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Université M’hamed Bougara

«Economie informelle en Algérie : Réalité et traitement»

06 mars 2019 à 10 h 00 min

La rencontre de deux jours organisée par la faculté des sciences, de l’économie, du commerce et des sciences de gestion de l’université M’Hamed Bougara de Boumerdès (UMBB) a levé le voile sur certaines zones d’ombre qui entourent l’économie informelle en Algérie.

Elle ne s’est pas contentée d’en faire le diagnostic, elle a également proposé un traitement de ce fléau qui gangrène l’économie nationale. Mohamed Bra, de l’UMBB a retracé l’historique des travaux universitaires sur le sujet en remontant le premier écrit à Ahmed Henni, en 1992, et dont le titre «Les économies parallèles en Algérie» suggérait déjà l’existence de plusieurs forces souterraines minant l’équilibre précaire d’un système rentier.

L’orateur fera par la suite une distinction de taille entre l’informel de misère et l’informel de richesse. Si le premier est motivé par un souci de subsistance, le second est beaucoup moins honorable, car pratiqué par des opérateurs indélicats, voire des trafiquants. M. Bra aboutira à la problématique de l’intégration de ces activités dans l’économie officielle en s’interrogeant sur les moyens de la distinguer de l’économie de subsistance.

L’universitaire et ex-ministre, El Hadi Khaldi, abondera dans le même sens, mais en apportant une nuance de taille : les critères d’appréciation de l’économie informelle en Algérie sont différents de ceux des pays voisins. «Chez nous, il s’agit d’activités non déclarées et dont les auteurs n’ont aucune protection sociale», dira-t-il. Il n’en est pas de même ailleurs. En fait, «cette dénomination cache des arrière-pensées», dira-t-il. Il s’en prendra à la notion même d’économie informelle pour certaines activités.

Le cas du boulanger «obligé» de revendre sur le trottoir car sommé de vendre son pain à perte est assez révélateur. C’est pourquoi, l’intervenant préconisera de rechercher d’abord les causes, puis de prendre les décisions qui s’imposent, comme libérer le prix du pain ou revoir la politique des salaires pour empêcher les activités complémentaires ou de subsistance. Il relèvera qu’en 2013, la masse monétaire générée par l’informel était de l’ordre de 47% de la masse globale. Pour El Hadi Khaldi, «il n’y a pas de crise en Algérie mais une mauvaise gestion économique.

Il faut rechercher d’autres moyens en intégrant certaines activités de l’informel en jouant sur des politiques salariales couvrant les besoins.» Le Dr. Belouanis, lui, s’est inscrit dans une problématique de traitement à partir des comportements symptomatiques de l’économie informelle. Il s’est appuyé sur des paramètres précis pour souligner la dangerosité des origines du phénomène : la corruption administrative, 50% du PIB échappe à l’Etat, hausse des taxes, difficultés des crédits, 200 000 commerçants non officiels, 50% de la main-d’œuvre non déclarée, 53 mds de dollars de la masse monétaire en 2018, 2 mds de dollars au change parallèle, etc.

Il a proposé comme antidote la libération du commerce extérieur, la bonne gouvernance, la lutte réelle contre la corruption, la décentralisation et le contrôle informatique. Le représentant du ministère de l’Industrie a, pour sa part, mis en exergue «la nécessité de normalisation». Il a estimé que «le marché informel n’est pas un problème, mais c’est l’origine et le non-encadrement de ses activités qui le sont». Alors que M. Zouaoui, de la sûreté de wilaya, a défendu le rôle de «l’information et du renseignement économiques».

L’intervention la plus attendue était, sans conteste, celle de Derdari Nacéra, de l’UMBB, en collaboration avec le Dr Abdelkader, de l’Ecole supérieure du commerce. Elle a porté sur «Le rôle du système bancaire». L’oratrice a d’emblée conclu à «la nécessité de la bancarisation, indispensable à l’équilibre budgétaire et à la diversification de l’économie.» Elle a révélé que 1 000 à 1 300 mds de dinars sont en dehors du circuit bancaire. Déjà, la faible densité bancaire est un handicap de taille. En effet, elle a recensé que le ratio est de l’ordre de 27 000 habitants par agence bancaire, au moment où ailleurs qu’en Algérie il est deux fois moindre.

Que dire encore de la mauvaise répartition qui est concentrée en ville et dans les grandes agglomérations côtières ? De plus, les comptes bancaires servent dans leur grande majorité à des dépôts et des retraits. D’où une très faible bancarisation. Elle en entrevoit les raisons dans «un manque de confiance des citoyens et à l’absence de volonté politique des pouvoirs publics».

Les solutions préconisées vont de la mise en place d’un nouveau dinar, à l’implication des banques et des institutions financières, en passant par une finance participative (islamique) plus transparente. La majorité des intervenants ont convergé vers l’indispensable intégration de l’économie de subsistance et la lutte contre l’économie parasitaire, dite «criminelle». Toutefois, certains participants ont fait observer «la disparité des sources d’informations sur les données, notamment chiffrées, et ont souligné la difficulté d’y accéder».


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