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lundi, 13 juillet, 2020
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Pacte université-hôpital : Des chercheurs modifient des masques de plongée sous-marine

27 mai 2020 à 9 h 40 min

Ouargla a été doté de huit masques de plongée modifiés pour traiter les cas de détresse respiratoire aiguë des personnes souffrant de Coronavirus, grâce à l’apport de l’association Récif de plongée, de l’entreprise Cital et de plusieurs équipes de recherche des universités de Bab Ezzouar et Médéa qui ont œuvré à la réalisation de cette technologie d’adaptation des masques «easybreath» de décathlon et leurs copies chinoises. Plus de 250 masques ont ainsi pu être acheminés il y a quelques jours à travers une trentaine de wilayas dont Tamanrasset, Illizi, Adrar, Bechar et Ouargla.

Dans le hall de l’aire de repos du personnel soignant, du service Covid-19 de Ouargla, Dr. Islam Soualhi, spécialiste en réanimation et anesthésie et néanmoins chef du service SAMU, explique au personnel paramédical, cette nouvelle technique introduite dans l’unité de soins intensifs et qui consiste à brancher les patients admis en réanimation non pas à des respirateurs artificiels conventionnels mais à des masque de plongée sous-marine y compris dans les hôpitaux du désert.

Dès le lancement du programme de dotation des services de réanimation Covid-19 de masque de plongée modifiés, Ouargla en a sollicité et reçu d’abord deux, puis six autres, ce qui a permis de pratiquer une ventilation moins invasive aux malades admis en réanimation, une moyenne de trois patients tous les quinze jours dans la seconde version du protocole de prise en charge mis en pratique après réception et essais de Boussignac sur masque facial, puis sur masque de plongée sous-marine au lit du malade, dans la zone de confinement.

Le Dr Soualhi travaille sur cette technique avec une équipe pluridisciplinaire de l’Université de Médéa, sa ville d’origine. Il explique que les travaux entrepris ont permis de fabriquer un modèle de raccord d’oxygène actuellement en rupture de stock en Algérie et fabriqué uniquement en France, appelé CPAP Boussignac qui permet une meilleure efficacité de la ventilation sous masque de plongée. «Ce type de traitement a un rôle capital dans les zones non dotées de respirateurs artificiels, en ce sens qu’il compense l’appareil en évitant l’intubation et la respiration artificielle», explique t-il.

Cette pièce, qui coûte 50 euros et à usage unique, vu le risque de contamination, peut, selon lui, être fabriquée dans le pays au prix le plus bas. Et c’est l’objectif suprême de la démarche, à savoir une passerelle entre l’université et le monde de la santé, en axant les travaux de recherche sur les besoins actuels des hôpitaux.

L’équipe composée du professeur Abdallah Hadj, spécialiste en mécanique et du Dr. Bentouatien, automatiste, ainsi que M. Hamid, responsable de la maintenance à l’hôpital Mohamed Boudiaf et le Dr Soualhi, en tant que réanimateur, a participé à améliorer les performances à usage thérapeutique du dispositif de raccord et l’a modifié pour le mettre en conformité avec le masque de plongée marine en utilisant une imprimante 3D. L’expérimentation de cette nouvelle pièce est en cours à Ouargla et devrait améliorer la pièce actuelle de 60% de rentabilité par rapport à la pièce d’origine.

Le Dr Soualhi explique : «Nous avons fait des ajustements mineurs qui, selon nous, augmenteront le rendement sachant que déjà avec la rentabilité, la pièce peut être utilisée dans des situations à risque moyen aussi efficacement, le but étant d’augmenter sa capacité pour être identique à la fabrication française, à un prix inférieur.»

Réanimation non invasive

Diplômé en médecine Hyperbare et Subaquatique de l’université d’Aix-Marseille et exerçant dans les conditions que l’on connait d’un hôpital du Sud, qui vient à peine de se voir doter d’un scanner neuf permettant le diagnostic TDM, soumis à la lutte antiscorpionique et paludique et désormais à celle du Covid-19, cet anesthésiste porte le même enthousiasme et la même détermination du projet «Respire ++» lancé par l’Association Récifs Ecole de plongée sous-marine, grâce au partenariat noué avec l’entreprise CITAL et des donateurs qui veulent garder l’anonymat ayant permis de livrer 250 masques dotés de valves pour améliorer la ventilation non invasive.

Ce projet a été lancé le 22 mars dernier et poursuit deux objectifs majeurs : Fournir une alternative à l’intubation pour les patients Covid-19 en soins intensifs et soutenir le travail des «forces spéciales» dans les hôpitaux de première ligne et dans les services de réanimation.

A Ouargla, au moins trois malades ont été soumis avec succès à ce nouveau protocole scellant le pacte signé entre les chercheurs universitaires et le monde médical en pleine crise du Coronavirus, rendu possible grâce au travail du plongeur Mehdi Mouloudi, brillant technicien 3D de l’association en collaboration avec l’équipe du Pr. Youcef Remram du Laboratoire d’instrumentation LINS de la faculté d’Electronique et d’informatique de l’USTBH et le collectif «3D fight covid19algeria».

De Milan à Tamanrasset

Il faut rappeler que le génie italien a profité à tous. Depuis le début de l’épidémie, les Italiens ont travaillé dans les pires conditions pour lutter contre la pandémie inexorable avec des moyens limités. D’où l’idée d’adapter les masques de plongée Décathlon aux respirateurs pour les malades hospitalisés. La marque avait même annoncé la suspension des ventes aux particuliers. «Nous avons préféré mettre gratuitement notre stock de 30 000 masques à disposition des soignants qui en font la demande», a expliqué une porte-parole de l’enseigne sportive, rappelant dès le début que «le drôle d’appareil n’est pas une alternative pour un port prolongé, et qu’il ne s’agit en rien d’un produit à usage médical».

Trois mois plus tard, il l’est devenu depuis que le médecin italien Renato Favero a travaillé avec la société Isinnova pour adapter ces masques blancs et bleus aux respirateurs. Les ingénieurs ont inventé la valve «Charlotte», un coude en plastique jaune imprimé en 3D qui sera logée à la place du tuba, telle qu’une valve permettant de relier les patients au respirateur et que d’autres chercheurs à travers le monde tentent d’améliorer, y compris dans les universités de Bab Ezzouar, Tlemcen, Médéa et bien d’autres établissement universitaire à l’avenir.



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