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jeudi, 24 janvier, 2019
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Contribution

La gouvernance de l’Université en Algérie, propositions de réforme

09 janvier 2019 à 10 h 00 min

Un courant fort de changements à différents niveaux institutionnels et administratifs, centraux et régionaux, semble être en cours et toucher différents niveaux de responsabilités dont les titulaires sont remplacés rapidement. Pas une semaine ne passe sans que l’on observe de nouvelles annonces de fin de fonction et de nominations. Il paraît que l’Algérie est en train de vivre une période jamais vécue auparavant de renouvellement à grande échelle des décideurs dans plusieurs paliers de son système de gouvernance.

Dans un des plus suivis des médias en ligne, R. Toubal s’interroge et écrit : «Les chamboulements menés par la présidence de la République dans de nombreux secteurs de souveraineté, ces derniers mois, annoncent-ils le changement qualitatif tant attendus par les Algériens ?» Si ce changement qualitatif attendu se précise, il devrait en principe toucher l’ensemble des institutions sur lesquelles repose la construction d’un Etat moderne, dont l’Université en est une des plus décisives de par ses missions et ses impacts, selon les cas positifs ou bloquants sur l’économie et la société en général.

Le vaste mouvement en cours réussira-t-il à renouveler et transformer la gestion et l’administration de l’enseignement universitaire et celui de la recherche scientifique, des plus hautes aux plus basses hiérarchies décisionnelles de l’organisation de ce système ? Peut-on espérer que l’ensemble des administrations universitaires, sans en oublier aucune, sera impacté et verra la mise en place de nouveaux dirigeants, choisis selon les critères universels en cours dans les pays modernes ? Peut-on espérer que les pratiques contre-productives en vigueur depuis trop longtemps, reposant sur l’allégeance et la promotion de ses adeptes, des médiocres, des soumis, des sans éthique, des sans publications scientifiques internationales, des monolingues, seront bannies pour de vrai et pour de bon, définitivement, irrémédiablement ?

L’idée de réforme de la gouvernance des institutions universitaires n’est pas pour nous une lubie dans l’air du temps, ni un projet rattaché à une démarche de pouvoir ni à un quelconque agenda d’une organisation partisane ou syndicale. Cette idée a émergé lentement, au gré de l’approfondissement de la déliquescence du système universitaire vécue de l’intérieur et de l’apparition actuelle d’un mouvement global de transformation à la tête de plusieurs institutions.

Elle est également et en dernier lieu une tentative de se démarquer de la complaisance ambiante que manifestent beaucoup d’universitaires dont certains auraient pu depuis bien longtemps focaliser leurs efforts de recherches et de réflexions sur cette même déliquescence en critiquant et en dévoilant ses ressorts structurels, politiques et organisationnels au niveau des diverses hiérarchies universitaires. Malheureusement trop préoccupés par leurs ambitions personnelles, courbant l’échine devant le moindre des chefaillons en poste, obnubilés par leur petit «moi» et leurs intérêts à profiter de ce même système, ils se sont complus et se complaisent encore et toujours dans un silence autant assourdissant qu’ils le recouvrent d’une prétendue attention prodiguée à longueur d’année à des thèmes, même s’ils paraissent intéressants et s’ils peuvent avoir une importance académique en tant que sujets d’analyses et d’études, sont loin de faire avancer la construction d’un système universitaire digne de ce nom.

Seuls quelques chercheurs bien esseulés, et parfois en butte à des tentatives multiples pour les faire taire ou dévier de leur volonté de dévoiler et d’identifier précisément les tares du système universitaire, tentent vaille que vaille par leurs travaux et interventions publiques à alerter sur la déliquescence de l’Université, à dévoiler les plaies affectant le système dont essentiellement la qualité et la façon dont sont désignés ses dirigeants, d’une part, et, d’autre part, les politiques néfastes que ces dirigeants appliquent sur les structures dont ils ont réussi à s’accaparer la direction. Dans une interview, le Dr L. Aït Hamadouche souligne : «L’Université n’est plus le lieu de production de normes structurantes, constructives, éducatives. Elle n’est plus le lieu de sélection et de production de l’élite.

