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samedi, 17 avril, 2021
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FORMATION INÉDITE À L’UNIVERSITÉ CONSTANTINE 3

L’entrepreneuriat : clé de voûte de l’employabilité

07 avril 2021 à 10 h 15 min

C’est une nouvelle expérience à laquelle l’université Salah Boubnider, Constantine 3, se prête dans le cadre de sa stratégie d’ouverture sur le monde socio-économique. «Au moins deux cents étudiants ont été sollicités pour prendre part à cette formation, mais soixante seulement d’entre eux y ont répondu favorablement», nous indique le Pr Chaouki Benabbas, vice-recteur chargé des relations extérieures.

 

Ils étaient en effet quelques dizaines à acter leur présence, dimanche dernier, dans la salle de conférence de l’Institut de gestion des techniques urbaines (IGTU), avant de se répartir sur deux ateliers programmés sur cinq jours.

Il s’agit d’une formation à un module inédit «Sensibilisation à l’entrepreneuriat», dispensée par des experts de l’ANADE, ex-Ansej. Des thématiques seront abordées dans l’esprit «Learning by doing», soit la pédagogie par l’action.

Comprendre que l’apprenant se retrouve acteur de sa propre formation et, quelle que soit la méthode employée, ce dernier «va pouvoir créer, se tromper, recommencer, apprendre… pour mieux retenir», c’est ce qu’a expliqué Mohamed Salah Kerbadj, formateur à l’ANADE, qui a insisté sur le modus operandi de l’expérience. «C’est une formation ciblée, drivée par un groupe d’experts de l’ANADE de différentes compétences.

Elle est axée sur deux volets : l’aspect psychologique et la conception entrepreneuriale.» A l’issue, deux options se dessineront : la création d’une micro entreprise ou le salariat. La perspective professionnelle ne sera plus une vue de l’esprit pour ces futurs diplômés…

Cette formation qui sort des sentiers battus a de fortes chances de supplanter les cycles de rencontres «théoriques et récurrents» censés former les entrepreneurs de demain, mais dont la réussite demeure modeste. «Nous avons mis en place un écosystème et des structures pérennes pour suivre les évolutions.

Cette formation est un accompagnement qui balaye tous les volets de l’entrepreneuriat. Nous œuvrons pour qu’au moins 80% de ces apprenants terminent leur cursus avec un projet viable», explique Pr Benabbas. Surtout garder le cap sur le processus de l’employabilité. Les initiatives allant dans le renforcement de cette politique sont testées et «si elles deviennent une réussite, il faut les dupliquer», pour paraphraser notre interlocuteur.

UNE AGENCE ET DES MISSIONS

Ainsi, la vision de l’université converge avec les nouvelles missions de l’organisme chargé de l’emploi. Changement de vocation, plutôt d’esprit et d’optique. L’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) n’existe plus depuis le 22 novembre 2020.

Elle devient l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (ANADE). Cette modification de dénomination et réorganisation est publié au JO n° 70, sous le décret exécutif n° 20-329 du 22 novembre 2020 modifiant et complétant le décret exécutif n° 96-296 du 8 septembre 1996 portant création et fixant les statuts de l’agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes.

Rattachée depuis au ministère de la micro-entreprise, start-up et de l’économie de la connaissance, l’agence sera dotée de nouvelles missions dont celles d’encourager la mise en place et le développement des écosystèmes en fonction des opportunités d’investissement offertes par les différents secteurs et qui répondent aux besoins du marché local et/ou national ; de veiller à la modernisation et à la normalisation du processus de création, d’accompagnement et de suivi des micro-entreprises.

Aussi d’élaborer et de développer des outils de Business Intelligence, dans une démarche prospective, dans le but d’un développement économique équilibré et efficace ; de moderniser et de numériser les outils de gestion de l’agence et du dispositif de création des micro-entreprises ; d’encourager l’échange d’expérience à travers les programmes des organismes internationaux et des partenariats avec les agences étrangères d’appui et de promotion de l’entrepreneuriat et de la micro-entreprise… entre autres. A souligner qu’elle a essuyé moult critiques concernant son mode de gestion et que désormais, elle est appelée à se redéployer.

Cette nouvelle approche semble se mettre en place en référence aux déclarations de son directeur général. Lors d’une intervention télévisée, en mars dernier, Mohamed Cherif Bouziane, a indiqué la baisse de l’apport personnel à 5% au lieu de 15%. Une mesure spécifique aux jeunes chômeurs et étudiants porteurs de projets, a-t-il précisé, annonçant dans la foulée la signature d’un accord avec l’AADL pour l’emploi de 100 000 entreprises créées par les jeunes.

