Elles sont désormais illégales : Entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires | El Watan
toggle menu
jeudi, 03 décembre, 2020
  • thumbnail of elw_17102020




Elles sont désormais illégales : Entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

26 octobre 2020 à 10 h 13 min

Les armes les plus inhumaines et destructrices – 75 années après leur première utilisation sur des populations civiles et après plus de 2000 détonations dans le cadre d’expériences (dont 210 par la France en Algérie et à Mururoa, ndlr) – sont totalement interdites par un traité créé à l’initiative d’une vaste majorité d’Etats dans l’enceinte des Nations unies ; preuve que le multilatéralisme fonctionne», indique un communiqué de l’ICAN France transmis à notre bureau parisien.

Et de préciser que «les dernières ratifications (Nauru, Jamaïque, Honduras) déposées ce jour (le 24 octobre)aux Nations unies ont permis au TIAN d’obtenir le minimum de 50 Etats membres pour assurer son entrée en vigueur, comme le stipule son article XV dans  »90 jours »».

A noter que 37 Etats signataires préparent également leur procédure de ratification du traité. «Ainsi, en janvier 2021, nous débuterons une nouvelle décennie où les armes nucléaires seront illégales au regard du droit international. Il était anormal que les armes nucléaires soient les seules armes de destruction massive non interdites, alors que c’est le cas pour les armes chimiques et biologiques. Ce traité corrige cette anomalie et va montrer le véritable visage de cette arme», souligne l’ICAN France.

Et d’appuyer que «malgré les dernières tentatives de pression des Etats nucléaires, de la France notamment, ce traité va fonctionner pour engager le désarmement nucléaire, renforcer la lutte contre la prolifération nucléaire, prendre en compte l’environnement pollué par les essais nucléaires et assurer aux populations victimes de ces essais une assistance sanitaire».

Il serait en effet temps que l’Etat français assume ses responsabilités quant aux conséquences environnementales, sanitaires et humaines des essais qu’il a réalisés en Algérie et dont les séquelles perdurent à ce jour.
Réagissant à cette nouvelle, Jean-Marie Collin, expert sur le désarmement nucléaire et coporte-parole de ICAN France, affirme que «la France est à contre-courant de l’histoire.

Non seulement elle a pratiqué la politique de la chaise vide durant toutes ces années de négociations à l’ONU, mais en plus elle a exercé une pression sur des Etats contre l’instauration d’une norme qui soutient le droit humanitaire et va renforcer la sécurité internationale». Et de constater avec regret que «nous sommes devant un vide terrible de prise de conscience des parlementaires sur les enjeux liés au désarmement nucléaire.

C’est extrêmement regrettable de voir que le budget atomique passe la barre des 5 milliards d’euros sans aucun débat de fond. Rien sur l’impact de l’arrivée du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires sur les années à venir, aucune interrogation sur cette politique de dissuasion nucléaire et une absence de réflexion sur la nécessité, à l’heure du  »Jour d’après », d’engager une politique de sécurité humaine où les enjeux sécuritaires, sanitaires et environnementaux sont croisés et non pas opposés». «Nous les appelons dès lundi à constituer une délégation permanente à la dissuasion nucléaire, à la non-prolifération, à la maîtrise de l’armement et au désarmement sur ce sujet.»

Pour sa part, Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements, coporte-parole de ICAN France, considère que «les effets de l’entrée en vigueur du TIAN vont être politiques, diplomatiques, juridiques, stratégiques, éthiques et financiers. Déjà d’importantes institutions financières se refusent à investir dans le secteur de l’armement nucléaire suite à l’adoption du traité par l’ONU… Le déni d’ouvrir le débat sur la dissuasion nucléaire ne peut que renforcer l’instabilité et l’insécurité».

«C’est une immense victoire pour tous les peuples de la terre», «un événement marquant dans l’histoire de l’humanité», souligne de son côté le Mouvement de la paix. Et de considérer qu’«un nouveau processus s’engage dont l’objectif est clairement l’élimination totale et définitive des armes nucléaires».

Et d’affirmer que «nul Etat ne peut rester hors-la-loi internationale et humanitaire. Nul Etat ne peut avoir le droit de vie et de mort sur le reste de l’humanité. Tous les Etats doivent maintenant ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires». Aussi, «les 9 Etats possédant des armes nucléaires doivent cesser leurs obstructions au processus de désarmement nucléaire. Ils doivent immédiatement signer et ratifier le traité TIAN et s’inscrire dans le processus en cours».

Le Mouvement de la paix estime qu’«il serait déraisonnable et irresponsable face à l’humanité entière que le gouvernement de la France poursuive ses programmes consacrés au renouvellement des armes nucléaires avec l’objectif d’y consacrer 7 milliards d’euros par an. Ces programmes constituent d’ailleurs une violation du Traité de non-prolifération nucléaire signé par la France, qui prévoit en son article 6 leur élimination».

Enfin, le Mouvement de la paix appelle à des actions et des rassemblements partout en France le mercredi 4 novembre pour célébrer cet événement.

Paris
De notre bureau  Nadjia Bouzeghrane

Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!