Elle n’est plus la locomotive de la société et du pays. L’université algérienne est le réceptacle de toutes les anomalies qui désormais façonnent l’Algérie.» Quant à Djabi N., il alerte sur la situation présente du système d’enseignement supérieur pour le moment essentiellement public en écrivant : «Il arrive à l’Université ce qui est arrivé aux entreprises publiques qu’on a fini par brader et vendre au dinar symbolique.»
D’autres collègues d’ici et d’ailleurs ont toujours tenté de souligner les tares grandissantes et en augmentation constante du système d’enseignement supérieur en Algérie. L’auteur de ces lignes n’a aucune attache partisane ou syndicale, ni aucune ambition de pouvoir, ni aucun intérêt personnel à défendre. Il propose simplement une réflexion d’un analyste autonome, de la situation où se trouve l’Université et essaie de souligner une piste pour sa réforme en vue d’inverser la tendance actuelle caractérisée par l’approfondissement de sa déliquescence.

Cette proposition réformatrice nous paraît telle une urgence pour tout pouvoir d’Etat soucieux de l’intérêt général et visant la mobilisation la plus judicieuse possible des ressources publiques pour une efficience réelle et mesurable des institutions universitaires. Elle découle en droite ligne des observations d’un réel universitaire problématique devant être transformé de fond en comble d’urgence. Depuis déjà de nombreuses années, des institutions internationales spécialisées dans l’étude du développement et la promotion de ses politiques, ainsi que nombre de chercheurs, ont mis l’accent sur les relations directes entre l’investissement dans le savoir et les niveaux de développement. Quelques-uns des aspects de la déliquescence du système de gouvernance universitaire, amplement connus depuis longtemps par l’opinion publique et surtout les universitaires eux-mêmes mais peu analysés dans leurs immenses impacts divers sur la qualité des missions prodiguées par l’Université, sur les valeurs qu’elle doit en principe mettre en avant et inculquer au fil de leurs scolarités aux étudiants, peuvent être mentionnés dans les points suivants.

L’accaparement de la fonction de Recteur

Cette fonction supérieure, pour s’exercer d’une manière normée, compétente, éthique et productive, se doit d’une part d’être conditionnée par un ensemble de critères irréfutables chez tout candidat, mais également être l’objet d’un renouvellement périodique raisonnable pour vérifier le chemin parcouru, analyser les insuffisances et pouvoir y remédier, à partir des bilans des exercices précédents, en insufflant de nouvelles compétences issues du potentiel académique disponible.
Par les spécificités de ses missions et ses effets sur l’ensemble de l’évolution de l’institution universitaire, la fonction supérieure de recteur doit obéir à un rythme maîtrisé et raisonnable de renouvellement. Dans le cas contraire, les risques de domination par la routine, de constitution de noyaux et cercles d’intérêts bloquant la réalisation des objectifs de l’institution, seraient réels.

Les cas où des personnes, ne répondant souvent qu’au critère de l’allégeance mais non aux exigences académiques, puissent être laissés libres d’accaparer durant des années et parfois des décennies le poste de recteur d’université, au-delà de l’image malheureuse que cela donne des universités algériennes et du pays en général, sont des éléments palpables et vérifiables par tout un chacun. L’existence et la multiplication de ces cas prouvent la déliquescence du système universitaire, son assujettissement à l’allégeance avant la compétence et l’éthique et démontrent la médiocrité avérée de sa gouvernance.

On ne peut décemment être maintenu à la fonction de recteur d’université pendant dix, quinze et parfois plus de vingt années. Cette pratique courante se multiplie aux niveaux intermédiaires que sont les directions des facultés où non seulement certains doyens conservent leurs postes durant plus d’une décennie entière, alors qu’ils ne remplissent ni le critère pédagogique ni le critère académique consistant en des publications scientifiques internationales dans leurs spécialités et même sont parfois seulement des «universitaires» ( !?) qui ne maîtrisent qu’une seule langue de travail.

Par la haute fonction qu’il occupe dans la hiérarchie du système universitaire, par sa mission de représentation d’une communauté universitaire composée d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs et de travailleurs, par les valeurs qu’il doit en principe incarner, le recteur se doit d’être un responsable irréprochable en termes éthiques et de compétences scientifiques dûment justifiées par une pratique pédagogique suffisamment longue et des publications internationales enregistrées dans son domaine de spécialité.

