruits de cet échange avec Alger qu’elle souhaitait. Peut-être qu’à son nouveau poste, la coopération sera plus aisée et féconde. 


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