Coopération antiterroriste et immigration irrégulière : Ce que Paris attend de ses partenaires étrangers | El Watan
toggle menu
lundi, 30 novembre, 2020
  • thumbnail of elw_17102020




Coopération antiterroriste et immigration irrégulière : Ce que Paris attend de ses partenaires étrangers

24 octobre 2020 à 10 h 47 min

Un problème préoccupe les autorités françaises et plus particulièrement le ministère de l’Intérieur, celui des étrangers fichés S.

De source autorisée, on indique que 8000 individus inscrits au fichier de la radicalisation sont suivis de «façon active» et «constante». Certains sont en liberté, d’autres à l’étranger, et d’autres encore purgent leur peine en prison.

Parmi eux, il est relevé «un nombre significatif d’étrangers en situation irrégulière», indique-t-on de même source. 231 sont ciblés par le ministère de l’Intérieur et qui devront être renvoyés de France «dans les meilleurs délais». Parmi ces 231 étrangers, 180 sont actuellement incarcérés, 51 autres vont être interpellés.

Il reste que «tous les pays dont ils sont ressortissants ne souhaitent pas les rapatrier», affirme-t-on de même source. Des démarches auprès des ambassades des pays dont ils sont originaires sont engagées ou lors de rencontres du ministre de l’Intérieur français avec ses homologues de ces pays comme ce fut le cas le 16 octobre au Maroc et lundi avec les autorités russes. Le ministre se déplacera «courant novembre» en Algérie et en Tunisie, selon l’AFP qui cite l’entourage du ministre.

Les fichés S dans les «radars» des services de renseignement

Les notifications d’expulsion sont de deux natures : administrative et judiciaire. La voie judiciaire concerne les fichés S condamnés à une peine d’emprisonnement assortie d’une mesure d’expulsion, s’agissant des étrangers ou de binationaux auxquels la nationalité française aura été retirée. La notification administrative concerne les étrangers en situation irrégulière qui reçoivent une obligation de quitter le territoire français prise par le ministère de l’Intérieur. Mais pour qu’ils puissent être expulsés, il faut que les individus concernés le veuillent, que les autorités des pays d’origine les reconnaissent comme nationaux et leur délivrent un titre de voyage, du fait que certains détruisent leurs papiers. Tout ce cheminement vers l’expulsion requiert un «certain temps contraint», sinon ils sont relâchés, est-il précisé.

Au regard du droit français, certains fichés S étrangers ne sont pas «expulsables», soit si leur pays est en guerre ou s’ils ont contracté des liens de mariage ou de famille en France. Le chiffre des 231 étrangers en situation irrégulière fichés S «expulsables» a été avancé par le ministre de l’Intérieur français le 13 octobre, soit avant l’affaire terroriste de Conflans-Sainte Honorine dans laquelle Samuel Paty, un enseignant d’histoire-géographie a été décapité par un jeune réfugié tchétchène de 18 ans pour avoir montré des caricatures du prophète Mohamed en illustration à un cours sur la liberté d’expression. L’annonce de la décision de leur expulsion a toutefois été précipitée par l’attaque de Conflans-Sainte-Honorine.

Les pays d’origine appelés à la rescousse

A l’occasion de la première présentation mensuelle des chiffres de l’activité des forces de l’ordre, mardi 13 octobre, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a affirmé que ce sont 4111 étrangers qui sont inscrits au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), dont 851 immigrés clandestins. Sur ces derniers, 661 font déjà l’objet de mesures d’éloignement, mais seules 428 «expulsions du territoire national ont été effectuées», a énuméré Gérald Darmanin. Restent 231 personnes «en situation irrégulière et suivies pour soupçons de radicalisation», selon le ministre, «qu’il nous faut expulser aujourd’hui».

Pour 180 d’entre eux, actuellement incarcérés, «consigne a été donnée de pouvoir expulser» à la sortie de prison, avait dit M. Darmanin. Les autres «présentent un motif légitime», lequel justifie qu’ils restent à ce stade en France. «Il faut que les pays reprennent leurs nationaux.» «Sur le plan diplomatique, nous avons de multiples leviers pour ce faire», ajoute-t-on de même source.

Lors de son déplacement le 16 octobre au Maroc, Gérald Darmanin aurait d’ailleurs demandé à Rabat de récupérer 9 de ses ressortissants concernés. Du côté du Quai d’Orsay, sa porte-parole a indiqué mercredi que «conjointement avec le ministère de l’Intérieur, nous poursuivons activement un dialogue étroit avec les pays concernés afin que les décisions d’expulsion puissent être effectivement mises en œuvre». Ainsi, le ministère de l’Intérieur n’est pas le seul à «jouer dans cette partition générale» dont le fondement est double : tout ce qui touche à l’apologie du terrorisme et en second lieu à l’ordre public.

C’est en ce sens qu’au plan national, le ministère de l’Intérieur français procède depuis quelques jours à des perquisitions administratives auprès d’associations, de mosquées, de groupements suspectés d’être en lien avec l’idéologie islamiste et la radicalisation en vue de les interdire jusqu’à épuisement de ces cibles. Nombre de ces cibles étaient déjà dans le collimateur des services habilités depuis plusieurs semaines, voire des mois.

L’autre dossier inscrit dans l’agenda du ministre de l’Intérieur français est celui des mineurs isolés en situation irrégulière. Gerald Darmanin avait déclaré le 29 septembre devant l’Assemblée nationale qu’«il y a aujourd’hui un drame, celui des mineurs migrants isolés, notamment venant de l’Algérie et du Maroc, mais aussi de la Tchétchénie ou du Pakistan».

Et d’ajouter que «la situation des mineurs isolés sera un des principaux axes devant être abordés lors des discussions avec mes homologues algériens et marocains.» En matière de droit d’asile, Gérald Darmanin souhaite que le statut de réfugié ne soit plus accordé de manière quasi-systématique aux ressortissants de certains pays.

Une mesure réclamée par la droite depuis plusieurs années. L’auteur de l’assassinat de Samuel Paty était un réfugié tchétchène qui avait obtenu une carte de séjour à 18 ans.

Paris
De notre bureau  Nadjia Bouzeghrane

Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!