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dimanche, 25 juillet, 2021
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Machine Learning et Big Data : L’Algérie se dote d’une stratégie nationale de l’Intelligence artificielle

06 janvier 2021 à 10 h 30 min

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) dévoilera, le 25 janvier, le Livre blanc de l’Intelligence artificielle (IA), un Plan stratégique national proposant une feuille de route, sur une dizaine d’années, préparée essentiellement par la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT) et traitant particulièrement des perspectives de l’enseignement, la recherche et le développement de cette discipline scientifique en Algérie.

Pas moins de 150 compétences, aussi bien du monde académique que socio-économique exerçant en Algérie et à l’étranger, ont participé en décembre dernier, à Constantine, à un atelier sur l’IA, avec pour objectif d’élaborer la feuille de route de ce Plan stratégique.

Il faut dire que l’essentiel du travail fait en la matière a été piloté par Ahmed Guessoum, un scientifique algérien, professeur au département informatique de l’USTHB, mais aussi détenteur d’un master en informatique de l’université de Southern California et d’un PHD de l’université de Bristol aux Etats-Unis. Le professeur, qui excelle spécialement dans les domaines de l’Intelligence artificielle et du machine learning, estime qu’en Algérie, la production scientifique liée à l’IA est croissante mais manque beaucoup de thématiques, tels le blockchain, le véhicule automatisé, l’additive manufacturing et autres.

Selon lui, la faiblesse est très claire en termes de start-up et de brevets en IA, d’où le besoin d’une stratégie nationale pour son développement. Mais avant cela, une évaluation de l’état actuel de cette discipline s’impose. Le Livre blanc de l’IA, élaboré en 100 pages, dresse à cet égard un état des lieux sans complaisance où l’on voit, chiffres à l’appui, qu’en matière de formation consacrée à cette discipline en Algérie, hormis le fait que la plupart des étudiants de licence en informatique ouvrent droit à un master dans une spécialité de l’IA, un bon nombre des étudiants en électronique et en automatique peuvent être considérés comme un potentiel qui pourrait être orienté vers des spécialités pertinentes de l’IA, comme le traitement de la parole ou la robotique.

En revanche, il n’existe actuellement aucune formation de premier cycle (licence) spécialisée dans l’IA. Quant aux laboratoires de recherche rattachés aux universités, ainsi qu’aux écoles nationales et travaillant sur des thématiques liées à l’intelligence artificielle, ils sont au nombre de 116, soit un taux de 7,88%. Cela correspond à 568 équipes de recherche recensées travaillant sur le sujet. Au niveau mondial, le Livre blanc indique que l’Algérie est classée à la 48e place, avec une part de 0,26% de la production scientifique mondiale en IA. Au niveau des pays arabes, elle arrive en 4e position derrière l’Arabie Saoudite, avec 1525 publications scientifiques, l’Egypte 1358 et la Tunisie 1014.

Au niveau africain, l’Algérie est classée également au 4e rang derrière l’Egypte, l’Afrique du Sud et la Tunisie. Au niveau national, la répartition de la production scientifique en IA montre que l’USTHB est le premier établissement d’enseignement supérieur et de recherche qui a le plus grand nombre de publications scientifiques avec 146 publications scientifiques, soit 17,07% de la production scientifique nationale en IA, suivie par l’université d’Annaba avec 65 publications scientifiques et l’université de Tlemcen avec 49. La collaboration scientifique algérienne, à l’échelle internationale, montre que le premier partenaire en Intelligence artificielle est la France (classée 6e à l’échelle mondiale) avec 191 publications scientifiques, ce qui représente 22.33% de la production nationale en IA suivie par les USA (classés en première position à l’échelle mondiale) avec seulement 19 publications scientifiques et l’Arabie Saoudite (classée à la trente-septième place à l’échelle mondiale), avec 18 publications scientifiques.

