Ramadhan dans les cités universitaires : Comment les étudiants le vivent-ils | El Watan
toggle menu
mardi, 11 mai, 2021
  • thumbnail of elwatan10052021




Ramadhan dans les cités universitaires : Comment les étudiants le vivent-ils

28 avril 2021 à 10 h 15 min

Chaque année, les étudiants prennent part à un événement important, considéré comme un pilier de la religion, à savoir le jeûne du mois de Ramadhan. La particularité à relever, cette année, est que la plupart d’entre eux passent le mois sacré chez eux et ne rejoignent les campus que pour assister aux cours ou passer un examen en présentiel. Une autre catégorie d’étudiants se voit contrainte de passer tout le mois dans les résidences U afin de pouvoir mieux se concentrer sur les études.

 

Loin du foyer familial, certains parmi les étudiants disent préférer rester à la cité universitaire rien que pour éviter les déplacements, surtout lorsqu’il s’agit d’un long trajet.

Il faut savoir que cette année, en raison de la situation sanitaire particulière liée à la Covid-19, les étudiants ont moins de cours en présentiel, d’où le nombre réduit fréquentant les cités U, les restos et les stations de bus universitaires. Côté commodités, les étudiants qui ne peuvent pas rejoindre leurs domiciles assurent qu’ils sont obligés de s’habituer au «confort» offert par les cités U, même si les moyens qui sont mis à leur disposition et les prestations qui leur sont assurées sont loin d’atteindre les standards internationaux.

Néanmoins, ils ne se laissent pas abattre et chacun se trouve une occupation, à part les études, pour ne pas trop ressentir le besoin de repartir à la maison. Dehbia, résidente à Ouled Fayet 3 et étudiante à Bouzaréah, au département d’anglais, dit qu’elle préfère partir chez elle et revenir uniquement pour les cours en présentiel. «Je ne viens qu’une ou deux fois par semaine pour assister aux cours, je pensais rester à la résidence, cependant c’est une chose que je trouve très difficile. Je n’apprécie pas trop les repas servis dans notre résidence et l’hygiène manque souvent, sans parler de l’état catastrophique dans lequel se trouvent les chambres. J’ai passé quelques jours du Ramadhan à la résidence et c’était vraiment pénible», affirme la jeune étudiante.

Et d’ajouter : «Avant cette pandémie, il y avait les restaurants Rahma qui nous donnaient des repas à emporter. Ils servaient des repas meilleurs, mais cette année, ces restos sont introuvables à Ouled Fayet», dit l’étudiante avec regret. Le Ramadhan est le mois qui nous rapproche de Dieu.

Certaines étudiantes avaient l’habitude, les années passées, de se rendre, après la rupture du jeûne, dans des mosquées pour suivre des cours d’apprentissage du Coran. «Cette année, à cause des mesures préventives liées à la pandémie, les portes des résidences universitaires sont fermées juste après le f’tour et les étudiantes se livrent aux activités culturelles organisées à l’intérieur des cités U », nous dit la jeune étudiante. Zahra, résidente à Ouled Fayet 2, et étudiante à la faculté de journalisme, indique que cette année les activités culturelles sont très rares. «Une fois le jeûne rompu, nous nous rassemblons entre amies pour passer la soirée ensemble dans nos chambres, voire à l’extérieur dans la cour», ajoutant qu’à son avis, «il n’y a personne qui voudrait passer le Ramadhan à la résidence, mais la plupart des étudiants habite loin et ne peut pas se permettre de se déplacer plusieurs fois durant la semaine pour aller chez eux.» Cependant, dit-elle «malgré la charge des cours et des examens qui pèse sur nous, nous espérons passer un Ramadan exquis».

Reproduire l’ambiance familiale

En ce qui concerne la restauration, Naïma, étudiante aussi à l’école supérieure de journalisme, fait remarquer que contrairement aux autres résidences, celle de Dély Ibrahim 1, là où elle réside, offre un meilleur service de restauration «même s’il est loin d’être comme le festin que prépare ma mère et que je déguste savoureusement avec tous les membres ma sa famille», dit-elle. «Nous sommes obligés, à la résidence, d’essayer de reproduire, un tant soit peu, l’ambiance familiale, en préparant des petits plats, comme le bourek, des apéritifs et des accompagnements. Nous nous échangeons aussi les plats avec les filles des chambres voisines», souligne Naïma, tout en précisant, cependant, «le Ramadhan ne se résume pas à la nourriture qui se trouve sur nos tables.

