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lundi, 13 juillet, 2020
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Université Ferhat Abbas-Sétif I : La face cachée d’une communauté dénigrée

01 avril 2020 à 9 h 25 min

Reléguant au second plan le volet de la communication, l’université algérienne, celle qui a enfanté de grands ingénieurs, physiciens, chimistes et médecins, faisant actuellement le bonheur de nombreux pays de la sphère nord de la planète, est dénigrée par le commun du mortel. Le «détracteur du dimanche» ne connaît rien des performances d’une communauté reconnue et valorisée ailleurs.

Sans broncher, des chercheurs mal payés, tancés en outre par le futile problème du logement, encaissent les coups. Faisant fi des quolibets, ils continuent à rendre d’innombrables services à une société, à la fois injuste et ingrate.

Travaillant loin des feux des projecteurs et le plus souvent sans grands moyens, les mains invisibles du laboratoire galénique du département de pharmacie de la faculté de médecine de l’université Ferhat Abbas Sétif I (UFAS) représentent la face cachée d’une communauté injustement décriée. Comme les faits sont têtus, le laboratoire, assimilé à un service hospitalo-universitaire, se mue en petite unité de production de médicaments. L’apparition de la pandémie du coronavirus oblige la structure à sortir de l’anonymat.

Pour la première fois, la communauté universitaire s’ouvre au monde extérieur, rend public les innombrables états de services. Dans le cadre de leurs activités pédagogiques, les enseignants aidés par une armée d’étudiants en pharmacie, confectionnent annuellement de milliers de préparations commandées par le centre anti-cancer (CAC) de la capitale des Hauts-Plateaux sétifiens et des services de pédiatrie des wilayas de Béjaïa, M’sila, Bordj Bou Arréridj et Sétif.

Les difficultés d’approvisionnement en matières premières (Gélules, excipients et articles de conditionnement) ne découragent pas pour autant ces bonnes volontés, obligées de répondre aux sollicitations des soignants de nombreuses structures sanitaires d’un bassin de plus de sept millions d’habitants. Méconnu par le grand public, l’effort de ces compétences de l’ombre mérite la citation.

Car les médicaments préparés par les équipes des docteurs Chellig et cheikh atténuent les souffrances de centaines de malades et de leurs proches. Pour avoir une idée sur l’apport de ce laboratoire à vocation pédagogique, il convient de souligner qu’en 2018, la production a dépassé la barre des 377 préparations.

Celles-ci correspondent à 22 368 unités préparées et distribuées gratuitement aux services concernés. Le pic de onze mois d’activité, sachant que le labo est fermé au mois d’août, est atteint en novembre et décembre où l’on enregistre 125 préparations pour 7220 unités médicamenteuses. Le tableau récapitulatif de 2019 montre clairement l’augmentation de la demande et la multiplication du nombre des préparations.

En termes de chiffres, les pharmaciens et leurs étudiants ont réalisé 726 préparations et fabriqué 43 560 unités. Soit le double de 2018. Efficace et performant à la fois, le labo dont l’utilité n’est plus à démontrer, entame 2020, à la vitesse d’une étoile filante.

La preuve, le premier trimestre de l’année en cours s’illustre par 257 préparations et 15 420 unités médicamenteuses délivrées. Les performances réalisées ne font pas tourner la tête du Dr Chellig, gardant les pieds sur terre : «Avec plus de moyens humains et matériels, notre laboratoire à vocation pédagogique peut mieux faire», souligne humblement le pharmacien. Médecin chef du pôle pédiatrique du CHU de Sétif, le professeur Belkacem Bioud, met en exergue l’incommensurable apport du labo : «Le moment est venu pour valoriser les travaux et services rendus par le laboratoire galénique.

Avec les moyens du bord, nos collègues pharmaciens et leurs étudiants répondent à une grande partie de nos besoins. La structure nous fournit de nombreux produits, tels le sérum salé Hypertonique 5 et 7%, du Dakin, des produits de désinfection, de l’alcool iodé, de l’éosine, de l’oxyde de zinc, du conditionnement du Lopril, du Lasilix, et du Purinethol pour cancéreux», souligne l’hospitalo-universitaire.

A l’écoute, le Pr Abdelkrim Benaiche, nouveau recteur de l’UFAS, abonde dans le même sens : «Transformer un laboratoire à vocation pédagogique en unité industrielle de production du gel hydroalcoolique n’est pas une simple sinécure en cette période de guerre. Pour booster la production du désinfectant très demandé par les soignants en premier ligne contre le coronavirus, l’unité de nanotechnologie de l’université commence à produire de l’alcool avec une cadence de 20l/jour.

Après les structures sanitaires de la wilaya, une partie du gel hydroalcoolique, made UFAS, vient d’être acheminée vers l’hôpital de Bordj Bou Arréridj, de Boufarik et au CHU de Blida. Sollicité par neuf associations fabricant des masques pour les blouses blanches, le laboratoire de microbiologie de la faculté des sciences, de la nature et de la vie a procédé à la stérilisation de 10 000 bavettes.

A travers de telles opérations, Sétif montre qu’elle regorge d’un immense potentiel, en mesure de mettre en place un grand laboratoire dédié à la recherche pharmaceutique.

Pour la concrétisation du projet, nous comptons sur le concours et l’accompagnement de la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT) du ministère ne ménageant aucun effort pour soutenir les projets innovants», souligne le recteur de l’UFAS, se mettant désormais en mode communication.



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