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Séminaire sur l’e-citoyenneté : Le journalisme et le pouvoir des nouveaux médias

25 septembre 2019 à 9 h 00 min

«L’ampleur de l’interconnexion et l’intensité des flux d’informations numériques ont un impact mondial et imprègnent de plus en plus l’activité sociale dans toutes les sociétés», a souligné le Dr Mustapha Cheikh Zaouali, enseignant des techniques de communication et expert de la vie scolaire au ministère de l’Education en Tunisie.

Les nouveaux médias sont en train de prendre de l’ampleur, au point de devenir même incontournables pour n’importe quel média d’avoir une vitrine sur internet. Cette vitrine est le plus souvent une sorte de  site d’information, en plus d’une présence accrue sur les réseaux sociaux.

Donc, à l’étape actuelle, un organe de presse ne peut se targuer d’être professionnel s’il n’a pas un site dynamique, une page Facebook, un compte Twitter, un compte sur Youtube (et, ou Dailymotion), un compte sur Google+. D’autres comptes peuvent être créés, mais ceux qu’on vient de citer sont les plus usités à ce jour», a-t-il été expliqué par les intervenants lors d’un séminaire sur la fabrique de l’e-citoyenneté, organisé les 17, 18, 19 et 20 septembre, au complexe de jeunes de Kairouan, en Tunisie.

Les participants à cette rencontre ont mis l’accent également sur les avantages du web journalisme, qui consiste, entre autres, en le pouvoir d’annoncer des événements presque instantanément. «La perception de ce nouveau ‘‘monde’’ qui s’ouvre aux (et dans) les médias n’est pas uniforme à ce jour. Les avis divergent sur la manière avec laquelle ce secteur doit aborder son immersion dans le journalisme. Ainsi, le web journalisme, c’est le journalisme avec l’incorporation de tout ce que permettent les outils du multimédia.

Ainsi, un article peut être publié sur un site (ou les réseaux sociaux) avec plusieurs photos, une vidéo de l’événement ou encore un montage fait par les journalistes eux-mêmes. En effet, la formation de ceux qui travaillent dans les rédactions web est très importante», a-t-il été précisé. Ils ont également parlé du journalisme citoyen, qui est, selon eux, une dérivée du journalisme social, qui consiste en des outils de communication comme les sites web, blogs, forum et wiki comme moyen d’expression et d’information.

Il s’agit, a-t-il été expliqué, des internautes qui témoignent des événements tout en fournissant une information indépendante. D’ailleurs, le journalisme citoyen est, soulignent les intervenants, devenu très prisé dans la société en raison de son information de proximité.

Toutefois, beaucoup de journalistes de la presse traditionnelle reprochent aux journalistes citoyens un manque d’objectivité dans la diffusion de l’information. Sur ce volet justement, les communicants ont fait remarquer que les médias classiques sont tenus de respecter certaines règles nécessaires à la pratique du journalisme contrairement aux journalistes citoyens qui ont la liberté de publier, en continu, des informations en toute liberté et à n’importe quel moment.

Pour les intervenants, les nouveaux médias qui ont vu le jour avec les révolutions technologiques donnent la possibilité aux internautes d’interagir entre eux tout en mettant du contenu dans les instruments de communication comme les blogs textes, les podcasts (blogs audios), les vlogs (blogs vidéos), les wikis, les flux RSS. Dans ce cas, l’internaute passe de simple récepteur au rôle d’émetteur potentiel, surtout avec l’instantanéité du message et sa personnalisation. Il s’agit, en somme, d’un outil qui a permis de démocratiser la parole et qui apporte des modalités nouvelles de consommation de l’information.

D’ailleurs, dans sa communication sur l’e-journalisme citoyen et le pouvoir des nouveaux médias, Thoraya Sethom, journaliste à radio Cap FM en Tunisie, a estimé que le journalisme citoyen peut être défini comme l’action des personnes jouant un rôle actif dans le processus de récupération, reportages, analyses et désamination de l’actualité et de l’information à diffuser grâce à la technologie moderne sur les médias sociaux.

