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mardi, 23 avril, 2019
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A première vue, Nassim Touati a tout du jeune engagé dans l’associatif au profit des autres. Au microscope, son parcours n’a pas été facile. Nassim a dû revoir ses choix, prendre du recul et se motiver dans un environnement qui donne peu d’opportunités aux jeunes. Nassim offre des chances aux autres jeunes qu’il forme, et leur transmet plus que le savoir : la confiance en soi.

Sauver les jeunes des quartiers défavorisés

31 mai 2017 à 12 h 00 min

Né en 1993 à Mostaganem dans une famille proche de ses traditions et sensible à la modernité, Nassim Touati a vécu dans une grande famille qui a su l’entourer et lui donner ses premières armes dans la vie : la motivation, le recul et la persévérance.

Le quartier populaire où il a vécu lui a sans doute donné l’envie de changer les choses, même à moindre échelle. Nassim a mené son cursus scolaire jusqu’à l’université à Mostaganem, quand d’autres jeunes étaient attirés par d’autres villes, voire d’autres pays. Mostaganem, ville côtière, a forgé le caractère du jeune Nassim et lui a surtout offert un terrain pour ses expérimentations de changement, il le voyait au fur et à mesure. «J’ai fait mes études à Mostaganem.

Une fois à l’université, j’ai opté pour la biologie, après deux années j’ai voulu faire un transfert vers le droit», raconte-t-il. «Je ne me sentais pas proche de cette filière, je me suis dirigé vers le droit. Ce n’est pas un choix anodin, puisque dans ma famille nous avons de nombreux avocats, dont mes oncles». Si la culture domine les choix de Nassim, ce dernier a eu du mal à trouver une filière dans le cursus universitaire qui engloberait ses attentes et regrouperait toutes les disciplines vers lesquelles il tend. Nassim est un jeune passionné de culture, amoureux de littérature, d’arts et de musique. Il ne peut concevoir la culture dans son aspect folklorique ou occasionnel, il réfléchit sans cesse à son devenir dans notre pays.
 

Université

En Algérie, certaines spécialités n’existent pas, ce qui pousse de nombreux jeunes à aller faire leurs études dans des universités et des écoles à l’étranger. D’autres, comme Nassim, multiplient les formations que proposent certaines associations, collectifs et ONG localement. Le but est d’acquérir un maximum de compétences dans son domaine de prédilection, dans le cas de Nassim c’est la gestion de la culture, l’organisation d’événements et la communication. «J’avoue que je ne suis pas un étudiant exemplaire, ce n’est pas le manque de motivation, mais plutôt de pédagogie dans l’université algérienne qui me rebute. Le droit n’est pas une filière qui m’intéresse fondamentalement.

Lors de cette période, je manquais d’orientation, cette option me semblait la meilleure», dit-il, en précisant que «le droit est une discipline qui est liée à plusieurs autres disciplines, je voulais faire carrière dans la gestion et le management culturel. Je ne trouvais pas de spécialité selon mes conditions.

Cette licence me permettra de cerner la culture par le droit, mais on ne sait jamais où cela pourrait me conduire». Et avoue : «J’aime apprendre à travers des séminaires, des activités, de l’interactivité je crois que c’est ce qui manque à l’université algérienne.» Ces activités et ce sens de l’engagement, Nassim les a développés depuis son jeune âge à travers une association sportive qu’il a rejointe à 13 ans, puis d’autres tout au long de son parcours. Son engagement citoyen lui a permis de développer certaines capacités, de se connaître lui-même et de trouver la force pour faire mieux que ce que l’université lui proposait.  
 

Conscience

Si Nassim a su trouver l’équilibre entre la morosité du campus et l’énergie positive dans ses autres activités, c’est aussi parce qu’il est doté d’un sens aiguisé pour la communication. En effet, Nassim a montré très jeune son intérêt pour les réseaux sociaux, le blogging et la promotion associative et culturelle. Il a démontré un savoir-faire à chaque fois qu’il adhère à un collectif ou une association. La seule pause qu’il s’est autorisée, c’était l’année de son bac ! De secrétaire général, à promoteur d’activités, Nassim a su se professionnaliser tout en évoluant dans des associations. «Ma première formation était avec le GTPCA (Groupe de travail sur la politique culturelle en Algérie) qui avait organisé un atelier en gestion de la culture à Oran, c’était en 2014.

A cet instant, j’ai pris conscience que le monde associatif n’était pas complètement perdu et qu’il y avait des gens qui tentaient de faire bouger les choses. Je le percevais à travers les rencontres faites», explique-t-il. Nassim ne manque pas de citer certains jeunes qui l’ont inspiré et ont décuplé sa motivation pour œuvrer dans son propre domaine «En constatant que des jeunes ont réussi à travers leurs projets, ça m’a donné encore plus d’espoir pour changer ce qu’il y avait autour de moi.

On peut faire les choses autrement, il y a d’autres voix et d’autres manières d’agir sur notre environnement», pense-t-il. «Mon engagement avec les jeunes est une démarche qui me permet de transmettre toutes les connaissances acquises à d’autres jeunes et de les sortir de leur inaction. Il y a des formations au profit des jeunes, mais malheureusement ce n’est pas au profit de tout les jeunes Algériens, surtout ceux des quartiers défavorisés», conclut-il.    

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