La nomination aux fonctions de direction sans CV académique

Que cela soit au niveau de certaines directions de facultés, ou d’universités, ou même au sein du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, combien sont-ils ces responsables d’institutions universitaires à pouvoir disposer d’un véritable curriculum vitae académique, mentionnant leurs publications internationales dans leurs spécialités ?

Ceux n’en disposant pas, comment alors ont-ils été choisis, nommés et maintenus à ces fonctions éminemment décisives pour l’évolution et l’amélioration des performances du système universitaire et la consolidation de son éthique et le maintien de sa crédibilité ?

Comment peut-on accepter que des situations pareilles durent depuis des dizaines d’années sans que ces cas totalement contre-productifs ne soient remis en cause, ne soulèvent des questionnements légitimes sur la qualité de la gouvernance du système universitaire, sur celle des procédés de nomination et de maintien en poste des responsables universitaires ? Comment dans ces conditions espérer une évolution efficiente de ce système ? Est-il possible d’en renouveler sur de nouvelles bases plus éthiques et rigoureuses la gouvernance ? Est-il possible d’adopter les critères universels reposant sur l’objectivité des pratiques pédagogiques et des pratiques de recherches sanctionnées par des publications académiques internationales reconnues par les pairs ? Ou bien le système universitaire algérien continuera-t-il à adopter l’allégeance et la médiocrité académique dans le choix et la promotion d’une clientèle indue et obsolète à la tête de ses différents niveaux de hiérarchies administratives ? Telles sont pour nous dans cette contribution les principales raisons qui motivent l’urgence d’une réforme crédible de la gouvernance universitaire en Algérie.

Le phénomène du plagiat

La déliquescence du système universitaire se manifeste depuis des années sous plusieurs formes et à de multiples occasions. Une de ces formes est la considération de la question du plagiat, question éminemment éthique qui ne devrait en principe pas se poser, en tout cas pas dans les termes où elle l’a été. Sans vouloir comparer des systèmes universitaires dissemblables à tous points de vue, remarquons simplement ici que là où l’éthique a un sens et a une importance, des crises politiques, des démissions ministérielles, ont immédiatement suivi le moindre des soupçons de plagiat relevé par les médias des pays concernés et ciblant des thèses de doctorat soutenus parfois il y a plusieurs décennies. Aucune autorité dans ces contrées où l’éthique académique est la plus haute des valeurs n’a jamais osé modérer quelque peu le rejet absolu du plagiat concernant les thèses et travaux universitaires. Par contre, en Algérie, non seulement le phénomène du plagiat se pose à l’université depuis longtemps, mais en plus il est minoré, nié et au mieux considéré souvent comme un épiphénomène très marginal. Il n’en est pas moins présent et s’élargit à beaucoup d’universités dans la plupart des régions du pays. C’est l’exemple par excellence d’une gouvernance déliquescente, n’arrivant pas à promouvoir les valeurs éthiques sur lesquelles peut se construire l’appropriation, la reproduction et la production du savoir. Malgré une réglementation qui l’interdit et le réprime, l’application fait défaut le plus souvent et affronte l’omerta, les liens claniques, régionaux et d’intérêt.

L’évolution de la gouvernance institutionnelle

Par l’ampleur qu’il a prise depuis quelque temps, le renouvellement actuellement en cours des responsables institutionnels et administratifs aux échelons régionaux et centraux semble suggérer «in fine» une transformation même lente vers plus de compétence, de rigueur et d’intégrité dans la gouvernance de la chose publique dans différents secteurs. Serait-ce réellement le cas pour l’ensemble des institutions ? Ces critères seront-ils ceux mis en avant et pris en compte dans les décisions d’affectation des responsabilités institutionnelles, universitaires et administratives ?

En l’absence de données objectives, nul ne peut se hasarder à prédire le sens politique de ces changements de direction, ses motivations profondes et le degré de son élargissement à l’ensemble des institutions dont l’université. Va-t-il conforter l’ordre établi depuis des lustres, ou bien va-t-il le transformer vers une gouvernance attachée à l’intérêt général, sa protection et sa préservation, dans le respect des lois en vigueur ?

