Pr Samia Bissati. Doyenne de la faculté des sciences de la vie et de la nature (SVN) UKMO : «Nous allons mettre le paquet sur les nouvelles tendances de culture et d’élevage» | El Watan
toggle menu
samedi, 29 janvier, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021



Pr Samia Bissati. Doyenne de la faculté des sciences de la vie et de la nature (SVN) UKMO : «Nous allons mettre le paquet sur les nouvelles tendances de culture et d’élevage»

21 octobre 2020 à 10 h 32 min

-Que signifie la création de l’Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie Saharienne à l’UKMO qui compte déjà un département des sciences agronomiques actif ?

Nous nous félicitons de ce vœu exaucé par les autorités du pays et les orientations favorables à une formation agronomique de qualité édictées par le président de la République, car nous réclamions le retour de l’Institut de Technologie de l’Agriculture Saharienne (ITAS) (décret 71.255 du 19/10/1971) depuis longtemps sans écho. Ce dernier a été érigé en Institut National de Formation Supérieure en Agronomie Saharienne (INFSAS) (décret 91.135 du 11/05/1991), puis intégré à l’université de Ouargla comme Institut d’Agronomie Saharienne (IAS) (décret 97.337 du 10/09/1997). Et la création d’une école nationale supérieure d’agronomie saharienne à l’UKMO est un juste retour à la logique de formation de base dans les sciences agronomiques, à savoir la production d’ingénieurs spécialisés en agronomie saharienne pour répondre aux besoins de cette filière économique en essor

-En quoi cela va-t-il changer la formation agronomique et à quoi doit s’attendre un bachelier sur le choix à faire entre l’école et l’université ?

Ce sera une école formant exclusivement des ingénieurs, qu’elle recrutera parmi les bacheliers scientifiques et technologiques, pour les former pendant cinq ans au métier d’ingénieur agronome. Ouargla est parmi trois autres universités concernées cette année par la réintroduction du cursus d’ingénieur, à savoir Béjaia, Oran et Sidi Bel Abes. Il n’y a pour le moment pas de moyenne préétablie puisque la tutelle l’a maintenue uniquement pour les spécialités biomédicales, ce qui est à mon avis une chance d’accéder à une école d’excellence qui recrute des bacheliers aux moyennes élevées en temps normal pour réduire le nombre des effectifs, car il faut se rendre à l’évidence qu’il y a les besoins, mais aussi l’impératif de restreindre le nombre à une centaine avec une bonne formation à la clé

-En quoi consiste le programme pédagogique ? Inclura-t-il les aspects manquant jusque-là dans le cursus national d’ingénieur agronome?

Nous allons mettre le paquet sur le palmier, le camelin et les nouvelles tendances de culture et d’élevage pour accompagner le bond de l’agriculture saharienne à Ghardaïa et Biskra. Il s’agit de mettre le poids sur ce qui est spécifique ainsi que la valorisation des nouvelles tendances dans la perspective d’une adéquation de la discipline par la recherche et l’innovation au profit des activités agricoles en milieu saharien. Pour le volet production végétale, la phœniciculture sera évidemment un module annuel car avec le programme unifié de l’INA, il est à peine survolé durant un semestre. Mais nous garderons le programme unifié lors des deux années de tronc commun et les modules de base. En 3e année, le programme spécifique sera mis en place et nous aurons le temps d’ici là d’opérer des choix stratégiques en commun accord avec les directions des services agricoles locales avec lesquelles nous avons d’ores et déjà pris attache.

-Quel est votre pronostic quant à l’attractivité de la formation en agronomie saharienne d’autant plus qu’El Oued s’est également doté d’une école similaire ?

Vu l’absence de formation en agronomie à El Oued, nous sommes en contact pour les soutenir et unifier le programme de formation. L’existence d’une infrastructure et l’expertise pédagogique scientifique a joué en faveur de l’UKMO, la production agricole intensive d’El Oued et l’implication des notables qui ont soutenu le projet par la proposition de financer la construction de l’infrastructure ont pesé en faveur de l’université Hama Lakhdar.

Dans les deux cas, la reprise de la formation d’ingénieur agronome est une excellente initiative et je verrai bien une troisième école au Sud-Ouest, pour permettre un dispatching égal des étudiants sur le territoire saharien, afin de répondre aux besoins locaux tout en permettant une formation de qualité car tout l’enjeu est de connaître l’organisation socio-économique, les contraintes et les attentes pour enclencher un cycle de recherche et d’innovation adapté et envisager les bonnes réponses.

Les aspects qui nous tiennent à cœur touchent l’essence de l’activité agricole saharienne dans son volet économique primordial dans nos régions ou le besoin en ingénieur se fait ressentir avec l’évolution fulgurante du secteur et ces écoles doivent répondre aux préoccupations actuelles en matière d’irrigation mécanisée, de grandes cultures, de nouveaux types d’élevage, en adéquation avec les besoins du secteur et son évolution technologique .

 

Propos recueillis par  Houria Alioua


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!