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Ce que cache le changement soudain à la tête de la Mosquée de Paris

Boubakeur démissionnaire, Hafiz élu à sa place

15 janvier 2020 à 9 h 00 min

Beaucoup de questions se posent après la démission soudaine du recteur Dalil Boubakeur, lundi dernier. Pour tenter de justifier ce que d’aucuns qualifient de mise à l’écart brusque et non statutaire, Chems-Eddine Hafiz, nouveau recteur de la Grande Mosquée de Paris, tiendra une conférence de presse demain matin à la Mosquée de Paris. Le recteur fera une brève allocution de présentation et d’orientation de son mandat et répondra aux questions des journalistes.

Parmi les nombreuses interrogations fondamentales qui se posent, figure la manière dont une assemblée générale a pu voter la fin du mandat de M. Boubakeur et l’élection de son successeur alors que ce sujet n’était pas inscrit à l’ordre du jour. Une assemblée ordinaire donc qui, selon plusieurs sources que nous avons consultées, n’était pas habilitée à procéder à ce bouleversement surprise au sein de cette institution.

La deuxième question induite est de savoir pourquoi cette précipitation ? Voulait-on couper l’herbe sous le pied d’un successeur qui devait avoir les faveurs des autorités algériennes et françaises ? Dans le même registre, on se demandera donc si Paris, d’une part, et Alger surtout de l’autre étaient au courant de ce projet de «passer en force», selon l’expression d’une de nos sources.

On sait que les autorités françaises depuis plusieurs années entendent réorganiser l’islam en France, particulièrement depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Une démarche compliquée, lorsque l’on sait la diversité des pays d’origine des musulmans de France, et les obédiences multiples. Face au forcing turc, notamment, et marocain pour être à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM), les Algériens avaient, ces dernières années, perdu pied au sein de cette représentation voulue au plus haut sommet de l’Etat français.

Or, il se trouve que la communauté algérienne est la plus nombreuse en France et que sa position dans le CFCM n’est pas à la hauteur de cette place éminente. Reste aussi que pour ce qui concerne le CFCM, les élections de renouvellement ont été reportées en 2019 et que le nouveau bureau ne sera en place qu’en ce début d’année. Où donc faut-il se tourner  pour savoir exactement ce qui a causé cette désignation de Hafiz dans des conditions opaques et étonnantes ? Certains lorgnent du côté de la îssaba ? Hafiz ne voyait pas en 2019 d’obstacles au 5e mandat de Bouteflika.

A ce titre, ce serait une tendance conservatrice, pour le moins opportuniste aussi, qui aurait tenté de garder le contrôle de la Mosquée de Paris et de la société des habous. Ceci étant plausible lorsque l’on sait que d’autres candidats à la succession de Boubakeur avaient le quitus d’Alger et de Paris. On parle ainsi de Mustapha Cherif et de Ghaleb Bencheikh. Tous deux sont des islamologues éclairés et constituent de véritables ponts de fraternité entre les deux rives.


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