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Sensibilisation sur le médicament générique

Les étudiants en pharmacie investissent la rue

30 janvier 2019 à 11 h 00 min

L’Association scientifique des étudiants en pharmacie d’Alger (ASEPA) a de nouveau agréablement surpris, la semaine dernière, les passagers à la station de métro de Tafourah (Grande-Poste d’Alger), en organisant une journée d’information et de sensibilisation sur le médicament générique.

«Peu importe la forme, ce sont des copies conformes», «Pas de panique, le générique est tout aussi authentique» et «Pour le générique, je dis stop à la critique». Ainsi disaient les slogans de la campagne. L’Asepa est une association qui cherche à sensibiliser, informer les gens, non seulement sur les maladies les plus répandues et mal connues, mais qui cherche aussi à éveiller les citoyens et à corriger les mauvaises idées qu’ils ont sur les médicaments, le générique en particulier.

«Notre volet phare est la santé publique et, en tant que futurs professionnels du médicament générique, nous sommes dans l’obligation de rassurer le patient algérien sur l’innocuité et l’efficacité de ce type de médicament», déclare Oussama Oulad Abdellah, étudiant en troisième année pharmacie, membre de l’Asepa et coordinateur de la campagne. Lors de cette journée, les étudiants en pharmacie se sont adressés aux passants en leur prodiguant des conseils sur l’utilisation des médicaments génériques, tout en les rassurant sur leur efficacité «qui n’est pas moindre que l’original».

Le représentant de l’Asepa assure que les étudiants ayant participé à cette journée ont pu s’entretenir avec pas moins de 1000 personnes. Pour convaincre leurs interlocuteurs, les étudiants en pharmacie ont mis en exergue le fait que «le médicament générique a un meilleur rapport qualité/prix. Nous payons donc moins, pour une même qualité, ce qui permet d’économiser sur le budget de l’Etat et de couvrir ainsi les frais d’autres maladies», explique le coordinateur de la campagne. Et d’ajouter : «La diversité des excipients est la même que pour le générique. Celui-ci peut être mieux toléré en cas d’allergie, sans sucre pour les diabétiques, avec une large gamme de goûts pour les enfants.»

Le médicament générique est très mal accepté par les Algériens, vu la différence de prix et de forme, et les patients hésitent à le consommer. Oussama Ouled Abdellah explique la différence entre le médicament original et le générique et précise qu’un médicament est un principe actif associé à un ou plusieurs excipients et un article de conditionnement. «Les deux types de médicaments ont la même quantité et qualité en matière de substances, ce qui leur octroie le même effet», dit-il, ajoutant que la seule différence réside «dans les excipients, qui procurent des goûts et des couleurs différents».

En ce qui concerne la différence de prix, le coordinateur insiste sur le fait que «si le générique est moins coûteux que le princeps, ceci ne veut pas dire qu’il est moins efficace. Cette différence de prix est uniquement due aux sommes énormes déboursées par les laboratoires qui dépensent des milliards de dollars dans la recherche et le développement d’un nouveau principe actif et les études pré-cliniques sur les animaux, ainsi que les études cliniques sur l’homme», nous dit l’étudiant en pharmacie.

Il précise également que le brevet de commercialisation de tout médicament dure 20 ans. Une fois cette période expirée, il tombe dans le domaine public. «C’est à partir de là que d’autres laboratoires peuvent fabriquer des génériques en utilisant la même formule, mais sans débourser autant d’argent sur les recherches et les expérimentations, ce qui explique le prix économique du médicament».

Certes, le princeps a toujours monopolisé le marché sans concurrence et a gagné la confiance des consommateurs. Il n’en demeure pas moins que le générique est non seulement tout aussi efficace, mais aussi à bas prix également. Il convient de noter, à ce propos, qu’en Algérie, si la production nationale de médicaments se focalise essentiellement sur la fabrication des génériques, avec un taux de 80%, l’importation est, elle, tournée vers les molécules mères. Ce qui amène le générique à représenter quelque 50% des médicaments introduits sur le marché national, soit par le biais de l’importation ou de la production locale.

Rappelons enfin que l’Asepa fait partie de la Fédération internationale des étudiants en pharmacie (IPSF). Cette fédération donne chaque année un calendrier annuel des campagnes de sensibilisation aux associations membres. L’Asepa n’ en est pas à sa première opération, puisqu’elle a organisé déjà plusieurs campagnes de sensibilisation sur diverses maladies.

Parmi ces campagnes, l’on peut citer celle ayant eu pour thème l’«Antimicrobial résistance» qui s’est étalée sur trois jours. Une seconde campagne a été lancée en décembre dernier sur le sida et les moyens à même de se protéger contre cette maladie. L’Asepa a également consacré 12 jours pour une campagne de lutte contre la toxicomanie et les dangers des médicaments. Quant aux futures campagnes de l’Asepa, son président, Naïm Hellal, nous dit qu’il nous donne rendez-vous le 4 février à la fac centrale et à la Grande-Poste d’Alger pour une campagne de sensibilisation sur le cancer.

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