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Une année de discorde à l’université de Souk Ahras

Une commission à pied d’œuvre

12 juin 2019 à 10 h 01 min

L’université Mohamed-Cherif Messaâdia est en conflit ouvert depuis près d’une année et l’on est déjà persuadé que ce qui est dit, aussi bien par les enseignants universitaires que par l’administration, est porteur, en filigrane, d’un mal plus profond.

Aux derniers jours du mois de Ramadhan, 14 membres du staff dirigeant, dont le recteur de l’université, déposent une démission collective et alertent les autorités centrales et locales, ainsi que la communauté universitaire et l’opinion publique, de la gravité de la situation, eu égard aux atteintes multiples, aux propos attentatoires à leurs personnes et aux tentatives de déstabilisation de l’institution universitaire, selon leur version des faits.

Dans un communiqué rendu public, ils expliqueront cet acte par la présence d’une entité syndicale créée dans l’illégalité et qui serait incluse dans le cadre d’un complot ourdi par des milieux occultes et des personnes bien introduites.

Le recteur, en l’occurrence le docteur Bouzebda, confortera l’écrit par les propos suivants : «J’ai ici même les preuves matérielles du caractère illégal d’une section syndicale se réclamant de l’UGTA et qui refuse de s’aligner aux textes légaux et à l’éthique de la profession.» Quelques jours après, une contre-décision est signée par les mêmes cadres démissionnaires, qui ont mis en avant l’intérêt de l’université et les sollicitations de la communauté universitaire. Les commentaires de ladite section syndicale n’ont pas tari.

On reprochera aux démissionnaires une fuite en avant pour enfin déclarer persona non grata le recteur et le secrétaire général de l’université sans les 12 autres démissionnaires. Un communiqué porteur d’un message de victoire et de mise en garde contre d’éventuelles manœuvres pour monter l’opinion publique contre les protestataires est largement publié.

La grève décrétée en début de semaine a apporté son lot de déclarations et aussi de démentis. Les grévistes estiment à 100% le taux de suivi, au moment où le recteur, qui maintient crânement la thèse du complot, limite leur nombre à 150 sur 610 enseignants, tous influencés par une campagne d’intimidation et de pressions multiples.

Depuis lundi, une commission ministérielle composée de deux membres tente de cerner l’origine du conflit, au moment même où la section UGTA appelle à l’escalade. En voulant recueillir plus de détails auprès de la majorité silencieuse, voire du côté des deux camps hostiles, le journal n’a pas réussi à collecter de déclarations autres que celles demandées sous le sceau de l’anonymat, sinon celles souhaitées préjudiciables et sans auteur.

De fait, c’est une guerre sans merci où l’on est loin d’assister à des vœux altruistes et où le dialogue est absent. Le linge est déjà déballé et les accusations portées depuis plus d’une année devant les différents walis qui ont eu se pencher sur le problème n’ont pu décanter la situation qui a empiré avec le recours des deux parties à la justice.

Tiraillements et affaires devant la justice

En choisissant la voie de la justice, les deux parties ont marqué un nouveau pas dans les hostilités. Ce fut d’abord une plainte déposée contre un enseignant, qui a déclaré lors d’un sit-in que la gestion des affaires de l’université est entachée d’irrégularités dans la gestion financière. L’université déposera une plainte et demandera par voie légale à l’auteur de ces déclarations de fournir les preuves, d’autant plus que ses propos ont été publiés via Facebook.

La même année a connu un dépôt de plainte de la part de 30 enseignants contre le secrétaire général de l’université pour injures, diffamation et cybercriminalité. Le même responsable répliquera par une autre plainte. Le 9 du mois en cours c’est le rectorat qui saisira la justice au sujet d’une section syndicale dont les militants sont doublement inscrits sur les listes du CNES et de l’UGTA.

L’absence de documents justifiant l’organisation d’une assemblée générale élective, le recours à la grève sans consultation de la base, le non-respect des textes régissant l’exercice de l’activité syndicale, entre autres carences, risquent d’étoffer le dossier qui est actuellement entre les mains des magistrats de la chambre administrative. Dans un dernier communiqué, la section mise en cause se place du côté des victimes et fait état de 17 plaintes contre ses militants.

Une chose est sûre dans ce feuilleton qui refuse d’admettre un épilogue sans solution extrême : les enjeux sont beaucoup plus importants qu’un bras de fer coutumier entre une section syndicale, qui œuvre pour le bien-être et l’épanouissement de la corporation, et une administration chargée de la gestion courante des affaires de l’université. Pour cette édition nous saurons taire certaines vérités, l’implication par sphères interposées des marionnettistes et les non-dits d’affaires gravissimes qui affectent même ceux qui crient gare aux loups…et qui apparaîtront dans un autre contexte…


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