En revanche, il n’est pas sans intérêt pour la réflexion et la prospective de l’évolution à terme de la situation politique, économique et sociale du pays, de considérer avec attention l’hypothèse que la transformation en cours vise une gouvernance meilleure basée sur une plus grande rigueur dans la gestion des intérêts de la collectivité dans toutes les institutions. C’est une hypothèse assez réaliste dans la mesure où la plupart des analystes de la réalité algérienne, locaux et étrangers, semblent s’accorder sur le point renvoyant les crises structurelles du pays vers la qualité de sa gouvernance, la compétence d’un bon nombre de ses responsables et l’intégrité de plusieurs d’entre eux depuis des années. Ces tares sont rédhibitoires pour la réalisation des objectifs principaux des politiques visant la croissance pour l’amélioration des niveaux de développement dont celui du niveau de vie moyen de la population. Elles sont destructrices des ressources collectives. Elles sont également les signes d’approfondissement des inégalités politiques, sociales et économiques.

Elles indiquent enfin que le destin collectif est capté, privatisé, aux bénéfices de castes, clans, régions, au détriment de l’intérêt de la collectivité. Elles constituent finalement le nœud gordien principal à résoudre d’une politique globale ambitionnant l’amélioration des performances du système de gouvernance en vigueur. La population dans sa grande majorité, au vu de ses nombreuses et constantes manifestations de rejet contre la situation actuelle, souhaite une évolution qualitative vers le mieux dans ses conditions de vie, de travail, de formation et de prise en charge de ses affaires, la promotion et la protection de ses droits par ceux, institutions et responsables, dont c’est la raison d’être et la mission. Il est possible sans que cela soit certain, à l’heure présente, que la transformation actuelle en soit le prélude ou la première marche. Tout en veillant à être objectif et optimiste, supposons que cela soit.

Dans ce cas, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique seraient parmi les secteurs prioritaires où la mise en place d’une autre politique, d’une nouvelle gouvernance reposant sur les critères universels dans le choix des responsables et l’affectation des responsabilités, de haut en bas de l’échelle des administrations universitaires, est la plus urgente à entreprendre et celle qui se manifesterait, une fois appliquée, par des résultats les plus efficients en termes de qualité des enseignements dispensés et de recherches entreprises débouchant, si ce n’est sur des projets efficaces d’accompagnement de la sphère économique et productive, au moins sur des publications académiques internationales enrichissant le savoir et améliorant le rang mondial des établissements universitaires du pays. Ce sera l’émulation tant attendue pour mobiliser la communauté universitaire, les étudiants et les enseignants vers le saut qualitatif tant espéré, dont l’absence pousse des milliers d’entre cette communauté à tenter l’émigration pour étudier et valoriser leurs potentiels dans les universités étrangères.

Propositions de réforme de la gouvernance universitaire

La situation de crise du système universitaire ne date ni d’aujourd’hui, n’est ni inconnue de l’opinion publique en général. Elle remonte à loin et semble même empirer, à tous les points de vue ces dernières années, du fait de la conjonction de

plusieurs facteurs dont un des plus importants est, selon nous, la mauvaise gouvernance du système caractérisée par des désignations et choix de responsables incompétents et intéressés à tous les échelons hiérarchiques de sa direction. Les effets néfastes de cette politique s’accroissent continuellement.

A partir de là, on peut légitimement considérer que le système actuel et sa composante humaine de dirigeants dont beaucoup seraient disqualifiés, ne peut atteindre ses objectifs en termes de performance pour la plupart des établissements universitaires. Ces objectifs concernent directement aussi bien la gestion courante des divers établissements, que les résultats en termes de diffusion et de reproduction du savoir dont le nombre de publications académiques internationales est un critère irréfutable parmi d’autres. D’autres éléments liés à la qualité de la gouvernance des universités et à ses impacts en termes de mauvaise gestion se trouvent aussi dans l’état général des infrastructures, la mauvaise répartition des moyens matériels mis à la disposition des établissements, le gaspillage endémique de ces mêmes moyens conduisant parfois à leur privatisation informelle au bénéfice d’utilisateurs indus et découlant de l’autoritarisme exercé par les directions des structures universitaires et de l’impunité dont ces directions jouissent.

Les cas de l’état des salles et amphithéâtres à usage pédagogique, l’affectation des bureaux pour les enseignants-chercheurs, des moyens informatiques et de la disponibilité de connexions internet, la disponibilité de documentation scientifique appropriée et à jour, ainsi que la répartition des budgets dédiés aux stages de perfectionnement à l’étranger en sont des exemples trop connus mais subis dans un silence assourdissant mâtiné d’autoritarisme et d’allégeance de communautés universitaires découragées par trop d’autisme des hiérarchies administratives du système.

