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Recherche scientifique : L’UFAS à l’heure des projets à impact industriel

23 septembre 2020 à 11 h 03 min

Pour moult raisons, l’apparition de la pandémie du coronavirus est un mal pour un bien. La crise sanitaire a libéré les énergies et obligé l’économie nationale à se tourner vers les compétences de l’université algérienne n’ayant rien à envier aux éminences grises de l’hémisphère nord. Mal payés, travaillant dans un environnement le plus souvent défavorable, ne bénéficiant pas de la moindre reconnaissance-exclusivité de petits «footeux» grassement rémunérés, les chercheurs, pas outillés dans la plupart des cas, s’illustrent par des travaux d’une très grande utilité publique.

Les bouleversements générés par la Covid- 19 ont accéléré l’ouverture de l’université Ferhat Abbas Sétif I sur le monde extérieur, notamment l’environnement socioéconomique, local, régional et national.

Aidée et soutenue par sa tutelle pour laquelle la recherche scientifique est son principal cheval de bataille, l’UFAS, auréolée par son indice H=77 vient d’obtenir le feu vert de l’Agence thématique de recherche en sciences et technologie (ATRST) ayant agrée neuf (9) projets de recherche à caractère technologique et à connotation industrielle. Conduites par des référents, les travaux des différentes équipes ont obtenu d’excellents résultats. Ciblant bon nombre de secteurs économiques, l’impact de ces projets de recherche innovants est incommensurable.

«Catalyse hétérogène pour la valorisation de ressources renouvelables», un tel projet contribue à la valorisation des ressources renouvelables pour un environnement durable. Dirigé par la professeure Ammari Fatima, le projet – réalisé en partenariat avec l’institut des sciences des matériaux de l’université de Séville (Espagne) a pour but de «diminuer les émissions de CO2, principal gaz à effet de serre d’origine anthropique – un des enjeux majeurs de ce début de siècle.

En complément de ces actions, il est également envisageable de valoriser le CO2 en le considérant comme une matière première, source de carbone. La transformation du CO2 en matières premières peut remplacer les ressources fossiles et pourrait permettre alors d’associer un bénéfice environnemental et une opportunité économique», révèle la cheffe du projet.

La «Contribution à l’amélioration des propriétés de surfaces fonctionnelles par des multirevêtements à multiéchelles pour des entreprises à production mécanique et électronique de la zone industrielle de Sétif et de Bordj Bou Arréridj» est le domaine de recherche de l’équipe du pro Khennafi-Benghanem Nafissa qui ambitionne «d’élaborer en premier lieu des revêtements à multiéchelles (µm, nm) sur différents matériaux par diverses méthodes (pulvérisation, plasma, évaporation, ou par électrodéposition).

Par la suite, on les caractérise (par diffraction des rayons X, microscopie MEB, microscope à force atomique, microscope confocal, par scratch test, rugosité par tribométrie, résistance surfacique…). Les principaux secteurs d’activité où on peut intervenir sont la mécanique, l’électronique, le matériel biomédical, le bâtiment, les travaux publics et enfin l’aéronautique», souligne la chercheuse.

A l’instar de ses collègues, le Pr Kharfi Faiçal n’a pas choisi la facilité et s’intéresse à un sujet de l’heure  «Contrôle et amélioration des plans de traitement en radiothérapie par dosimétrie par thermoluminescence». L’objectif de ce titanesque travail est «l’amélioration des plans de traitement en radiothérapie pour les cas difficiles présentant des hétérogénéités de tissus de certaines tumeurs, tels les cancers du poumons et de la prostate. La première étape du projet est dédiée au développement des systèmes et des procédures spécifiques pour la vérification dosimétrique par thermoluminescence des plans de traitement en radiothérapie dans le cas d’implémentation d’une nouvelle technique de traitement ou pour les cas complexes présentant des hétérogénéités.

La seconde s’intéresse à la confection par impression 3D, de fantômes physiques dédiés pour la dosimétrie indirecte par thermoluminescence en radiothérapie», mentionne l’universitaire collaborant avec le Centre de lutte contre le cancer de Sétif (CLCC).Prenant en considération les volets économique et environnemental, le projet relatif à l’«Élaboration et caractérisation de nouvelles couches minces de polymères conducteurs à empreintes moléculaires pour le développement de nouveaux capteurs électrochimiques et gravimétriques à ondes acoustiques de surface» est lui aussi digne d’intérêt.

