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Examens, soutenances et inscriptions : Une fin d’année pénible dans les universités

30 décembre 2020 à 10 h 35 min

L’année 2020 a impacté tous les secteurs d’activité. Celui de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique n’a pas été en reste face aux retombées de la crise sanitaire provoquée par le coronavirus. L’université a fermé, elle aussi, ses portes durant plusieurs mois en raison du confinement décrété par le gouvernement juste à l’apparition des premiers cas de contamination à la Covid-19 en Algérie. Un grand retard a été enregistré durant cette période. Aujourd’hui, l’année n’a pas été clôturée dans plusieurs facultés du pays. C’est la course contre la montre pour les examens du 2e semestre, les soutenances et les inscriptions. Les responsables, les enseignantes et les autres fonctionnaires des universités font face ainsi à une fin d’année laborieuse.

 

Nous étions en période d’examens du 1er semestre quand les pouvoirs publics ont annoncé un confinement en signe de mesure de prévention contre la propagation du virus», nous explique le Dr Abdenour Boussaba, adjoint au chef du département des sciences humaines à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. «Nous avons passé une année universitaire particulièrement très difficile.

Son début était très normal, nous avons donné les cours et passé les examens du premier semestre, mais durant le confinement, nous n’avons pas cessé de travailler malgré la fermeture des établissements, car nous avons mobilisé les enseignants pour assurer les cours à distance à travers notre page officielle, ainsi que sur les réseaux sociaux», nous a-t-il précisé. Le même enseignant chercheur estime que la reprise, en septembre, n’a pas été une sinécure aussi bien pour les responsables que les enseignants et les étudiants. «Nous sommes en train de mener un véritable combat pour terminer l’année universitaire et rattraper le retard. Nous avons ainsi assuré des cours en présentiel, et ce, avant de mettre en place un plan pour programmer les examens de la session normale et les rattrapages, tout en respectant le protocole sanitaire instauré par le ministère de tutelle. C’est une véritable course contre la montre que nous avons menée pour, enfin, arriver à clôturer l’année universitaire 2019/2020, fin décembre.

Cela est rendu possible grâce aux efforts des enseignants et de l’administration. Actuellement, nous organisons les dernières soutenances des mémoires de fin d’études et nous délivrons les attestations de succès pour les étudiantes», nous confie Dr Boussaba. La mission de terminer l’année universitaire en Algérie avant 2021 n’est pas chose aisée si l’on se fie, d’ailleurs, aux déclarations des différents intervenants dans le secteur de l’enseignement supérieur de la recherche scientifique.

Dr Farah, médecin à la direction des œuvres universitaires de Biskra, nous a précisé également que le travail, en cette période de pandémie, n’est pas facile surtout avec les consultations systématiques de tous les étudiants hébergés. «Tout comme les enseignants et les autres fonctionnaires, les équipes médicales dans les campus et dans les cités universitaires ont passé une année particulièrement chamboulée», nous a ajouté Dr Farah qui fait, parallèlement à son travail de médecin, un master en langue française, à l’université de Biskra. «Pour les études, je peux vous dire qu’après la reprise, beaucoup d’étudiants n’ont pas rejoint les bancs de l’université. Durant le confinement aussi, nous avons suivi les cours sur la plate forme moodle .

Ce mode de formation en ligne a été introduit dans des circonstances qui mettent l’étudiant presque devant le fait accompli étant donné qu’il n’était pas habitué à ce genre de formation virtuelle. Les enseignants aussi. Même le manque de moyens et les problèmes de connexion ont pesé justement lourdement sur le déroulement des enseignements via le Net», nous explique, en outre, le Dr Farah. Le problème de connexion Internet nous a été soulevé par plusieurs étudiants que nous avons interrogés. Maya Kheoui, inscrite en master 1, Média, société et culture, à l’école nationale supérieure de journalisme et des sciences de information d’Alger, nous dira que l’année universitaire 2019/2020 a été marquée par trois périodes difficiles.

Selon elle, avant l’apparition de la pandémie de la Covid-19, les choses se passaient de manière normale. C’est-à-dire, les enseignements étaient assurés sans aucune perturbation. «Personne ne s’attendait à une situation de blocage général provoquée par le coronavirus. Nous étions en train d’étudier et nous étions aussi sur le point d’entamer les examens mais, soudain, on nous annonce les mesures de confinement sanitaire pour éviter la propagation du virus. Dès lors, nous avons été soumis au système d’enseignement à distance à travers différentes applications comme zoom et Google classroom. Donc, nous avons, situation oblige, suivi les cours par Internet, mais en raison des perturbations dans le réseau, nous avons subi la galère durant cette période. Même après le déconfinement, la crainte de contamination dans l’enceinte universitaire se fait sentir surtout avec le non-respect des mesures de prévention et de distanciation sociale dans les campus, les cités universitaires et même dans les moyens de transport.

