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dimanche, 12 juillet, 2020
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Formation paramédicale dans le sud : Nécessité d’orientation vers de nouvelles spécialités

25 mars 2020 à 9 h 42 min

La pandémie du coronavirus a remis à l’honneur les métiers de la santé et particulièrement le paramédical, véritable épine dorsale du système de santé.

Des métiers nobles, humanitaires, des vocations détectées très tôt, mais aussi des orientations familiales ou purement à intérêt social, étant donné qu’une orientation au paramédical équivaut à un poste d’emploi garanti à la sortie. A Ouargla, 90% des étudiants de l’Institut supérieur du paramédical sont des filles, ce qui en fait une profession féminine par excellence, puisque que sur les 467 étudiants, l’institut ne compte que 51 garçons.

Cet institut, qui se distingue par son rayonnement régional sur les wilayas du Sud-Est, forme dans quatre spécialités majeures, à savoir sage-femme, infirmier, laborantin et agent de la santé publique.

Les filles dominent évidemment sur les professions de sage-femme, d’infirmière et de laboratoire, mais leur choix est souvent dicté par la famille et l’obligation faite par les parents de se contenter des spécialités disponibles à Ouargla, pénalisant ainsi les plus brillantes d’entre elles après un parcours scolaire long et difficile couronné par des taux de réussite très élevés au baccalauréat et des moyennes dépassant souvent les 15 sur 20 pour certaines.

Ces dernières années, le problème de la réticence des tuteurs à envoyer de brillantes lauréates au baccalauréat dans cinq spécialités non disponibles à l’Institut de Ouargla a pris de l’ampleur.

Qui aurait cru qu’en 2020, des parents hésitent encore à laisser des filles ayant accompli un cursus scolaire des plus satisfaisants à accéder au métier de kinésithérapeute, nutritionniste, manipulatrice d’imagerie médicale ou bien encore assistante médicale ou sociale ?

L’institut de Ouargla bénéficie pourtant annuellement de 25 postes dans ces cinq spécialités dispensées soit à Alger, Constantine ou Tébessa, selon Choukri Saâd, son directeur. Pour ce gestionnaire, chez qui le côté pédagogique prime sur tout, le constat est alarmant à chaque début d’année où des cas de parents ou tuteurs légaux refusent d’inscrire leurs filles à ces postes pédagogiques de qualité, obligeant certaines d’entre elles à accepter des spécialités exigeant des moyennes inférieures, rien que pour les inscrire à Ouargla, alors que les filles sont très ambitieuses et aimeraient bénéficier de formations notamment en imagerie médicale et kinésithérapie ou nutrition et diététique médicales.

Cette problématique est posée maintes fois à l’occasion de débats organisés par la société civile sur les résultats insatisfaisants du baccalauréat dans la wilaya, au moment où la population locale se plaint de manque de spécialités du paramédical dans les différentes structures de santé publique et privées. La direction de l’Institut supérieur paramédical de Ouargla a bien réussi, il y quelques années, à mettre en place la formation de sages-femmes permettant ainsi de quintupler le nombre d’inscrites, puisque les parents refusaient d’envoyer leurs filles à Tizi Ouzou pour cinq années d’études.

Cette spécialité introduite sous l’égide de l’institut de Tizi Ouzou a permis à des dizaines de filles des wilayas de Ouargla, Ghardaïa, Illizi et Tamanrasset de se former dans ce métier très demandée, notamment dans les wilayas de l’extrême Sud où les staffs paramédicaux sont déficients.

L’approche actuelle des responsables de l’école est multiforme, y compris sociale, en essayant de servir de médiateur avec les parents chaque année pour permettre à des élèves aux résultats exceptionnels de rejoindre ces formations en dehors de la wilaya de Ouargla.

Pour M. Saâd, il est plus qu’urgent d’ouvrir de nouvelles spécialités pour résoudre ce problème, vu que l’institut dispose de l’espace nécessaire pour la création de nouvelles classes. Il interpelle également les paramédicaux expérimentés du secteur sanitaire de Ouargla pour s’orienter vers la formation, afin de renforcer les capacités d’encadrement de l’institut. Pour leur part, certaines associations de la société civile tentent d’engager un dialogue communautaire en organisant des réunions sur l’orientation scolaire en général et en responsabilisant les parents sur l’orientation de leurs filles vers des spécialisations requises localement.

C’est ce que l’association Fikr El Ouloum a tenté de faire. Le Dr Djmael Benmenine, spécialiste en énergies renouvelables, qui préside cette nouvelle association, voulant engager un débat sociétal sur ces problématiques brûlantes, estime que le ministère de tutelle doit instaurer un système de quotas par wilayas pour les postes de formation des paramédicaux, à l’instar de ce qui a été fait pour les médecins l’année dernière, et ce, afin d’assurer une équité régionale et permettre de combler les insuffisances dans ce domaine.

Il interpelle les parents sur la nécessité de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de paramédicaux issus des lauréates du baccalauréat au sud. Les filles, quant à elles, veulent bouleverser la vision de la société envers ces métiers, en humanisant le contact avec les malades et en s’investissant dans des métiers qu’elles ont choisis par vocation, ou qu’elles ont fini par aimer en cours de formation grâce à des enseignants passionnés.



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