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samedi, 17 novembre, 2018
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Marie Jose Justamond. Directrice du Festival des Suds

«Avec la culture, les hommes arrivent à dire des choses de leurs souffrances»

10 juillet 2018 à 3 h 56 min

Quel est votre sentiment général pour cette nouvelle édition des Suds ?

J’arrive peut-être mieux qu’avant à cerner les problématiques que ces musiques font découvrir. Il faut du temps. Au fil des éditions, on comprend mieux encore.

Votre édito résume les soubresauts de la planète. Votre programme en fait-il le tour ?

C’est exactement ça. Encore une fois, les musiques du monde sont des traces de la mémoire de l’humanité dans sa tragédie notamment. C’est ce qu’est le monde aujourd’hui. C’est bien sûr difficile pour les peuples qui ont vécu ces tragédies. Je pense par exemple à la traite négrière. Ces musiques sont la mémoire des souffrances. En dehors des choix musicaux et des coups de cœur, trois thématiques sont apparues qui seront notre fil directeur.

La Palestine, c’est un choix fort pour cette année, c’est l’actualité qui vous a guidée ?

Ce n’est pas que l’actualité. C’était pour commémorer les dix ans du décès de
Mahmoud Darwich. Il y a dix ans, à l’occasion de la maison d’édition Actes Sud, nous avions organisé la venue de Mahmoud Darviche et des Joubran au théâtre antique.

Pour nous c’était un anniversaire à marquer, puisque le poète palestinien est décédé quelques jours après. Nous ne savions pas que l’actualité allait être aussi tragique et ramener sur le devant de la scène la question palestinienne et du drame de Gaza.

Comme les Joubran préparent un nouvel album dont ils vont jouer quelques morceaux, ce sera un grand moment, vendredi soir.

Un grand coup de cœur sera donné à la culture gitano-méditerranéenne avec le cinéaste Tony Gatlif qui a des racines algériennes. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?

Il est vrai que Tony Gatlif est né en Algérie, de famille à moitié kabyle, à moitié gitane. Après, il est venu vivre en France. Il est resté attaché à ses racines qu’il met en valeur. Il vient mettre en musique sur la scène son dernier film Djam.

C’est l’histoire du périple d’une fille grecque en Turquie. Nous allons retrouver au théâtre antique six musiciens grecs, six musiciens turcs et la comédienne du film qui chante et danse.

Vous disiez que vous ne suivez pas l’actualité. En réalité, vous la précédez tout le temps et elle vous rattrape tout le temps. N’est-ce pas la particularité de ce festival ?

Je crois que les musiques du monde sont attachées à l’Histoire avec un grand H. Cela est lié à la géographie et à la géopolitique où il se passe tout le temps plein de choses et pas toujours du positif, évidemment. Nos musiques par contre, elles, sont positives. Avec la culture, les hommes arrivent à dire des choses de leurs souffrances. Cela par la beauté, l’harmonie, le partage.

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