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Université des Frères Mentouri : Environnement sanitaire rassurant et défection des étudiants

23 septembre 2020 à 11 h 08 min

Je ne savais même pas que ma première séance était programmée dimanche matin», reconnaît une enseignante de mathématiques à l’université des Frères Mentouri (UFMC).

Et elle n’est pas la seule à afficher un désarroi face à une décision, qualifiée de politique de fait accompli, et à laquelle la corporation se dit ne pas avoir été associée. «Nous avons eu droit à une pléthore de communiqués, parfois l’un chasse l’autre au bout d’une heure. Il y a eu cafouillage entre la reprise en présentiel et l’évaluation pour boucler l’année en cours, et la rentrée universitaire 2020/2021 ; les étudiants dans leur majorité étaient perdus», est-il soutenu à travers les trois universités de Constantine concernant le protocole de reprise pour le 2e semestre. «Cela se vérifie à travers les décisions confuses et éphémères prises depuis le mois d’août.

Une décision en annule une autre et un emploi du temps en remplace un autre et un report succède à un autre. Cela ne contribue en rien à la prise d’une décision tranchée. Mais, pour être cru, pour le moment, le pouvoir a d’autres priorités, d’autres urgences. Il a l’échéance du 1er novembre qu’il doit atteindre dans les conditions qui lui permettent de faire passer son projet. Le reste, il le voit d’un autre œil», estime le Pr Abdenasser Djebbar, du département histoire à l’université Abdelhamid Mehri, Constantine 2.

Et à l’universitaire de s’interroger sur l’efficacité du protocole sanitaire : «…mais quand il s’agit de rentrée universitaire, honnêtement, il est difficile de se prononcer de manière ferme et tranchée. La situation est toujours grave, le danger réel, la contamination est difficilement évitable quand il y a la foule, quelle qu’en soit les mesures de sécurité… une fois à l’intérieur comment faire dans les espaces exigus ?»

Sur le terrain, le protocole sanitaire est on ne peut plus visible. Sur le campus central de l’université des Frères Mentouri, l’opération du traçage du sol et la désinfection des salles de cours, amphis et parties communes a été entamée il y a plusieurs jours. Dimanche, l’accès au bloc des sciences est soumis au port du masque, à la prise de température, et au nettoyage des mains par le gel hydroalcoolique dont un flacon est accroché au mur de l’entrée. Des tables ont même été installées dans le hall pour permettre la distanciation sociale.

Idem pour le bloc des lettres ou le campus Tidjani Haddam abritant la faculté de droit. La situation semble maîtrisée. «Il faut attendre la rentrée où l’ensemble des étudiants sera présent, c’est ce jour-là qu’on évaluera la situation. Actuellement, les étudiants accèdent aux amphis par groupe, c’est gérable», nous explique un enseignant croisé sur l’esplanade. Une esplanade habituellement grouillant de monde est aujourd’hui déserte. «Il ne s’agit que de rattrapage concernant un nombre limité d’étudiants. Là, c’est facilement gérable à l’intérieur de l’établissement. Nous l’avons fait dans notre faculté sans trop de difficultés.

On peut aussi programmer les soutenances de master, là aussi, le nombre est très limité. Par contre, on a constaté beaucoup d’absences dues à l’inactivité du transport public interwilayas», rappelle le Pr Djebbar.

EN ATTENDANT LA RENTRÉE

«Comme nous avons vu aux Etats-Unis et plus récemment en France, l’université par le brassage de gens de différentes localités géographiques qui y prend place est un lieu propice pour l’apparition de foyers de contamination. En ce qui concerne l’université Constantine1, il est notable que toutes les dispositions ont été prises du point de vue sanitaire. Tous les blocs sont rigoureusement anti-Covid-19 ‘certifiés’ avec sens de circulation réglementé, port du masque imposé, test de chaleur à l’entrée, distributeurs de gel disponibles à chaque recoin, salles de classe nettoyées et désinfectées. Bref, un environnement très rassurant, qui est une condition nécessaire pour une reprise réussie», dira le Pr Jamal Mimouni.

Et au physicien d’émettre toutefois un bémol : «Par contre, ce qui se passera plus tard quant au respect de la distanciation physique, lorsque la masse des étudiants aura regagné leurs cités, est un sérieux sujet de préoccupation. Pourront-ils respecter les règles de distanciation avec ce qui est disponible comme chambres et pour le transport estudiantin ? Et puis que se passera-t-il lorsque ces cités auront à absorber ces cohortes de bacheliers dont l’arrivée pointe son nez pour pas plus tard que décembre prochain ? Le taux de réussite au bac sera un facteur potentiellement déstabilisant pour un système accueil qui sera poussé à ses limites.»

La crise sanitaire, qui a mis entre parenthèses le second semestre, est aussi responsable de ces mesures de protection drastiques. Désormais, les attroupements devant les salles de cours, les couloirs et même dans l’enceinte universitaire sont bannis. L’étudiant doit délaisser certaines habitudes et veiller au respect stricto sensu des gestes barrières. Flâner après les cours en groupe ne serait plus possible.

«De nouvelles attitudes sont à adopter, sur le plan pédagogique autant que personnel, mais serait-ce possible dans notre Institut qui enregistre au bas mot 7000 étudiants ?», s’interroge Imed en licence TS.

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