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Plan national de recherche 2021 : Des projets pour appuyer des secteurs-clés

09 juin 2021 à 10 h 15 min

La deuxième semaine du Forum communauté scientifique – partenaires socioéconomiques, pour la région Ouest, a eu lieu, dimanche et lundi derniers au sein du campus Pr Taleb Mourad à l’université Ahmed Ben Bella d’Oran. La première s’est tenue à l’université de Saad Dahleb de Blida.

Deux autres rendez-vous sont programmés respectivement à l’Est et au Sud. Ils seront abrités par les universités Sétif 1 et Constantine 3, les 14, 15 et 16 juin, celles de Biskra et Ouargla, les 17 et 19 juin. «Cet événement a pour but de donner l’opportunité aux chercheurs d’être en contact direct avec les entreprises afin d’écouter leurs préoccupations et d’être en mesure de proposer des projets communs dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la sécurité énergétique et de la santé du citoyen», indiquent les Agences thématiques de recherche en sciences de la santé (ATRSS) et en sciences et technologie (ATRST). Elles sont organisatrices, en collaboration avec la Direction générale de la recherche scientifique et développement technologique (DGRSDT) de l’événement.

Ces forums sont au fait un préalable à l’exécution des programmes des plans nationaux de recherche (PNR) 2021 dont le lancement a été effectué, le 8 mai dernier. Un décret à cet effet a été même émis (n° 21-89 du 1er mars 2021) ayant pour objet «d’établir le plan de développement pluriannuel pour la mise en œuvre des trois programmes nationaux de recherche scientifique et de développement technologique prioritaires». «Contrairement aux précédents PNR, ceux de 2021 ne sont plus des programmes d’une université ou d’un centre de recherches…

Ils constituent des programmes nationaux déclinés en trois grands domaines considérés comme prioritaires pour le gouvernement», a précisé Kamila Ghidouche Aït Yehia , directrice de la programmation de la recherche, l’évaluation et la prospective au niveau de la DGRSDT.

PAS DE PARTENAIRE ÉCONOMIQUE, PAS DE PROJET

Effectivement, le plan d’action du gouvernement assoit une politique de développement basée sur le triptyque : sécurité alimentaire, transition énergétique et économie numérique. Deux des thèmes des PNR en sont inclus.

Le suivi de l’appel se fait à travers les agences thématiques de recherche sous l’autorité de la (DGRSDT) et en coordination avec les commissions intersectorielles de recherche scientifique et du développement technologique. L’ATRSS se chargera des programmes nationaux de recherche sur la sécurité alimentaire et sur la santé du citoyen, l’ATRST de celui sur la sécurité énergétique. Selon les dispositions dudit décret, l’éligibilité du projet répondra aux besoins exprimés par le partenaire socioéconomique dans lequel il sera précisé le problème à résoudre. Les solutions et les produits attendus devront être réalisés conformément aux exigences du partenaire socio-économique».

Ce qui signifie que «pas de partenaire socioéconomique, pas de projet». Dans la conception de ce dernier, «devront être pris en considération les équipements disponibles et les infrastructures dans les établissements partenaires et/ou autres établissements au niveau national, car le budget alloué au projet est un budget de fonctionnement.

Les membres devront faire une étude précise en respectant la faisabilité du projet dans les délais impartis ; l’équipe rétribuée doit comporter au maximum 6 membres et au minimum 4 membres et doit être répartie équitablement entre les chercheurs et les représentants des partenaires socioéconomiques», est-il stipulé. «A raison de 150 projets par an, l’Etat, via le Fonds national de la recherche scientifique et développement technologique financera 750 projets sur les 5 années à venir», selon la directrice générale de l’ATRST, le Pr Lynda Boutekrabt.

La sélection des projets à retenir sera soumise aux comités intersectoriels en fonction des besoins de leurs secteurs. Pour ce faire, il est mis à la disposition des postulants une plateforme élaborée par le Ceriste. Des difficultés à y accéder ont toutefois été relevées sur les réseaux sociaux. «J’ai un problème d’enregistrement de mes informations sur la plateforme et j’ai contacté DGRSDT-DRPD, ils ne sont pas arrivés à régler le problème, comment faire ?», est-il demandé dans l’un des commentaires. «La plateforme n’est pas fonctionnelle, même les autres, celles du chercheur Ibtikar)». Ce à quoi l’ATRST répond : «Un tutoriel sera très bientôt mis en ligne expliquant toutes les étapes et fonctionnalités de la plateforme».
«Est-ce que la liste des partenaires socioéconomiques qui se trouve sur le site de la DGRSDT est exhaustive ? Peut-on choisir d’autres partenaires ?», s’interroge-t-on encore.