Faiblesses et insuffisances

En matière de production des brevets d’invention des chercheurs et inventeurs de la communauté scientifique dans des laboratoires et entités de recherche, le document de la DGRSDT révèle que seulement 6 brevets en IA ont été déposés au niveau de l’INAPI. Ces brevets proviennent de 4 établissements d’enseignement supérieur et de recherche, à savoir l’USTO et l’université de Tlemcen avec deux brevets chacune, l’ENSSMAL et l’université de Boumerdès, avec seulement un brevet chacune.

S’agissant des start-up, parmi les 52 existantes au niveau national, seulement 8 en relation avec l’intelligence artificielle ont été créées, dont 6 potentiellement liées à l’IA, affirme le même document. En résumé, le Livre blanc de l’AI énumère beaucoup de faiblesses constatées dans ce domaine, empêchant le développement de cette discipline : «Degrés de coopération avec le secteur socio-économique faible, manque d’adéquation entre les formations dispensées et les besoins des entreprises, un nombre considérable de ressources humaines bien formées mais qui partent à l’étranger et quasi-absence de R & D dans les entreprises.» Tout en relevant la volonté politique affichée par les pouvoirs publics de développer une stratégie de l’IA, les rédacteurs du Livre blanc estiment que cette spécialité scientifique est victime tout de même des «conjonctures politique et économique instables, du manque de collaboration entre les différents départements ministériels et de l’absence d’un cadre juridique relatif aux aspects éthiques et déontologiques dans le domaine de l’IA».

Ils ne manqueront pas d’attirer l’attention sur le fait que le premier enjeu de l’intelligence artificielle à l’échelle nationale sera celui des compétences. A cet effet, ils appellent à «former beaucoup d’étudiants à l’IA, depuis la licence, jusqu’au doctorat en passant par les formations professionnelles courtes». Cependant, il y a une question primordiale à prendre en considération avant d’envisager le déploiement d’un plan stratégique national pour l’IA, à savoir «la mise à niveau des infrastructures nationales», comme condition sine qua non, précisent-ils.

Cette mise à niveau doit inclure les infrastructures liées à la qualité du réseau électrique à travers tout le territoire national, le réseau téléphonique fixe et mobile, le débit internet, notamment au niveau des universités et centres de recherche, mais aussi pour toute la société. «Le gouvernement doit adopter en urgence une politique agressive qui permettra la numérisation qualitative de tout le pays dans les trois prochaines années», lit-on dans le Livre blanc.

Une agence nationale de l’IA

Dans le détail, les auteurs du document proposent une série de mesures s’articulant autour de trois volets, à savoir l’enseignement et la formation dans le domaine de l’IA, la recherche fondamentale et appliquée en matière d’IA et les applications et usages de l’IA dans la société et l’économie. Parmi ces mesures figure la création d’une agence nationale de l’intelligence artificielle reliée au Premier ministère, avec pour rôle, entre autres, de «suivre de près les formations préconisées, la disponibilité des infrastructures nécessaires pour l’enseignement et la recherche en IA, la création des relations entre les différentes parties prenantes (universités, centres de recherche et secteur socio-économique)».

Il est question également de lancer des «projets fédérateurs» comme la «Smart City», la «Smart university», la «Smart school» et la «Smart hospital» pour permettre une meilleure concentration des efforts de toutes les parties prenantes (chercheurs, développeurs, gouvernement, sponsors, etc.), afin de concrétiser les promesses de cette stratégie, explique-t-on encore.

Et de préciser : «Il est nécessaire de mettre en place des indicateurs quantifiés avant le début du déploiement du Plan stratégique national, et un environnement propice au développement et aux renforcements des conditions de sa réussite.» Enfin, pour ce qui est du financement, l’argent étant le nerf de la guerre, le Livre blanc de l’IA souligne que l’Algérie doit se doter des moyens de sa politique. A cet effet, «un budget annuel de 5 milliards de dinars a été annoncé, soit 50 milliards de dinars d’ici 2030. Des répartitions précises pour chaque chapitre et sous-chapitre sont également prévues».


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