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Recherche et transfert de technologie

L’innovation… ce maillon faible

17 juillet 2019 à 9 h 00 min

Peut-on parler d’innovation en Algérie ou de transfert technologique ? Les statistiques officielles mettent en avant une armada de structures déjà installées ou en voie de l’être. Si bon nombre d’universités se targuent de s’être dotées d’un incubateur ou d’un fablab, les avancées en la matière ne sont pas pour autant probantes. «Avoir un local et quelques équipements ne signifie pas disposer d’une structure fonctionnelle», nous confie un responsable de laboratoire qui pointe aussi du doigt l’absence parfois de statut.

Une question qui est revenue dans le débat lors du séminaire tenu le 27 juin dernier à l’université Frères Mentouri de Constantine (UFMC). L’institution universitaire s’est ainsi planchée sur la réalité du transfert technologique à travers ses laboratoires et structures dédiés à ce volet de sa mission scientifique.

La présence à ce conclave du représentant de l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et du développement technique (Anvredet) a permis de lever le voile sur la réalité de la valorisation de la recherche scientifique dans le secteur de l’enseignement scientifique. «Il n’était pas envisageable d’évaluer cette question sans la participation de l’Anvredet», dira Nadia Ykhlef, vice-rectrice de l’UFMC et organisatrice du séminaire. «L’Algérie est classée à la 101e place sur 127 pays concernant l’innovation», a indiqué Rafik Dalibey.

L’assistance, composée essentiellement d’enseignants-chercheurs et de doctorants, même si elle a une relative idée sur l’état des lieux, a été toutefois interloquée. Cette statistique suffit à elle seule pour saisir le retard enregistré par l’université algérienne en tant qu’institution. L’Agence est une interface qui relie l’université à l’entreprise.

Elle s’investit auprès des établissements du supérieur, mais aussi auprès des chercheurs indépendants et des collaborateurs. «Nous insistons sur les résultats, nous transformons le chercheur en entrepreneur, sauf que nous ne parlons pas recherche, mais business», insiste le représentant de l’Agence. Créée en 1998, cette dernière qui verra l’installation d’un premier siège en 2002 et d’un second en 2006, n’a effectivement débuté sa mission qu’entre 2012-2013, date à laquelle elle sera dotée d’un fonds. Elle a pour tâche principale celle de chapeauter les incubateurs. Elle englobe des fablab, des centres de recherche et des laboratoires.

Large champ d’intervention

L’Anvredet a en charge plusieurs dossiers, dont celui de la sélection des résultats de la recherche à valoriser, la valorisation et le transfert des nouvelles technologies, la dynamisation de la croissance économique par l’innovation, le soutien et l’accompagnement des technologies, assurer l’éveil technologique ainsi que le développement et la promotion de la corporation et les échanges.

Ce large éventail que compose cette infrastructure arrive-t-il à des résultats, d’autant que ces objectifs visent le renforcement des liens entre le secteur de la recherche scientifique et l’industrie, la création d’une dynamique au sein de l’économie nationale permettant l’émergence d’entreprises d’innovation… somme toute, développer une culture d’innovation pour la finalité des finalités, la création d’emplois.

La stratégie exposée pour asseoir une culture de l’innovation s’appuie en premier lieu sur la disponibilité d’un socle d’infrastructures. «L’innovation est au cœur du développement technologique. Tous les secteurs amorcent une mue via l’avancée technologique qui génère l’essor économique», peut-on saisir des interventions.

Comment l’Agence en question compte-t-elle s’y prendre ? Son domaine d’intervention est assez large avec une prédilection pour la création des incubateurs et leur prise en charge, notamment en milieu universitaire. «La Direction générale de la recherche scientifique (DGRS) a donné son aval pour l’installation de 12 incubateurs universitaires», a indiqué le même intervenant. Sauf que leur mise en service demeure tributaire d’un décret que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) doit établir au préalable, est-il précisé.

Processus de valorisation des projets

Trois d’entre eux sont déjà lancés et dotés de staff. Par ordre chronologique, il s’agit de ceux de l’université Kasdi Merbah (Ouargla), Frères Mentouri (Constantine1) et 8 Mai 1945 (Guelma). Le reste des incubateurs qui sont en état de projet sont ceux des universités d’El Oued, de Tlemcen, d’Oran (USTO+centre), de Blida, d’Annaba, de Sétif et de M’sila.

L’Agence a organisé, avons-nous appris, plus de 50 ateliers pour vulgariser les possibilités de valorisation dont elle dispose et qu’elle met au service des enseignants-chercheurs, chercheurs indépendants et institutions universitaires. Les retombées existent en chiffres, mais peut-on les qualifier de signifiants ?

Il est ainsi recensé, toujours selon le même communicant, 200 projets pour accompagnement, 13 start-up créées, soit des entreprises innovantes. «Dix de ces entreprises sont accompagnées techniquement, 3 sont issues d’un programme, mais bénéficient d’un accompagnement technique en agriculture, services et TIC». En parallèle, le volet partenariat est actionné pour être mis à contribution dans la réussite de l’innovation.

A cet effet, il y a eu 9 conventions avec le dispositif pour l’emploi Ansej et aussi avec plusieurs universités du pays dont l’UFMC. L’évaluation scientifique n’est pas suffisante, s’accordent à soutenir les experts.

D’où l’implication «des industriels, l’Institut national de la propriété industrielle (INAPI) dans le comité technique et scientifique (CTS) d’évaluation des projets» afin d’aplanir les difficultés pouvant surgir, particulièrement concernant les homologations. Depuis 2013, l’Anvredet qui est autonome financièrement grâce au FNR (Fonds national de recherche) a installé des délégations régionales, respectivement à l’Est, l’Ouest, le Sud et le Nord.


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