D’après la professeure Naima Maouche, le projet vise à développer de nouvelles méthodes pour la détection en temps réel d’ions métalliques ou molécules en milieux complexes applicables dans les domaines de l’environnement. Sur le plan économique, il tend à développer une méthode d’analyse susceptible de minimiser le coût de fabrication par l’utilisation de matériaux moins coûteux. «La diminution du temps de conception par les techniques électrochimiques est l’autre aspect du projet.

Il en est de même pour la réduction des procédés d’analyse comparés aux autres techniques spectroscopiques comme, la fluorimétrie, la spectrophotométrie d’absorption atomique. Les capteurs envisagés ne sont ni polluants, ni une nouvelle forme de déchets», précise la cheffe du projet. Le projet «Valorisation des scories d’aluminium» porté par le Pr Kolli Mustapha est d’une grande portée économique et financière car il contribue à la création de nouveaux postes d’emploi et permet au Trésor public d’économiser des devises. «A partir de scories d’aluminium générées par l’industrie de fusion de l’aluminium, on va pouvoir produire certaines céramiques techniques (alumine, spinelle…).

Produites sous forme de poudre, les céramiques auront des tailles micrométriques et même nanométriques. Elles remplaceront en partie les céramiques importées de l’étranger et peuvent rentrer dans la formulation de certaines céramiques traditionnelles ou techniques (réfractaires façonnés ou monolithiques, isolant….). Les pièces élaborées peuvent être utilisées dans les fours comme revêtement, plaques supports ou autres.

En plus des retombées scientifiques, ce projet vise la préservation de l’environnement et de l’être humain contre les dangers causés par les déchets», nous confie le chercheur. Autre sujet d’actualité, la «Valorisation des déchets plastiques par l’introduction des charges nanométriques aux recyclas des thermoplastiques (PET, PP, PE)» fait partie de notre quotidien. «Ce projet porte sur l’incorporation des nanoparticules de charge (caractère polaire et hydrophile), dans un polymère thermoplastique recyclé plusieurs fois, à savoir le polypropylène et le polyéthylène (caractère apolaire et hydrophobe) à l’état fondu, dans le but d’améliorer les propriétés mécaniques, rhéologiques et thermiques de ces déchets afin d’ élargir les domaines d’application des produits à base de plastique recyclé tels que les bouteilles d’eau en polyéthylène téréphtalate PET, les différents types d’emballage en polypropylène PP et les sacs poubelles en polyéthylène PE», résume la professeur Zoukrami Fouzia.

A travers le thème des «Plans d’occupation du sol aux stratégies d’intelligence territoriale : l’adaptation du développement socioéconomique, stress hydrique, érosion des sols et risques géologiques» l’équipe du Dr Hadji Riheb aborde un sujet non moins important. Les chercheurs se sont fixés comme objectif «la réalisation de cartes d’aléas décrivant la répartition des zones susceptibles à l’érosion hydrique, glissement de terrain, retrait gonflement et inondation de la région nord-est algérien (Hautes-Plaines sétifienne, bassin versant Bousselem-Soummam et bassin versant Medjerda Mellègue).

Ces documents thématiques seront dédiés aux collectivités locales pour leur utilisation dans la planification et aménagement spatial notamment dans des Plans d’Occupation de Sol et Plans Directeurs d’Aménagement et d’Urbanisme et leur sera annexé des rapports détaillés décrivant les techniques de télédétection et des Systèmes d’information utilisés dans le cadre du projet», précise le chercheur.

A travers la «Préparation des billes de biomatériaux à partir de la bentonite et de la biomasse : Synthèse ; caractérisation et application dans le domaine du traitement des eaux» la proffesseur Zaghouane-Boudiaf Hassina s’intéresse à la valorisation des déchets. «La biomasse représente une voie de choix pour contrer l’utilisation effrénée du charbon actif dans le traitement des eaux résiduaires. Afin de préserver l’environnement, notre projet consiste à préparer à partir de la biomasse (déchets agroalimentaires, bentonite) des adsorbants, peu coûteux, efficaces, non polluants et respectueux de l’environnement. Ces adsorbants sont en outre utilisés dans le traitement des eaux polluées par des matières hydrosolubles», énonce la professeur.

Travaillant au niveau du Laboratoire de chimie, ingénierie moléculaire et nanostructures, le professeur Amor Azizi, se focalise sur l’«Électrodéposition des nanorevêtements à base de Ni-Co-P pour le remplacement du chrome dur», un véritable sujet de santé publique. A travers une telle approche, le chercheur compte «développer de nouveaux revêtements devant remplacer les revêtements électrolytiques de chrome dur contenant de l’acide chromique dans lequel le chrome à l’état hexavalent connu comme un agent cancérogène», résume l’un des brillants et nombreux chercheurs de l’UFAS franchissant désormais un nouveau palier.

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