Donc, nous vivons toujours avec beaucoup d’appréhensions. Les mesures barrières doivent être renforcées dans l’enceinte universitaire pour éviter la contamination», nous confie Maya Kheloui. Outre l’activité pédagogique, les manifestations scientifiques ont été également impactées par la pandémie. Plusieurs journées d’études, colloques et séminaires sont annulés par mesure de prévention contre le coronavirus. Les chercheurs se sont contentés d’organiser leurs rencontres scientifiques par visioconférence mais sans parvenir à susciter l’impact souhaité. Même les soutenances se déroulent à huis clos. «J’ai soutenu ma thèse de doctorat à huis clos, alors que j’aurais aimé le faire en présence des membres de ma familles, des amis et mes collègues. Mais, la pandémie nous a imposé de le faire ainsi. Nous n’avons pas le choix, surtout lorsqu’il s’agit de la prévention contre la maladie», nous souligne Ghania Kabache, qui a soutenu, en juin dernier, sa thèse de doctorat à la faculté des sciences de l’information et de la communication d’Alger. Cette enseignante universitaire estime que l’année 2020 est la plus dure de toute sa carrière.

Et pour cause, dit-elle, le confinement a paralysé toutes les activités scientifiques. «C’est la paralysie quasi totale de toutes les activités scientifiques. Il n’y a ni conférences, ni colloques, ni séminaire. D’ailleurs, la reprise, en septembre, a été très pénible aussi bien pour l’enseignant que pour l’étudiant en raison de la grande pression qui s’en est suivie. Heureusement, que nous avons pu terminer l’année universitaire avec succès. Nous avons pu faire soutenir les étudiants en fin de cycle. Cela est devenu possible grâce aux grands efforts fournis par les enseignants et les étudiants qui ont réalisé des travaux très intéressants en dépit de tous les obstacles, surtout lorsqu’on sait que le côté pratique nécessite un travail de terrain», nous fait remarquer Dr Kabache. La Covid-19 est venue inopinément bouleverser le cours des choses, et le secteur de l’enseignement supérieur n’a pas échappé à la règle. C’est ce que nous précise Ahmed Kabene, enseignant-chercheur en économie, qui voit que «l’université constitue même une zone à risque, compte tenu du nombre assez conséquent d’effectifs qui la composent.

Il a fallu immédiatement fermer dans le but de protéger la vie des personnes. Au départ, il s’agissait d’un saut dans l’inconnu générateur de beaucoup d’incertitudes et d’invisibilité. On avait même craint le scénario d’une année universitaire blanche. Mais juste après la mise en place de la plateforme de l’enseignement en ligne (e-learning), on commençait à voir le bout du tunnel. A partir de là, on se posait la question de savoir si nous disposons réellement des moyens nécessaires pour relever le défi de l’enseignement en ligne. La réponse est implacablement pessimiste», nous a-t-il précisé.

Pour le même universitaire, «le télé-enseignement ne se réduit pas au partage d’un support en format Word ou PDF accessible aux étudiants sans réelle interactivité, feedback et réactivité (le minima d’une pédagogie réussie). Incontestablement, Il faudra encore avoir la maîtrise des divers logiciels et plateformes conçues pour la pédagogie à distance (Edx, Fun Mooc, Opale, View, Moodle…).

En plus de l’enseignement à distance, le volet présentiel, à partir de septembre passé, était assuré par un système de vagues sous forme de cours accélérés, la distanciation physique oblige», nous a-t-il affirmé, tout en énumérant quelques difficultés rencontrées durant cette période particulière. «Au-delà des difficultés rencontrées, nous pouvons souligner l’existence d’un acquis d’importance, à savoir une certaine généralisation de la dématérialisation de quelques pratiques. Une culture numérique en pleine émergence qu’il faudra encourager par la mise en place des stratégies en faveur de l’amélioration continuelle de la qualité des dispositifs et services numériques», préconise-t-il.

La nouvelle rentrée universitaire, prévue pour le 15 décembre 2020, s’est déroulée, en somme, dans des conditions difficiles compte tenu de la pandémie qui persiste encore. «C’est une année universitaire la plus perturbée depuis le début de mon cursus. Les circonstances imposées par le coronavirus nous ont empêchés de terminer les cours et les examens avant décembre. Mais, avec le respect des mesures adaptées durant cette période, nous arrivons à voir le bout du tunnel.

Notre souhait est de voir aussi le monde se débarrasser de ce virus qui ne cesse de faire ses victimes», nous déclare Adel Larbi, étudiant en fin de cycle. La nouvelle année 2021 commencera, à coup sûr, sur les chapeaux de roues dans les universités afin de rattraper le grand retard provoqué par la crise sanitaire.


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