Elle a cité, en outre, l’exemple du candidat au 2e tour de la présidentielle en Tunisie, Kaïs Saïed. «Les réseaux sociaux ont fait de lui un homme très estimé par la jeunesse», a-t-elle fait remarquer. Pour sa part, Nadjah Zeghdoudi, du e-journal Takrawane, a évoqué, lui aussi, l’importance de l’information numérique pour la société et notamment son caractère instantané, qui permet aux citoyens d’être informés en temps réel. «Les nouvelles technologies ont révolutionné le monde de la presse et des médias», a-t-il ajouté.

De son côté, Dr Mustapha Cheikh Zaouali, enseignant des techniques de communication et expert de la vie scolaire au ministère de l’Education en Tunisie, a parlé, notamment de l’état de l’endoctrinement des jeunes dans le Maghreb via le numérique. Il a ainsi insisté sur l’éducation à la citoyenneté numérique face à l’endoctrinement des jeunes. Il a mis en relief les outils et compétences numériques en faveur d’un contre-discours à la radicalisation.

Les chiffres avancés par le même enseignant font état de 36 000 djihadistes venus de plus de 100 pays du monde (Moyen-Orient, Maghreb, Europe, Asie, Amérique du Nord). «Le Maghreb compte à lui-seul environ 8000 combattants, (contre par exemple 6600 individus venus des pays occidentaux, notamment de France et de Belgique). 6000 Tunisiens ont rejoint l’Irak et la Syrie, le Maroc en compte environ 1623, la Libye environ 600, tandis que l’Algérie, 78 individus (une exception régionale)». «L’ampleur de l’interconnexion et l’intensité des flux d’information numériques ont un impact mondial et imprègnent de plus en plus l’activité sociale dans toutes les sociétés. Plus que 4 milliards d’individus dans le monde ont accès à internet», a-t-il expliqué.

Intervenant dans le même sillage, Mahmoud Allioua, universitaire et animateur associatif dans les structures de jeunes au Maroc, a axé sa communication sur les facteurs favorisant la radicalisation des jeunes via le net. «La crise de l’adolescence (crise de l’idéal et de recherche de sens) constitue une période privilégiée pour les réseaux des auteurs de la radicalisation violente qui offrent une réponse prête à l’emploi», a-t-il affirmé, tout en soulignant que des facteurs politiques, culturels, psychologiques, éducatifs et socio-économiques peuvent exposer des jeunes à ce genre de fléaux qui suscitent d’énormes inquiétudes chez les parents.

«Aujourd’hui, laisser son enfant seul dans sa chambre devient parfois un danger sous-estimé par beaucoup de parents, mais ses conséquences sont, dans plusieurs cas, désastreuses», a-t-il insisté. Etienne Devos, président de l’association Familles du monde, en Belgique, a expliqué les approches et outils susceptibles de produire un contre-discours à la radicalisation des jeunes en Europe.

Par ailleurs, notons que le séminaire en question a été organisé par l’Amsed de Strasbourg, en collaboration avec l’association La mémoire de la médina de Kairouan. Le séminaire de capitalisation du projet SVE Stratégique a rassemblé autour de la même table tous les acteurs impliqués dans le déroulement du projet : partenaires associatifs internationaux, partenaires locaux et jeunes volontaires. «Lors de cette rencontre, les participants ont identifié et capitaliser les compétences multimédias, transversales et numériques acquises ou développés pendant leur période de volontariat.

Cela favorisera leur parcours d’insertion professionnelle ou socio-éducative. Une boîte à outils a été créée, alliant outils innovants dans le domaine de l’éducation aux médias, de l’insertion professionnelle et facilitant la viabilité de la démarche de l’implication des jeunes dans la coopération décentralisée. Les acquis du projet seront diffusés et valorisés via divers outils numériques créés pour la diffusion en ligne (succès stories, e-booklet, films, blogs, articles, podcasts…) et hors ligne (flyers, affiches, photos) au niveau local, régional, national et international», nous a déclaré Djilali Kabèche, directeur à l’Amsed.

«Des intervenants et partenaires ont été invités à partager leurs bonnes pratiques en matière de prévention de la radicalisation des jeunes. Il s’agit d’un projet qui a duré 2 ans en France au Maroc et en Tunisie avec la participation des centaines de jeunes des deux rives et qui a été bien soutenu par la ville de Strasbourg et le programme Erasmus+. Nous tenons à remercier vivement tous ceux qui ont contribué à la réussite des projets et surtout Mme Nawel Elmrini, adjoint au maire de Strasbourg, chargée des affaires européennes et internationales», a-t-il ajouté.



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