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Point de vue

Koussaila Alik, maître de conférences à l’université Mouloud Mammeri : «Un plan stratégique est indispensable pour l’UMMTO»

12 mai 2021 à 10 h 08 min

1. Regard rétrospectif

L’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, qui a marqué son parcours depuis sa création, est un modèle à suivre sur le plan pédagogique et dans le domaine de la recherche universitaire et scientifique pour les autres universités sur le territoire national et même à l’échelle internationale, notamment en Afrique.

Dans l’état actuel, cette université est terminée, dans l’impasse, devant un circuit fermé. Il est temps d’examiner son modèle de gestion qui envisageait complètement des conditions de travail, la supervision des étudiants dont le nombre avoisine les 70 000, le personnel ATS (administratif, technique et de service) et les enseignants-chercheurs.

En tout état de cause, le climat de travail n’est pas propice pour mettre les moyens appropriés pour installer une stabilité et introduire une discipline qui sera à la pointe de ses franchises universitaires. Comme dit Champfleury (1821-1889) : « …des renards installèrent le corps sous le catafalque».

Les facultés deviennent ainsi de bonnes proies pour les opportunistes. Leur environnement est détourné de sa vocation principale et il est réduit à un terrain adapté aux violences et à la délinquance.

La gestion de la fin d’année universitaire (2019-2020) et de la rentrée universitaire (2020/2021) sous Covid-19, toutes les mesures mises en place pour le protocole sanitaire par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, voire les normes à respecter, sont bafouées à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.

On se croirait sur une autre planète : la crise sanitaire mondiale n’est pas prise en considération ! Les problèmes qui ont détruit cette institution doivent également être sérieusement étudiés à la recherche de résolutions adéquates pour débloquer cette situation. C’est-à-dire un plan stratégique pour mettre fin à cette crise.

Il s’agit d’un regard rétrospectif en arrière pour déduire les origines de cette fragilité qui menace ses organes (instances) scientifiques, les conseils pédagogiques et sa gestion d’une manière globale.

2. Fragilité des institutions

Les étudiants sont complètement dispersés et déstabilisés car les gestionnaires ne peuvent pas s’en occuper, notamment en leur garantissant leur supervision sur tous les plans : éducatif, scientifique et intellectuel. Au contraire, ces dirigeants se transforment en une oreille sourde.

Le vrai problème n’est pas seulement associé au manque d’incertitude sur le campus, mais si l’année universitaire a été soigneusement soutenue, les étudiants n’auront pas du temps à perdre dans d’autres activités, ils seront toujours occupés par les travaux dirigés et pratiques, cours magistraux, séminaires et conférences pour tous les paliers.

C’est alors un échec non seulement administratif, mais également le manque de conscience professionnelle de la part de certains employés (ATS) et des enseignants-chercheurs qui sont en rupture totale avec le milieu de travail.

L’étudiant dans son rôle s’est retrouvé dans un désert sans image et aucune guidance favorable pour marquer son cursus dignement à l’université.

En outre, tous les moyens adéquats pour que les étudiants soient pris en charge ne sont pas du tout mis à leur disposition. Ils subissent alors les conséquences, voire les catastrophes d’une mauvaise gestion (pédagogie, orientation et sorties) dans les campus et même au niveau des résidences universitaires (restauration, hébergement…). Tous les budgets qui sont alloués pour sa prise en charge sont-ils détournés ou mal gérés ?

Ensuite, l’incertitude, voire l’insécurité est devenue le seul moyen de cacher certaines vérités en termes de mauvaise gestion dans les campus et les résidences universitaires.

L’approche suivie des employés se traduit par les maux récurrents dans d’autres institutions : le tribalisme, le clanisme, le régionalisme et le népotisme.

Au manque de compétences s’ajoute la volonté de certains responsables de ne pas changer l’ordre des choses. Le rectorat est souvent squatté et fermé et aucun responsable hiérarchique n’a cherché à convoquer les enseignants pour faire un état des lieux ?

Les syndicats jouent aussi l’arbitrage et la double casquette, on les voyait partout, dans les staffs administratifs et les sections syndicales !

Sur un plan stratégique et dans le but de résoudre cette crise que subit l’université Mouloud Mammeri, il est préférable de tenir compte des effectifs et des surcharges pour trouver comment scinder cette université en créant deux ou trois universités comme dans d’autres wilayas, sachant que le nombre de bacheliers au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou est le plus élevé à l’échelle nationale.

Il fallait préparer les lieux pédagogiques avant même l’arrivée des futurs étudiants. Projet urgent à soumettre au débat.

3. Système LMD et réforme universitaire

Il est primordial de revenir, pour débattre ouvertement de la réforme du système éducatif, chercher comment réhabiliter le système bilingue, en mettant en place les langues suivant leurs capacités et leurs compétences pour garantir un bon redressement.

Le français et l’anglais dans les domaines des recherches universitaires, la maîtrise de ces deux langues doit être revisitée d’une manière favorable pour que l’étudiant puisse les maîtriser dans son cursus universitaire.

Il s’agit de revaloriser les cycles en mettant en place la sélection et l’évaluation comme critère de passage d’un cycle à l’autre (licence, master et doctorat).

Pourquoi ne pas rendre le premier cycle, en licence,  pour une durée de quatre ans avec un mémoire ou un projet de fin d’études au lieu de le limiter à trois ans sans aucun compte rendu ?

Il en est de même pour le  master, pendant les deux années consacrées, en encourageant pour motiver l’étudiant à faire le 1er master avec un projet et le 2e master avec un deuxième projet.

La recherche doctorale devrait être suivie non seulement dans les séminaires, mais il faudrait que les laboratoires de recherche prennent en charge les doctorants pour les échanges et favoriser la co-tutelle avec les universités étrangères.

Cela pour insister encore à pousser l’étudiant à se préparer psychologiquement dès son parcours au lycée pour découvrir son nouveau milieu dans le cadre de la recherche scientifique.

Pour terminer, je dois cerner ma réflexion dans le contexte de la théorie des trois lois, comme le souligne Auguste Comte dans son courant philosophique, le positivisme.

Alors, la réforme de la société doit passer par la réforme de l’intelligence. Une réforme intellectuelle est indispensable pour que l’université redevienne la locomotive et l’avant-garde de la société.

Koussaila Alik, maître de conférences à l’université Mouloud Mammeri


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