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lundi, 13 juillet, 2020
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Entretien

Dr Mohammed Goudjil. Responsable de la Maison de l’entrepreneuriat, université Kasdi Merbah (Ouargla) : «Préparer au mieux de futurs créateurs d’entreprises»

20 novembre 2019 à 9 h 00 min

La Maison de l’entrepreneuriat de l’université Kasdi Merbah de Ouargla en est à sa 6e année d’existence et vient de rendre public un formulaire de sondage afin d’évaluer son aura et son impact au sein des étudiants auxquels elle propose outre le développement de leur sens de l’entrepreneuriat, un véritable coaching et incubation des idées de projets de recherche au cours de leur formation en licence, master et doctorat.

Ce coaching vise à terme à concrétiser les projets dans le cadre des dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle des jeunes, mais aussi au sein des entreprises du tissu industriel local et des services dont regorge le bassin pétrolier de Hassi Messaoud. Dans cet entretien accordé à El Watan étudiant, le Dr Mohamed Goudjil, responsable de cette structure pivot, revient sur l’actualité de l’entrepreneuriat estudiantin et ses perspectives de développement.

 

Tout d’abord, présentez-nous la Maison de l’entrepreneuriat estudiantin, ses objectifs…

La Maison de l’entrepreneuriat de l’UKMO a été créée le 01/05/2013 après un accord entre l’université de Ouargla et l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes Ansej, pour sensibiliser à l’entrepreneuriat et agir sur l’intention entrepreneuriale des étudiants, en particulier les nouveaux diplômés ou après une expérience professionnelle, en mettant en évidence les avantages de l’entrepreneuriat par rapport à la recherche d’emploi classique. L’accueil, l’orientation, l’organisation de journées d’information, d’études mais aussi de concours pour les meilleures idées de projets sont annuellement mis en œuvre pour capter le flux et motiver autant que faire se peut avec à la clé de belles success stories. Nous accordons une grande importance à la formation entrepreneuriale qui vient en appoint aux connaissances scientifiques acquises.

Cela va de la recherche d’idées, à l’étude proprement dite du projet, en passant par les techniques de gestion des start up tout en faisant un focus sur les divers dispositifs d’aide mis en place par l’Etat. Nous privilégions l’accompagnement, le conseil et l’orientation vers les dispositifs de financement et de l’aide à la création, les plateformes de créativité locale, les programmes nationaux et internationaux de développement de l’entrepreneuriat, les réseaux d’entrepreneur, la chambre d’industrie et d’artisanat mais aussi les incubateurs d’entreprises et tous les organismes de soutien existants.

En six ans, qu’est-ce qui a le plus marqué ce parcours ?

Notre Maison de l’entrepreneuriat a été créée dans le cadre d’une stratégie visant à préparer au mieux de futurs créateurs d’entreprises qui participent à la création de l’emploi et de la richesse, parce qu’il n’y a plus de postes de travail pour tous dans le secteur public et l’administration locale. Après plusieurs années d’ancrage vertueux, basé sur la sensibilisation et l’information, ainsi que des formations en partenariat avec l’Ansej, nous sommes passés à la vitesse de croisière avec une stratégie ciblant la création d’un réseau entre tous les partenaires : étudiants, dispositif de l’aide et de financement, entrepreneurs, PME et l’université. Cette approche nous permet d’être un acteur principal du développement local, au cœur du rouage, qui permet à l’université de jouer son rôle de producteur d’idées innovantes et agissantes.

Vous venez de publier un sondage sur l’entrepreneuriat à l’université de Ouargla. Qu’escomptez-vous au juste ?

Nous nous intéressons à l’étude de cas, aux idées du terrain et au feedback. L’objectif est de constituer une base de données et de comprendre les variables personnelles et contextuelles, agissant sur l’intention entrepreneuriale des étudiants. L’objectif principal de notre sondage est de connaître notre niveau d’intervention, selon le regard propre de l’étudiant, afin de concentrer nos activités à venir sur de nouvelles pistes, en interpellant des étudiants qui n’ont peut-être pas émergé jusque-là, qui n’ont pas trouvé la motivation ou la volonté nécessaire et qui ont besoin d’un petit coup de pouce pour attirer leur intention. Nous voulons également effectuer une étude comparative des caractéristiques de l’intention entrepreneuriale des étudiants par rapport à la spécialité, au sexe, à la wilaya d’origine…

A votre avis, quelles sont les motivations et les freins des jeunes à entreprendre ?