A partir d’une longue pratique universitaire en enseignements et recherches à l’université d’Annaba ainsi que la multiplication de réseaux de contacts avec différents collègues évoluant dans plusieurs autres universités à travers l’Algérie et à l’international, il est possible de tenter d’identifier les éléments les plus importants à notre avis pouvant former l’ossature d’une réforme réelle de la gouvernance des universités. La gestion des institutions et structures universitaires et de recherche n’est pas similaire dans ses diverses missions et obligations, à celle qui concerne les autres institutions et structures économiques et de services. Elle a ceci de particulier qu’elle s’attache à gérer, d’une part, l’élément pédagogique (les enseignements prodigués dans divers paliers de la graduation et de la post-graduation, leur suivi et leur adaptation aux évolutions du savoir universel) et, d’autre part, l’élément de la recherche scientifique, à titre individuel et à celui collectif organisé dans des structures idoines (laboratoires, équipes de chercheurs).

En conséquence, les décideurs aux niveaux des structures universitaires hiérarchiques (direction de faculté, rectorat, ministère) se doivent de satisfaire aux critères universels de compétence en matière pédagogique et également de recherche validée par des publications académiques internationales.

– Le critère pédagogique : les candidats aux postes de direction dans les structures universitaires doivent répondre à ce critère, en fournissant dans leur dossier de candidature un curriculum citae détaillant leur pratique pédagogique depuis l’année de leur recrutement jusqu’à celle où ils sont choisis comme candidats potentiels à un poste de direction quelconque (direction de faculté, rectorat, ministère, direction de ministère, direction de structures de recherche). Seuls les candidats prouvant la plus longue pratique pédagogique et de recherche parmi les enseignants et chercheurs de la structure concernée seraient admis à être retenus comme candidats définitifs aux postes de responsabilité.

– Le critère de recherche académique : ce critère découle, d’une part, des pratiques en cours depuis longtemps à l’international dans les systèmes d’enseignement supérieur et de recherche scientifique et, d’autre part, de la réponse objective à deux questions simples et liées entre elles :

a- un universitaire sans une relativement longue pratique pédagogique d’au moins cinq années, peut-il produire en matière de recherche et en assimiler les exigences ? Peut-il diriger un département universitaire, une faculté, une université,… ?
b- un universitaire sans publications académiques internationales, au moins cinq, peut-il gérer des projets de recherches, des chercheurs de son établissement, au niveau d’un département, d’une direction de faculté, d’un rectorat,… ?
Une unique réponse négative peut et doit être objectivement donnée aux deux questions posées ci-dessus. C’est la raison majeure pour laquelle les deux critères, de pratiques pédagogiques et de publications académiques internationales sont primordiaux dans l’affectation ou le choix ou la désignation des responsables universitaires depuis le département jusqu’au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (nous n’en sommes pas encore à l’élection par la communauté des enseignants et chercheurs eux-mêmes, dans le système universitaire en vigueur en Algérie).

Conclusion

L’enseignement supérieur et la recherche scientifique, en tant que secteur où se transmet le savoir par l’enseignement et la recherche, où ce savoir est issu de la reproduction des connaissances scientifiques existantes et parfois la production de connaissances scientifiques nouvelles, n’est pas un secteur d’activités banales. Sa direction et sa gestion, en termes de personnels, de moyens mais également d’orientation en vue de réaliser ses objectifs, ne peuvent être efficientes que si elles sont assurées par des universitaires disposant de capacités scientifiques prouvées selon les critères académiques partagées de par le monde. La problématique de la qualité, bonne ou mauvaise, efficiente ou improductive, de la gouvernance de ce système universitaire et de ses composantes en dépend étroitement. Les changements en cours dans les directions de plusieurs institutions du pays permettent l’espoir que ces changements s’élargissent aux directions et à la gouvernance du secteur de l’enseignement universitaire et de la recherche scientifique, dans ses politiques, ses méthodes et les choix des dirigeants qui doivent les appliquer en rendant compte par des bilans publics des résultats de leurs fonctions à la fin de ces dernières.

 

 

Par Nadji Khaoua.
Professeur d’économie et chercheur à l’université de Annaba
[email protected]

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