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Antiterrorisme et lutte contre l’immigration clandestine dans l’espace méditerranéen : Des clarifications et une coopération «diversifiée» et «renforcée»

10 novembre 2020 à 10 h 25 min

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en visite à Alger à l’occasion d’une tournée régionale, a remercié l’Algérie pour «la coopération continue» en matière de «sécurité et de lutte contre le terrorisme»,

« Nous avons évoqué les grands sujets qui concernent la grande puissance algérienne ici en Méditerranée, notamment la question libyenne, la question de l’émigration clandestine que l’Algérie subit et à laquelle nous devons répondre, car nous avons des mouvements de population tout au long de cet espace que nous avons en partage », a indiqué Gérald Darmanin au terme de ses entretiens avec le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, selon l’APS. Pour sa part, K. Beldjoud a indiqué avoir évoqué avec son homologue les relations bilatérales « distinguées. « Globalement, nos visions étaient convergentes sur tous les sujets que nous avions abordés. Nous allons œuvrer à consolider nos relations davantage », a-t-il relevé.

Gérald Darmanin s’est également entretenu avec le ministre algérien des Affaires religieuses Youcef Belmehdi. Lors de cet entretien, Youcef Belmehdi a insisté «sur le bannissement de toutes formes de violence et d’extrémisme, quelle que soit leur origine», selon un communiqué de son ministère repris par l’AFP. «L’islam est une religion d’amour, de paix et de coexistence», a assuré le communiqué, ajoutant que «ce sont là les recommandations que son département ne cesse de prodiguer aux imams détachés à la Grande Mosquée de Paris et que tous les imams détachés en France s’attachent à concrétiser».

A Alger les hôtes du ministre de l’Intérieur français ont vraisemblablement saisi l’opportunité de la visite qu’il leur a rendue dimanche pour réaffirmer la position, la démarche et la stratégie de l’Algérie en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme qui sévit dans la région et ce qu’eux-mêmes attendent de leurs partenaires de leur coopération en la matière.

Rappelons que le ministère de la Défense nationale a récemment dénoncé la libération en octobre dernier de 200 prisonniers membres de groupes terroristes dans la région du Sahel, en échange de quatre otages, parmi lesquels l’humanitaire franco-suisse Sophie Pétronin, négociée par le pouvoir malien avec un groupe jihadiste, et le paiement d’une rançon. La France a démenti toute implication dans les négociations.

A Rome Gérald Darmanin a déclaré : « J’ai souhaité venir de nouveau en Italie pour partager les dossiers communs que nous avons en remerciant l’Italie pour la coopération que vous nous avez fournie, notamment suite à cet ignoble attentat de Nice. Personne ne pouvait s’attendre à ce qu’une personne inconnue des services de renseignement passerait à l’acte », a dit Darmanin à son arrivée à Rome, vendredi dernier.

Concernant les nouveaux engagements en matière de lutte contre le terrorisme et l’immigration illégale, Gérald Darmanin et son homologue italienne, Luciana Lamorgese, ont assuré que le projet de brigade franco-italienne pour la surveillance des frontières est sur le point d’être mis en place. « Nous devons renforcer nos contrôles aux frontières, c’est très important, tout en laissant la libre circulation aux étrangers communautaires », a poursuivi le ministre français.

La Tunisie, pour sa part, s’est engagée à accepter sur son sol une vingtaine de fichés S en situation irrégulière qui ont purgé leurs peines de prison, rapporte la presse française. Paris voudrait qu’une quarantaine de Tunisiens radicalisés suivent le même chemin une fois libérés ou les recours épuisés. La Tunisie est « prête à recevoir n’importe quel Tunisien », a indiqué à la presse le ministre tunisien de l’Intérieur Taoufik Charfeddine, après un entretien avec son homologue français. « Mais cela doit se faire selon les conditions et règlements » prévus par le droit international et en « préservant la dignité du Tunisien », a-t-il ajouté.

La présidence tunisienne aurait également indiqué que les autorités allaient « essayer de trouver une solution aux obstacles » en matière d’expulsion, après une rencontre entre M. Darmanin et le président Kais Saied. Actuellement, les services tunisiens répondent favorablement dans 55% des cas. Paris aurait octroyé une enveloppe de 10 millions d’euros à la Tunisie pour qu’elle puisse mieux contrôler ses frontières, selon des médias français. Selon la partie tunisienne la migration irrégulière ne devrait pas être gérée de façon seulement sécuritaire, mais par « des solutions de développement, culturel et économique », comme l’a soutenu le ministre de l’Intérieur tunisien.

Plusieurs organisations, dont la Ligue tunisienne des droits de l’Homme ou le Forum des droits économiques et sociaux, ont déploré dans une pétition « les pressions politiques contre le gouvernement tunisien » par des gouvernements européens qui « profitent de l’effroi occasionné par les crimes effroyables commis par les terroristes pour se débarrasser des migrants sans papiers au mépris du droit et de la justice ».
Avec les autorités maltaises, Gérald Darmanin devait notamment évoquer la réforme du système européen d’asile et d’immigration.

« La lutte contre le terrorisme c’est une négociation intergouvernementale »

Interrogé par France Info qui lui demandait si la visite de Gérald Darmanin en Tunisie était « utile » ou de « l’affichage, Vincent Geisser, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans, considère que « ça n’est pas simplement de l’affichage. Il y aura des mesures et des décisions qui seront prises en termes de renseignement. Mais il aurait peut-être été plus utile de faire une délégation plus large avec le nouveau ministre de la Justice, avec le ministre de l’Education notamment, pour faire comprendre que la lutte contre le terrorisme c’est une négociation intergouvernementale ».

Le sociologue et politologue, spécialiste de la Tunisie estime qu' »il faut une politique plus large qui ne se limite pas à l’aspect policier, mais qui inclue différents aspects sur le plan culturel, sur le plan judiciaire et sur le plan surtout du traitement des terroristes. Parce qu’on va les renvoyer en Tunisie mais pour quoi faire et là il y a des inquiétudes légitimes de la société civiles tunisienne ».

« La question c’est le renforcement du contrôle des personnes qui se radicalisent et des trajectoires radicales. S’ils ne frappent pas en France, ils frapperont en Italie ou dans leur propre pays. On ne peut pas dire : protégeons la France des terroristes, en laissant ces terroristes dans leurs pays. L’objectif ultime c’est bien la lutte contre ce terrorisme jihadiste quel que soit le pays où il frappe. C’est sur cette base commune de souveraineté et de coopération sécuritaire qu’on peut espérer résoudre ou du moins juguler ce drame qu’est le terrorisme islamiste ou terrorisme jihadiste ».

 

Paris / De notre bureau

Nadjia Bouzeghrane avec médias


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