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Khaled Ouaklil. Membre de la coordination nationale des titulaires de magister et de doctorat : «Nous demandons notre recrutement comme enseignants-chercheurs»

14 octobre 2020 à 10 h 36 min

La coordination nationale des titulaires des diplômes de magister et de doctorat maintient toujours la pression pour aboutir à la satisfaction de ses revendications.

D’ailleurs, elle a appelé à plusieurs actions de protestation, aussi bien au niveau local qu’à l’échelle nationale. Khaled Ouaklil, membre de cette structure et coordinateur de la section de Tizi Ouzou, estime, dans cet entretien, que la solution à la situation de précarité que vivent les détenteurs des diplômes en question peut venir de l’amorce d’un dialogue serein et sérieux entre ladite coordination et le ministère de tutelle pour aller, a-t-il expliqué, vers la concrétisation réelle et effective de la revendication portant sur leur recrutement direct en qualité d’enseignants-chercheurs.

-Vous avez organisé des actions de protestation depuis plusieurs mois pour maintenir la pression sur les responsables concernés afin d’aboutir à la satisfaction de vos revendications. Pouvez-vous nous parler de votre mouvement ?

Notre mouvement a connu ses premières prémices à partir de l’année 2016 quand le gouvernement avait adopté la politique de restriction budgétaire, dont l’une des premières conséquences fut le gel de l’ouverture de nouveaux postes budgétaires pour le recrutement des titulaires des diplômes de doctorat et de magister en qualité d’enseignants chercheurs. Au fil des années, la situation s’est aggravée et le nombre de chômeurs a augmenté dans les rangs de cette frange de l’élite universitaire, réduite à choisir entre le chômage ou l’enseignement contractuel avec une rémunération mensuelle de 8000 DA, payable avec deux ans de retard et sans aucune couverture sociale.

C’est ainsi qu’ est né le besoin de s’organiser et de se constituer en coordination nationale susceptible de porter, haut et fort, la revendication du recrutement direct, une revendication légale et reconnue par la loi, puisque nous sommes, non seulement titulaires de diplômes de magister et de doctorat, mais également titulaires de postes reconnus par la loi, et obtenus suite à un concours national après que les universités aient exprimé leurs besoins en matière d’enseignants chercheurs. Notre revendication est également légitime au regard du manque flagrant que connaissent toutes les universités qui n’ont pas le choix que de recourir, aujourd’hui, aux enseignants contractuels pour pouvoir assurer la continuité de l’encadrement pédagogique et scientifique. C’est pour toutes ces raisons que la Coordination nationale des titulaires et étudiants en doctorat et magister est née en août 2019. Cette structure présente et représentée au niveau de toutes les universités du pays. Depuis, notre coordination ne cesse de multiplier des actions de protestation sur le terrain, et ce, afin de se faire entendre.

-Vos revendications s’articulent essentiellement sur le recrutement direct des titulaires des diplômes de magister et de doctorat. Quelle est, jusque-là, la réaction du ministère de tutelle à vos différentes actions de protestation ?
Le chômage de cette frange de l’élite et son exploitation humiliante, imposée à travers le statut d’enseignant contractuel  dépourvu de droits, sont restés longtemps inconnu de l’opinion publique. Et ce n’est que grâce aux actions de protestations menées par notre Coordination que la question est sortie au grand jour. Ainsi donc, le 31 août dernier, notre Coordination a organisé un sit-in national de protestation devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Cette action a enregistré une grande réussite. Une délégation de représentants de notre Coordination a, d’ailleurs, été reçue le jour même par le secrétaire général du ministère en question. Lors de cette rencontre, le représentant du ministère a proposé ce qu’il considère être une solution au chômage de l’élite universitaire.

