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Point de vue

Leur maintien en prison est un grand scandale judiciaire : Les détenus du mouvement seront les symboles de la nouvelle Algérie

11 septembre 2019 à 9 h 10 min

Depuis le 22 février, le peuple algérien, sous le slogan «Yetnataw ga3», secoue le joug de l’oppression et cherche les voies et moyens de donner corps à sa propre République. Comme chaque mardi et vendredi, des milliers d’Algériennes et d’Algériens sont concentrés avec des drapeaux et des affiches sur les principales places et rues du pays, exigeant du régime de rendre au peuple les clés de la maison et de lui restituer sa souveraineté.

Cela fait plus de 20 ans que l’Algérie se survit, se réforme et connaît les spasmes de l’agonie. S’il y a en ces moments un bilan à faire c’est celui des choix politiques et économiques responsables de cette ruine de la maison Algérie, conséquences des licenciements, des restrictions budgétaires, contre-réformes économiques et absence de toute possibilité d’emplois permanents (santé, éducation, enseignement supérieur,….), de la gabegie et de la dissolution des entreprises publiques.

La désétatisation de l’économie est désormais un fait indiscutable. La lutte du peuple algérien pour l’indépendance avait pour but et contenu la conquête des libertés démocratiques, mais aussi la satisfaction des revendications élémentaires, pour vivre dignement (droit au travail, au logement, à l’éducation, à la santé…), or le pays se retrouve aujourd’hui, plongé dans une situation, de misère et de mal-vivre.

Toutes les déclarations de bonnes intentions concernant la lutte contre la misère et la pauvreté ne sont que mensonges et tromperies. Un nombre important de citoyens vivent dans la précarité et la pauvreté. Beaucoup de travailleurs ont un salaire inférieur au minimum vital. De plus en plus, la crise économique se fait sentir de façon criante.

Cette mobilisation doit ouvrir les portes à des changements en faveur de la majorité populaire. Tous ensemble, soyons dans le même combat ou c’est le retour en arrière. Non content de faire le silence complet sur la mobilisation révolutionnaire, le pouvoir appelle cyniquement au dialogue «national inclusif» en imposant ses conditions de sortie de crise à une commission ad hoc devant diriger les débats.

Son unique souci est l’organisation de la présidentielle dans les meilleurs délais.

Le mouvement révolutionnaire tend de toutes ses forces à dégager ce système moribond et tout ce qu’il représente comme matrice institutionnelle.
Le peuple algérien est riche d’énergie et de passion.

Il ne lui manque ni la vigueur ni l’imagination, mais ces forces peuvent s’étioler dans des organisations, qui ne lui sont pas propres. Il n’a donné à personne de délégation pour parler en son nom. Cette commission de dialogue veut démolir, intégrer et transformer, le mouvement révolutionnaire et assurer le maintien des institutions héritées du passé en constituant un bouclier en défense de cette machine de l’Etat qui travaille pour les intérêts d’une minorité et de sa clientèle.

Nous ne marchons pas !

A travers ce panel, le régime ne cherche simplement qu’à se maintenir. Il entend initier une véritable contre-révolution politique, sociale, économique, culturelle qui, si elle aboutissait, conduirait au fascisme pur et simple. Il n’a aucune once de légitimité. Il est rejeté par tous les pores de la société. Chaque vendredi, le peuple, comme un seul homme, réaffirme sa demande de rupture avec le système. Il exige le changement. Cela veut dire, pas une seule institution de l’ancien régime ne doit rester en place. Ni la présidence, ni l’APN, ni le Sénat, ni le Conseil constitutionnel, ni le gouvernement… Le peuple souverain s’est exprimé. Ceux qui sont du côté du peuple ne peuvent pas rester une minute dans une des institutions de l’ancien régime.

Le peuple a qualifié ceux qui veulent jouer sur les deux tableaux de «chiatines». Les Algériennes et les Algériens actuellement incarcérés dans plusieurs prisons du pays sont les premiers symboles de la nouvelle Algérie. Leur maintien en prison est le plus grand scandale judiciaire de l’Algérie indépendante. L’humanité en est choquée. C’est pourquoi nous exigeons leur libération inconditionnelle et immédiate. Aujourd’hui, Messouci aurait pu passer l’Aïd chez elle, si elle n’avait pas fait un face-à-face aux forces de l’ordre. Mais de quel ordre ? Celui d’une machine faite pour maintenir le peuple dans l’obéissance.

Celui du vieux monde dans tous ses états. Un ordre qui ne pourra empêcher le rassemblement au grand jour de tous les exploités et les opprimés pour une société fraternelle qui garantira la vie. Ne nous en plaignons pas : nous nous situons contre la République du cachir et contre la continuité de la 3issaba, et bien sûr, contre la «continuité» et la sauvegarde de l’Algérie du capitalisme primitif.

 

Par Khaled Guedeche

Enseignant-chercheur l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou


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