Il s’agit d’œuvrer pour le partage, d’aider autrui et de ressentir le besoin des démunis». Kenza, étudiante au département français de Bouzaréah, dit préférer suivre les études en distentiel et rentrer chez elle que de rester à la résidence. «Bien entendu, je compte passer le Ramadhan chez moi comme chaque année. Et pour tout dire, depuis plus d’une année que nous faisons des cours à distance et je dois dire que c’est une chose qui m’arrange bien», nous dit-elle.

Et de poursuivre : «Tout le monde sait que les conditions de restauration dans les cités U sont désastreuses. Les résidences U n’ont pas connu, cette année, un grand nombre d’étudiants. Du coup, les gens ne se plaignent pas des longues chaînes pour récupérer leur repas, mais plutôt de la qualité des plats servis.»

A la cité universitaire des garçons, c’est une toute autre histoire. Kamel, étudiant à Beni Messous au département de langue turque et résident à la cité universitaire des garçons de l’ITFC, raconte que les garçons qui habitent loin n’hésitent pas faire de longs trajets pour rentrer chez eux. «Il n’y a point de comparaison entre la nourriture servie chez moi et du menu servi à la cité U. Le service commence chaque jour de 17h30 jusqu’à 18h30. C’est vrai, les files d’attente pour prendre nos bols de chorba ont diminué, mais la qualité des repas laisse à désirer.» Kaci, quant lui, étudiant en master 1 en archéologie, affirme que le Ramadhan à la cité n’est vraiment pas une chose facile.

«Après un jeûne de plus de 15 heures, on nous sert des plats sans saveur. La seule chose qui nous permet de tenir le coup, c’est bien les restaurants El Rahma qui nous donnent des repas plus décents que ceux des résidences.»

Il faut dire, à ce propos, que beaucoup d’étudiants fuient le restaurant universitaire pour envahir ceux du Croissant-Rouge algérien, ou les restos Rahma ouverts dans les quartiers durant le mois du jeûne. Les étudiants prient que la pandémie prenne fin et que les choses puissent redevenir comme avant une fois le Ramadhan fini pour reprendre les études du deuxième semestre.

 

 

 

 

Abdelkader Belhout  Membre du MENEA  : «La mauvaise gestion a engendré la médiocrité»

L’organisation estudiantine  Mouvement national des étudiants Algériens » (MNEA) affirme coopérer activement à l’effort visant à assurer de meilleures prestations aux étudiants durant ce mois sacré. « en tant qu’organisation estudiantine, nous avons envoyé des instructions à nos représentants dans les bureaux des différentes wilayas pour veiller sur le contrôle et le bon déroulement des services assurés aux étudiants dans les résidences. Nous sommes présents au niveau des différentes résidences universitaires au niveau national et nous devons nous entraider pour assurer le bon déroulement des services dans les restos et les résidences U », souligne Abdelkader Belhout membre du MENEA. Selon lui, des commissions ont été formées pour suivre tout ce qui se fait dans les cités U. « Jusqu’à présent, nous recevons encore des rapports sur la mauvaise qualité des repas servis, plus exactement dans les cités de Ouled Fayet. Si les responsables faisaient leur travail correctement, les étudiant n’auraient pas à se plaindre, que ce soit sur le plan de l’organisation, la restauration et les différents autres services», dit-il. Le responsable syndical n’a pas manqué de rappeler l’incident qui s’est produit récemment à la résidence U d’Adrar où il y a eu des cas d’intoxication alimentaire.

« Nous espérons que les directeurs des cités U ainsi que l’ONOU mobilise leurs efforts pour garantir un repas de qualité pour les étudiants, surtout durant ce mois sacré ». Pour lui, la mauvaise gestion a engendré une qualité de prestation médiocre. « L’entretien des résidences et des œuvres universitaires relève de la responsabilité de l’ONOU. Cependant, nous n’avons vu aucune amélioration de sa part. On nous fait des promesses, mais jusqu’à présent nous n’avons constaté rien de concret. C’est la raison pour laquelle nous avons proposé de dissoudre cet Office et créer à sa place un autre organisme. Nous avons proposé que l’étudiant contribue financièrement, de façon indirecte, aux prestations, dans le cas où le montant de la bourse est revu à la hausse.

 


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!