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Par Khaled Guedeche. Enseignant à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou

«La révolution permanente a commencé»

15 mai 2019 à 9 h 00 min

Depuis le 22 février, le peuple algérien est dans la rue pour exiger le changement du système entièrement.

C’est un véritable soulèvement révolutionnaire qui réclame le départ du système qui, depuis 1962 à ce jour, ne cesse de sucer le sang des Algériennes et des Algériens et de livrer le pays au pillage. Dans toutes les villes du pays, des manifestations d’une ampleur sans précédent, rythmées par des chants magnifiques qui expriment la douleur, la colère et l’espoir de tout un peuple. Entre deux chants, le peuple crie «Trouhou ga3», «Dignité».

Dans quelle situation politique est l’Algérie ?

La situation est révolutionnaire, car il y a au moins trois choses importantes qui sont les faits marquants de la situation: Le peuple ne veut plus vivre comme avant. Cela veut dire quoi ?

Le peuple ne veut plus être exploité comme avant. Il veut prendre son destin en main, il veut décider de son destin, il veut vivre mieux, il ne veut pas continuer à vivre comme un exploité. Il ne veut plus être une marionnette entre les mains des gouvernants. Il ne veut pas que ses enfants continuent à vivre dans la peur du lendemain.

Il ne veut plus voir ses enfants raser les murs, pendant que les enfants des possédants occupent l’espace avec arrogance. Il ne veut plus avoir honte le jour de l’Aïd, car il n’a pas de quoi acheter le mouton pour ses enfants, etc. C’est l’expression politique, économique et sociale de la volonté du peuple.

Les oligarques veulent le limiter à la question de Bouteflika. Non. Mille fois non. Alors, il faudra dire toutes les choses pour lesquelles le peuple ne veut plus vivre comme avant, les petites comme les grandes, car de ces points nous allons déduire les doléances qui seront rédigées par les comités populaires.

Nous devons tout écrire dans les comités populaires. Et tout ce que disent les travailleurs, les jeunes, les femmes, les paysans a de l’importance. Ne rien négliger. Le pouvoir en place ne peut plus gouverner comme avant. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que les ordres qu’ils avaient l’habitude de faire exécuter comme une lettre à la poste avant, ils n’arrivent plus à le faire.

Le pouvoir avait déclaré l’état d’urgence à Alger afin d’interdire les manifestations. Alors le peuple a violé l’état d’urgence sans que le pouvoir puisse faire quoi que ce soit. Le pouvoir voulait reconduire Bouteflika à la Présidence, alors le peuple s’est mobilisé par millions, alors le pouvoir a été obligé de retirer son candidat.

Le pouvoir voulait organiser une transition sous la responsabilité de Bouteflika, avec Bouteflika et ceux qu’il a choisis ; le peuple a manifesté par millions et dit non. Alors le pouvoir encore une fois a reculé. Le pouvoir a désigné Brahimi pour mettre en place une conférence nationale de transition. Le peuple a manifesté par millions et dit non. Le vice-ministre de la Défense du gouvernement Bouteflika, à savoir Gaïd Salah, décide de renvoyer Bouteflika et de le remplacer par Bensalah.

Il tente une normalisation par la petite porte de l’article 102 de la Constitution. Cet article 102, qui est en train de devenir à lui seul une béquille du système, est utilisé pour imposer une transition «hna fi hna». La réunion conjointe APN/Sénat vient de désigner Bensalah comme président de l’Etat avec pour objectif d’organiser les élections en juillet 2019. Le peuple a dit non. Bensalah, c’est Bouteflika qui l’a installé. Donc, c’est Hadj Moussa, Moussa Hadj.

La dernière décision prise par Gaïd Salah qui, dans son discours, a dit avoir, lui-même, appelé la justice pour se saisir de quelques dossiers de corruption. Le peuple répond en lui disant que c’est une justice expéditive et instrumentalisée. Il n’y aura pas de justice véritable sans indépendance de l’appareil judiciaire.

L’Armée nationale populaire est appelée à s’astreindre à ses missions constitutionnelles. Si l’armée continue dans cette voie, elle va se retrouver, de fait, face aux masses révolutionnaires. Les masses considéreront alors l’institution militaire comme partie intégrante du système. Le peuple est resté mobilisé.

Grèves et manifestations se succèdent sans que le pouvoir puisse faire quoi que ce soit. L’initiative politique est toujours du côté du peuple. A chaque fois que le pouvoir tente de prendre une initiative, le peuple mobilisé la rejette et immédiatement cette initiative devient lettre morte.

Le changement de système ne peut se mettre en place que si le peuple acquiert le pouvoir et le droit de révoquer ses élus qui ne respectent pas le mandat sur lequel ils ont été élus. Vive la mobilisation révolutionnaire du peuple algérien. Pour une Assemblée constituante souveraine législative et exécutive à la fois.

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