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Covid-19 en France : L’Hexagone sous état d’urgence sanitaire

24 mars 2020 à 9 h 15 min

Nous devons faire face à l’urgence sanitaire, protéger les plus faibles, nos aînés, et ensuite notre système de santé lui-même. Mais aussi prendre en charge toute la société, son stress et sa capacité à vivre cette pandémie en tant que nation.

Ce sera un test de solidarité pour notre démocratie », a affirmé Emmanuel Macron dans le Journal du dimanche (JDD). « C’est une guerre. Elle va durer. » L’urgence c’est l’équipement des soignants en masques et le freinage des hospitalisations qui s’amplifient. «Face à l’urgence et à l’ampleur de l’épidémie», notamment en Ile-de-France, les hôpitaux de Paris (AP-HP) en appellent aux «professionnels médicaux et paramédicaux disponibles dans les semaines à venir» pour renforcer les équipes de ses 39 hôpitaux.

La pandémie de coronavirus provoque une augmentation du nombre de personnes à hospitaliser d’urgence. Les hôpitaux de Paris ne sont « pas à saturation » pour accueillir des patients souffrant du Covid-19, mais ont « besoin de renforts », a affirmé dimanche soir leur directeur général, Martin Hirsch sur LCI.

En Ile-de-France, région la plus touchée par le coronavirus, dans les 35 établissements de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). « Nous voyons jour après jour l’augmentation du nombre de malades et l’augmentation du nombre de malades graves », a souligné M. Hirsch. Toutefois à l’est de la France, en Alsace, leur prise en charge devient de plus en plus difficile en raison du manque de capacités des hôpitaux.

Certains malades sont évacués vers d’autres régions françaises moins touchées. Les centres hospitaliers universitaires allemands de Fribourg, Heidelberg, Mannheim et Ulm se sont déclarés prêts à accueillir des patients alsaciens nécessitant une assistance respiratoire. D’autres hôpitaux dépendant, ceux du ministre de la Santé du Bade-Wurtemberg, pourraient aussi répondre positivement à l’appel lancé par le gouvernement régional allemand.

Le gouvernement a passé commande de plus de 250 millions de masques, dont la pénurie pèse sur les soignants. Le «stock d’État» n’est actuellement que de 86 millions de masques, pour une consommation prévue de «24 millions de masques par semaine», a précisé le ministre de la Santé Olivier Véran samedi. Pour les deux semaines à venir, a-t-il dit, priorité sera donnée aux personnels de santé, en ville comme à l’hôpital, et aux personnes intervenant auprès des personnes âgées, avec notamment 500.000 masques par jour pour les personnels des Ehpad. Il a toutefois redit ne pas envisager l’usage généralisé du masque dans la population, rappelant notamment que l’OMS ne le recommande pas.

Concernant l’utilisation de tests, qui ont peu à peu été réservés à certaines catégories de populations (fragiles, âgées, femmes enceintes, etc.), le ministre a assuré que les autorités se préparaient à pouvoir «les multiplier au moment où nous lèverons le confinement». Avec « l’espoir »de voir se développer «une nouvelle méthode de diagnostic plus simple et plus rapide».

En attendant, une prolongation du confinement n’est pas à écarter. Olivier Véran a annoncé samedi avoir saisi le conseil scientifique créé sur le Covid-19 pour se prononcer sur «la durée» et «l’étendue» nécessaires du confinement, pour l’instant décrété jusqu’à fin mars au moins. «La situation va continuer à s’aggraver avant que les effets du confinement fassent leur effet», a indiqué le ministre de la santé. Il estime le nombre de personnes infectées en France à une large fourchette, «entre 30.000 et 90.000», en raison des nombreuses personnes présentant peu ou pas de symptômes.

Couvre-feu dans plusieurs villes

L’Assemblée nationale a voté samedi un «état d’urgence sanitaire», qui permet au gouvernement de prendre des mesures « limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion, dans la seule finalité de mettre fin à la catastrophe sanitaire » et de nouvelles sanctions pour non-respect du confinement.

Les amendes de 135 euros sont désormais de 1500 euros en cas de récidive. A ce propos, un total de 91 824 infractions pour non-respect du confinement pendant la pandémie de coronavirus ont été relevées par les forces de l’ordre depuis la mise en place de cette mesure mardi 17 mars à midi, a déclaré dimanche soir Alain Thirion, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises. Sans attendre le vote de ce texte des maires et préfets ont d’ores et déjà durci le confinement en imposant des couvre-feux à Béziers (Hérault), Vallauris, Menton (Alpes-Maritimes) et Roquebrune-sur-Argens (Var), de 22h00 à 5h00 du matin, ainsi qu’à Charleville-Mézières (Ardennes), Arras et Perpignan (de 20h à 6h), à Mulhouse et d’autres villes encore.

Le maire de Montpellier a aussi instauré ce couvre-feu, accompagné de la fermeture des marchés alimentaires. Les transports publics y sont désormais réservés aux usagers qui travaillent. A Paris, Anne Hidalgo a appelé samedi à «aller vers un confinement beaucoup plus sévère».

Mesures de sauvetage d’une économie frappée de plein fouet

Le Parlement a adopté définitivement vendredi le volet financier des mesures d’urgence face au coronavirus. Le texte prévoit 45 milliards d’euros pour aider les entreprises en difficulté et financer le chômage partiel des salariés. Cette aide suit les garanties bancaires du gouvernement à hauteur de 300 milliards d’euros afin de soutenir la trésorerie des entreprises.

Des secteurs d’activité sont touchés de plein fouet comme le transport aérien et maritime, le tourisme, le monde du spectacle, la restauration. Les prévisions de commandes de voitures annoncent par exemple une baisse de 75% sur les six prochaines semaines, selon BFM busness. Face à l’effondrement du trafic aérien, le gestionnaire des aéroports parisiens ADP envisage de placer 80% de ses salariés au chômage partiel et la fermeture complète d’Orly. Le Medef (organisation patronale française) appelle les entreprises à «impérativement continuer à produire».

La lettre signée par le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux et le vice-président de l’organisation Patrick Martin, reçue par l’AFP, explique que cette continuité est nécessaire pour des raisons économiques et financières, mais «surtout pour ne pas ajouter à la crise sanitaire une crise de carence dans l’approvisionnement de nos concitoyens».

 

Paris
De notre bureau   N. Bouzeghrane avec médias



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