Il a toutefois dénombré et ce, jusqu’à fin 2020, 38 000 entreprises en difficultés. La formation mise en place, pour la première fois avec l’université Constantine 3, s’inscrit dans la droite ligne de ce redéploiement. «Nous sommes aujourd’hui présents à l’université pour donner un nouveau souffle à la mission de l’entrepreneuriat, fruit de la coopération entre l’ANADE et l’université.

L’expérience de la maison de l’entrepreneuriat a donné des résultats probants, d’où la nécessité de diversifier les aspects du partenariat et chercher d’autres programmes de formation, dont ce module élaboré et encadré par les experts de l’ANADE et auquel l’université Constantine 3 a adhéré en premier», a soutenu M. Kerbadj, qui a fait état au préalable des différentes étapes de coopération ayant été scellées depuis la création de l’Agence, mais particulièrement depuis 2004, avec l’institution universitaire dans la capitale de l’Est. Et partant, pas mois de neuf formateurs venus d’Alger, Blida, Tébessa, M’sila, Aïn Temouchent, Mila et Constantine prendront en charge, du 4 au 8 avril en cours, la soixantaine apprenants.

DEUX ATELIERS

Ces derniers sont issus de diverses structures de l’université Constantine 3, dont les facultés d’architecture, sciences politiques, sciences de l’information et de la communication, arts et culture, génie des procédés ou encore l’institut de gestion des techniques urbaines. Ils sont répartis sur deux ateliers. Le premier est consacré aux étudiants du Master Mehmed.

Le second au reste des participants en coordination avec le programme Yabda. En rappel, Mehmedou Mediterranean Environmental Change Management est un projet, comme son nom l’indique, qui a pour socle expérimental le bassin méditerranéen, dans ses deux rives, Nord et Sud.

Il est issu du programme Erasmus+ et a pour principal objectif l’élaboration et le lancement d’un master international à l’intention des diplômés universitaires intéressés par une spécialisation dans l’analyse et la gestion des problèmes environnementaux, dans les institutions publiques ou privées et des organisations non gouvernementales (ONG).

Dans cette entreprise, 14 institutions font partie du consortium, présidé par l’université de Girone (Espagne), dont 3 universités algériennes (Constantine 3, Mostaganem et Bordj Bou Arréridj), trois Marocaines et deux Tunisiennes. Pour l’autre rive, il s’agit des universités Gérone, Sassari (Italie) et La Sorbonne (France). Le lancement pédagogique a été donné en octobre 2020 à l’université Salah Boubnider Constantine 3, après un report dû aux contraintes liées à la conjoncture sanitaire. Le Master regroupe 21 étudiants (lire l’article dans notre Supplément, édition du 27/1/ 2021).

LE PROJET YABDA

Le projet Yabda, quant à lui, s’inscrit aussi dans le programme Erasmus+ de renforcement des capacités de l’enseignement supérieur. Le mot «Yabda» prend son origine du verbe arabe qui signifie commence ou initie. Ce projet réunit 14 partenaires pour une durée de trois ans, et un budget avoisinant les 730 000 euros.

Le consortium Yabda se compose de quatre partenaires, 4 universités algériennes, autant d’universités marocaines, 2 universités tunisiennes, 3 universités européennes et un partenaire privé ReadLab de Grèce. La mission de coordination du projet est à la charge de l’université Hassan II de Casablanca (Maroc).

C’est un programme qui a pour objectif «de répondre au fort besoin de renforcement des capacités des universités partenaires pour la promotion de la création des Start-up et Spin off à la hauteur du potentiel de recherche et de développement élevé des pays du Maghreb et de la montée du chômage des jeunes». L’université Constantine 3, qui en est partenaire avec celles de Blida (1et 2) et de Mostaganem, a vu la participation de 103 candidatures. A l’issue d’une séance de présentation, 40 projets de start-up ont été retenus.

Leur évaluation par les partenaires socio-économiques a abouti à la sélection de 10 d’entre eux et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il reste un seul projet, le meilleur, s’entend. Il sera présenté à la sélection finale, car l’Algérie, tous comme les autres pays partenaires, n’a le droit de postuler qu’avec un unique projet.

Le programme arrive à son terme dans quelques mois, selon la coordinatrice Karima Boufenara. Il aura le mérite, en parallèle, d’avoir assuré la formation de 34 étudiants et 64 enseignants. «Nous allons vers la création d’un centre d’entrepreneuriat Yabda, car la sensibilisation ne doit pas s’interrompre, elle doit être continue en raison du flux d’étudiants qui se renouvelle.

C’est un défi auquel nous devons nous adapter.» A l’exemple de ladite formation qui s’attelle à chercher des réponses à cette problématique :

Comment aboutir à la création d’entreprises viables et pérennes ?


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