POURVOYEUSE DE PROJETS

Le nombre de commentaires dénote un intérêt manifeste à ces programmes de recherche. «C’est une opportunité. Ce qui était initialement une recherche académique peut être valorisé en projet économique, sans que le chercheur soit bloqué par les écueils financiers», fait remarquer un responsable de laboratoire universitaire. Les PNR 2021 rompent avec ceux des années précédentes en termes d’opérationnalité et pragmatisme. Le concept est appelé à prendre forme. La problématique de la transformation du savoir en savoir-faire a été soulevée comme jamais depuis la rentrée universitaire 2020/2021. «Par le passé, quelques tentatives essayant de connecter la recherche au développement ont eu lieu, mais généralement sans grand succès par suite de l’organisation structurelle des entreprises et des universités», atteste le Pr Zaatri, un enseignant dans la filière mécanique à la retraite. Les PNR offriront cette interface, du moins c’est l’orientation indiquée.

A rappeler que l’Algérie comptabilise 37 000 chercheurs et seulement 180 en entreprise. L’université est un maillon important du développement économique et social dans des pays où 70% des chercheurs activent dans des laboratoires d’entreprise. Partant de ce constat, elle ne doit plus être considérée «en tant qu’institution qui travaille en vase clos sur des projets de recherche fondamentale, mais devient plutôt une institution pourvoyeuse d’idées nouvelles qui peuvent s’inscrire dans des processus de développement des innovations», soutient la communauté universitaire. «Les start-up créées semblent être une copie carbone du dispositif Ansej qui, on le sait, n’a pas donné les résultats escomptés par manque d’une stratégie définie au préalable, connue sous le nom de business model ou modèle économique indispensable à la rentabilité de tout projet.

Certes, il ne faut pas occulter certaines tentatives, mais qui, hélas, demeurent insuffisantes compte tenu des attentes du pays en la matière…», analyse Kamel Baddari, professeur des universités en physiqueet mathématiques, dans une contribution sur «la plateforme et l’économie numérique». Par cette rampe que représentent les PNR dans leurs trois thèmes, l’université, si le succès est au rendez-vous devient ainsi un levier de la politique de développement économique. Même le nerf de la guerre, à savoir le financement, pourrait ne plus être une entrave car chaque projet des 150 retenus annuellement sera financé à hauteur de 5 millions de dinars.

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Le choix des thèmes n’a certainement pas été fortuit. La crise sanitaire y a largement contribué. La pandémie de la Covid-19 a mis à nu la fragilité et l’inefficience de certains secteurs, pourtant de premier rang. La bonne gouvernance se définit, en outre, par l’anticipation et la prévoyance. C’est peut-être le plus important des thèmes dans les PNR2021, celui de la sécurité alimentaire. Pour certains experts, «c’est un principe organisateur, car on ne devrait pas s’attendre à des projets de sécurité alimentaire, mais plutôt à des stratégies de sécurité alimentaire». L’étude de ce thème comprend la chaîne alimentaire dans son entièreté, depuis la production jusqu’à la consommation en passant par la commercialisation.

Ce qui a déjà été mis en avant dans le rapport sur la sécurité alimentaire 2020-2030, basé sur des recommandations fournies par la communauté scientifique autour de plusieurs questions. Ces dernières sont inhérentes aux moyens de production durable avec moins d’eau et sur des sols infertiles ou dégradés. Aussi, comment accroître la résilience de nos agrosystèmes face aux menaces climatiques potentielles, tout en s’appuyant sur la technologie, l’innovation et les acquis ancestraux, et réduire les déperditions des productions agricoles et des denrées alimentaires du champ jusqu’à l’assiette du citoyen.

SÉCURITÉ ÉNERGÉTIQUE

«La situation économique du pays qui a jusqu’ici reposé sur une ressource non renouvelable et fortement assujettie aux fluctuations qu’impose le monde extérieur, tout programme visant le contournement d’une telle situation, conduit inéluctablement à une refonte totale de notre politique énergétique», peut-on lire dans le rapport 2020 du Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE).

La stratégie qui s’appuie exclusivement sur le prix du baril pour exécuter son plan d’action est à revoir. «L’Algérie dispose d’un délai de 7 à 8 ans seulement pour réaliser la transition vers les énergies renouvelables et sortir de la situation actuelle marquée par la dépendance aux énergies conventionnelles», avertit Chems Eddine Chitour, ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables.

SANTÉ DU CITOYEN

La pandémie de coronavirus a révélé le retard accusé par le secteur de la santé en matière de dépistage, prise en charge et plus tard l’accès au vaccin. Les chercheurs universitaires, depuis le début de la crise sanitaire, se sont impliqués dans l’effort de lutte en proposant des solutions relatives aux tests et protocole prévention. Le problème de validation des résultats a privé certaines initiatives d’une concrétisation, car les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur s’en sont disputé la paternité.

Le professeur Mostefa Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), a estimé dans son intervention lors de la semaine scientifique (17 au 20 mai) que la recherche scientifique doit prioriser «les énergies renouvelables, la sécurité alimentaire et la santé…, trois secteurs essentiels dans la préservation de la souveraineté et de la sécurité nationales». Il est donc attendu énormément des PNR en question.


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