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Collectif universitaire NUR de Annaba : «Le schiste n’est pas rentable pour l’Algérie»

12 février 2020 à 9 h 06 min

Nous ne sommes pas contre l’exploitation du gaz de schiste, mais contre la technique de son extraction qui est très polluante», a tranché Messaoud Leftissi, un activiste politique et militant écologiste lors d’une conférence/débat qu’il a animée jeudi à Annaba. Intitulée «L’exploitation du gaz de schiste entre l’avidité des lobbies pétroliers et les risques environnementaux», cette conférence a été organisée par le collectif universitaire NUR de l’université Badji Mokhtar de Annaba.

Pour étayer sa thèse, Leftissi Messaoud a ramené dans son bagage des chiffres qui tous plaident pour l’inopportunité de cette orientation économique, décriée de par le monde. «L’exploitation du gaz de schiste n’est pas rentable pour l’Algérie», a martelé l’ingénieur.

Et d’étayer : «La technique d’extraction du pétrole conventionnel est plus rentable. En effet, un puits de pétrole revient à 15 millions de dollars. Son exploitation dure 20 ans avec une moyenne de 200 barils/jour, soit un total de plus de 12 millions de barils sur 20 ans. Le prix de revient est de 35 dollars TTC, vendu à plus de 50 dollars. Or, le puits du schiste coûte plus de 15 millions de dollars avec une moyenne d’exploitation de 5 ans. Donc, l’extraction de 200 barils/jour totalise à peine 300 000 barils sur 5 ans.

Pis, le prix de revient est de 60 dollars en TTC. La différence est de taille», avertit l’écologiste. Et l’impact sur l’environnement est pire. La technique d’extraction du schiste emploie 1200 tonnes de sable et au moins 150 substances toxiques qu’on mélange à des quantités énormes d’eau potable issues des nappes phréatiques. Le tout est injecté à une pression de 300 bars, provoquant souvent des séismes. «Pour creuser un puits de schiste, il faut 8 fracturations.

Chacune d’elles nécessite 15 000m3 d’eau, soit 120 000m3. A cela, il faut ajouter les fuites du gaz du méthane, estimées entre 3 et 9%, sachant qu’il est plus dangereux 30 fois plus que Co2 pour la couche d’ozone». Mais pourquoi l’Algérie tient-elle à exploiter un produit non rentable, polluant et contesté ? «C’est la pression des lobbies pétroliers qui en est à l’origine», a répondu Messaoud Leftissi.

Pour lui, «les Américains qui ont exploité le schiste avec un ancien équipement cherchent aujourd’hui à le rentabiliser dans un pays riche et sous-développé. L’Algérie en est le parfait profil». A cette problématique majeure, l’intervenant a présenté des solutions dont l’investissement dans les énergies renouvelables. «pourvu qu’il ait une volonté politique», a conclu le militant écologiste.


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