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Chafik Ahmine. Enseignant-chercheur à la faculté d’économie de Dély Ibrahim

«La crise économique, facteur déclencheur du hirak»

15 mai 2019 à 9 h 00 min

A l’initiative du Parti socialiste des travailleurs, PST, une conférence-débat a été organisée, jeudi dernier, à Alger, sous le thème du «Hirak populaire et ses répercutions sur la situation économique du pays».

«Eléments de l’économie politique du hirak populaire en Algérie» était, donc, l’intitulé de la conférence-débat qui a été animée par Chafik Ahmine, enseignant-chercheur à la faculté d’économie de Dély Ibrahim.

Pour le professeur Ahmine, c’est d’abord une «aventure de vouloir théoriser le hirak, qui a surpris tout le monde par son ampleur et sa spontanéité». L’acte de réfléchir «sur les grands bouleversements» et d’essayer d’en tirer des perspectives est, aux yeux du professeur, «quelque chose de très difficile».

Néanmoins, il dira qu’à première vue, le soulèvement populaire algérien apparaît comme étant un mouvement aux revendications strictement politiques, mais à bien l’analyser, l’on retrouve aussi une dimension économique et sociale. «‘‘Yetnahaw gaâ’’ est le principal slogan scandé par les manifestants, mais les foules n’ont pas manqué de relever dans beaucoup d’autres slogans les problèmes économiques et les tares des tenants du pouvoir dans ce domaine, les qualifiant de ‘‘voleurs, de corrompus et de traîtres à la nation’’», a fait remarquer le professeur.

Selon lui, il est vrai que le 5e mandat que voulait briguer le président Bouteflika était «la goutte qui a fait déborder le vase», mais bien avant, la situation économique dramatique qui prévalait dans le pays était pour beaucoup dans le déclenchement des manifestations populaires.

Revenant sur la genèse de la crise économique de l’Algérie, le professeur Ahmine a rappelé d’abord que les «réformes libérales imposées par le FMI et la Banque mondiale à l’Algérie, début des années 1990, ont fini par donner naissance à une classe d’hommes d’affaires et d’oligarques qui se sont alliés aux gens du pouvoir dans le seul but de dépouiller le pays de ses richesses et se faire des fortunes au détriment des intérêts de l’économie nationale».

Résultats des courses : le secteur industriel national qui représentait auparavant plus de 15% du PIB national est retombé au plus bas des niveaux, avec à peine 4% de contribution au PIB national, explique encore le professeur d’économie.

Et d’ajouter : «Les plus grands perdants dans cette crise sont les travailleurs, dont le pouvoir d’achat a vertigineusement chuté. Les disparités régionales ont commencé à apparaître, notamment entre les régions du Nord et celles du Sud, et les services publics n’avaient plus aucun sens.»

Au plan social et comportemental des citoyens, le professeur Ahmine pense que la crise économique a eu même de graves répercussions sur les relations sociales, en ce sens que «l’individualisme et l’égoïsme se sont ancrés dans les pratiques de la société et pratiquement dans toutes les références en matière de valeurs, même celles en rapport avec la religion, ont quasiment disparu».

Quant à la nature économique du pays, le professeur Ahmine a indiqué que «l’Algérie a eu de tout temps une économie rentière par excellence, avec comme conséquence directr, sur le plan politique, un système rentier qui s’est accaparé le pouvoir décisionnel et qui a permis l’émergence d’une classe d’oligarchie aux avantages multiples».

Expliquant, enfin, les méthodes par lesquelles celle-ci s’est illégalement enrichie, le professeur a cité notamment les opérations de privatisation des entreprises publiques cédées au dinar symbolique, la surfacturation et les fausses déclarations entrant dans le cadre de transactions commerciales, les marchés publiques conclus au profit de personnes corrompues et de corrupteurs, ainsi que le foncier industriel et agricole, dont une grande partie a été dilapidée par la mafia politico-financière.

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