Cette solution consiste en l’élaboration d’un projet de loi portant statut du docteur, ce projet de loi, suivant les déclarations du représentant du ministère, proposerait la possibilité de recrutement des docteurs dans les autres secteurs d’activités, public et privé. Il proposerait également la mise en place du Post Doc qui instaurerait un mode de recrutement contractuel pour une durée de deux ans dans les secteurs public et privé. La réaction de notre Coordination fut de rejeter catégoriquement une telle proposition qui, de notre avis, ne ferait que dévaloriser le diplôme de doctorat et enterrerait définitivement le diplôme de magister, des diplômes purement académiques destinés à la recherche scientifique et à l’enseignement supérieur  que l’on voudrait dénaturer en ouvrant la voie vers l’exploitation des titulaires de ces diplômes dans des conditions de précarité, par les différents autres secteurs d’activités, notamment le secteur privé, à travers des formules contractuelles n’excédant pas dans leur durée deux ans.

Les représentants de notre coordination ont réitéré au représentant du ministère leur seul et unique revendication portant droit au recrutement direct pour tous les titulaires des diplômes de doctorat et de magister, car ils sont formés pour occuper le poste d’enseignants chercheurs, conformément à la législation et à la réglementation en vigueur, surtout que la loi offre divers mécanismes juridiques susceptibles de concrétiser cette revendication, dont bénéficieraient, en premier lieu, les universités qui pourraient ainsi pouvoir relever le niveau d’enseignement et de recherche scientifique en ayant le nombre suffisant d’enseignants chercheurs.

Ce déficit en encadrement pédagogique est toujours d’actualité dans toutes les universités d’Algérie. Aujourd’hui, il est aisé de dire que la tutelle ne cherche qu’à ignorer notre revendication en proposant de fausses solutions qui ne feront qu’entretenir la précarité de notre situation socioprofessionnelle. Cette fuite en avant du ministère est due, essentiellement, à la politique de restriction budgétaire qui continue toujours à servir, et qui pourtant a été instaurée par ceux qui ont ruiné le pays en transformant le trésor public en un véritable trésor privé pour s’enrichir au détriment de l’intérêt du peuple. Cette politique a gelé l’ouverture de nouveaux postes budgétaires pour le recrutement des enseignants chercheurs durant les cinq dernières années, de l’aveu même d’un représentant du ministère, présent lors de la même rencontre.

Peut-on connaître quelles sont vos actions en perspective pour maintenir justement votre mouvement de protestation ?

Notre Coordination est plus que jamais déterminée à arracher le droit au recrutement direct et ce, malgré la répression dont elle a été victime lors du rassemblement organisé le 21 septembre dernier devant le siège de l’APN. Cette action de protestation avortée et empêchée par les forces de l’ordre qui sont intervenues et usé de la force pour disperser les membres de la coordination venus nombreux, des différentes universités du pays, pour participer à la manifestation et exiger que leurs postes, obtenus à l’issue un concours national, leurs soient restitués par la reconnaissance du droit au recrutement direct. Ceci étant dit, la coordination ne compte nullement baisser les bras.

Bien au contraire, les perspectives en actions de protestations ne manquent pas, puisque,  sur le plan local, des sit-in de protestations  seront organisés à travers les différentes universités du pays durant la semaine en cours. Mais, dans le cas où ces sit-in de protestation n’aboutissent pas et que la tutelle ainsi que les plus hautes autorités du pays continuent à verser dans le silence méprisant envers l’élite universitaire marginalisée, notre coordination prévoit de recourir à une série de rassemblements devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. D’ailleurs, trois jours consécutifs de protestation devant le siège du MESRS (18, 19 et 20 octobre de 9h jusqu’à 16h) sont déjà arrêtés.

Nous voulons saisir cette occasion pour réitérer notre détermination à maintenir la pression, à travers des moyens légitimes, afin d’aboutir à la satisfaction de notre revendication, et ce, par une solution juste et équitable à la situation de précarité dont se morfond aujourd’hui cette frange de l’élite longtemps marginalisée et exploitée. Cette solution peut venir de l’amorce d’un dialogue serein et sérieux entre notre coordination et le ministère de tutelle pour aller vers la concrétisation réelle et effective de notre revendication portant sur notre recrutement direct en qualité d’enseignants-chercheurs.

Propos recueillis par  Hafid Azzouzi


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