Je pense que les motivations d’agir comme entrepreneur sont souvent personnelles ou liées à l’environnement proche, comme la famille, les amis, l’expérience et l’éducation. Notre culture n’est certes pas très incitative au travail autonome, et les freins sont surtout liés au climat d’affaires en Algérie, qui est un climat très difficile avec beaucoup d’obstacles administratifs et financiers. Dans notre région, l’absence d’un financement selon les préceptes islamiques ou n’incluant pas l’intérêt bancaire constitue encore un frein moral pour les jeunes entrepreneurs.

L’entrepreneuriat est en vogue et l’UKMO mise également sur la promotion de l’entrepreneuriat féminin et de l’égalité des chances. L’envie d’y aller est-elle d’actualité ?

Les statistiques montrent que le taux de participation des femmes à l’activité entrepreneuriale est encore faible malgré l’amélioration qu’a connue ce pourcentage depuis 2010 avec un léger 18%. Je pense qu’il y a beaucoup de travail à faire sur les mentalités pour promouvoir l’image de la femme qui entreprend et qui réussit dans les affaires. La culture entrave encore le travail des femmes en entrepreneuriat surtout au Sud.

L’UKMO prône l’entrepreneuriat imbriqué à la recherche scientifique, en symbiose avec le monde de l’entreprise dans un environnement où l’industrie est demandeuse de solutions. Comment se réalise cette équation à votre avis ?

La construction d’un réseau actif et réactif impliquant tous les acteurs du développement local est à mon avis notre réussite et notre crédo. Les étudiants évoluent dans un environnement qui leur ressemble et répond à leurs aspirations en terme de production d’idées innovantes qui présentent des solutions pour les entreprises, celles-ci soutiennent le réseau par le suivi et la motivation, puisque le financement des start-up des étudiants est là au bout du chemin et permet d’aller de l’avant

Enfin, quelles mesures seraient à votre avis susceptibles de dynamiser l’entrepreneuriat chez les jeunes ?

Je vois que, dernièrement, il y a un signal politique positif qui commence à prendre l’entrepreneuriat et la culture du développement des start-up en considération. Il faut un début à tout et la volonté politique clairement affichée, avec une démarche précise et un cheminement qui aboutit à une levée des obstacles administratifs et juridiques sont à même de booster la machine. Les start-up innovantes sont le moteur principal du développement économique, partout dans le monde, elles ont une influence massive sur tous les acteurs du développement de l’entrepreneuriat et elles peuvent constituer une chance de démarrage chez nous.

 

Propos recueillis par  Houria Alioua

 

 

 

Chiffres clés :

Nombre d’étudiants bénéficiant des activités de la Maison de l’entrepreneuriat en 2019 : 100 étudiants

Nombre d’étudiants entreprenant des projets en 2019 : 20 étudiants.

Nombre d’étudiants accompagnés dans l’étude et l’évaluation de 2019 : 7 étudiants.

Nombre d’étudiants ayant initié les procédures d’établissement en 2019 : 1 étudiant pour un projet de recyclage de plastique.

 

 

 

Une Maison de l’entrepreneuriat… c’est quoi ?

 

La première Maison de l’entrepreneuriat a été créée en 2007 à l’université de Constantine.

L’année 2014 a connu la généralisation du concept de Maison de l’entrepreneuriat au niveau des universités et des grandes écoles, à travers le territoire national. La mission de la Maison de l’entrepreneuriat est de sensibiliser le public de l’enseignement supérieur à la création d’entreprises et à l’esprit d’entreprendre en général. Ces activités s’articulent autour de trois axes :

  • La sensibilisation : favoriser l’ouverture au monde de l’entreprise, agir sur les résistances culturelles à l’entrepreneuriat, notamment par la multiplication des témoignages de créateurs et faciliter l’émergence d’idées en suscitant la créativité.

  • La formation développer des compétences spécifiques à la conduite de projets et à la création d’entreprise, leur apprendre à monter un plan d’affaires et les informer sur les aides et les structures d’accompagnement et de financement.

  • L’ accompagnement et la promotion de la recherche en entrepreneuriat : accompagner les projets de création ou de reprise, conseiller l’étudiant créateur, le mettre en réseau, notamment avec les structures de valorisation des universités et les associations de prêt d’honneur et suivre le développement des jeunes entreprises universitaires.



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