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Des universitaires débattent de la question à Khenchela : Difficultés de l’apprentissage du français : que faire ?

12 février 2020 à 9 h 07 min

Le système éducatif national, le contenu pédagogique, le volume de l’apprentissage sont toujours au cœur des questionnements autour de l’école. La ville de Khenchela ne fait pas exception à la règle, d’autant qu’elle est classée parmi les 10 wilayas les plus «sinistrées» en matière de résultats scolaires.

Une journée d’étude relative aux difficultés de l’apprentissage de la langue française chez les élèves du primaire a été organisée jeudi dernier par un groupe d’enseignants relevant de l’école primaire Sahtal Mohamed, située au cœur de la cité Moussa Redah, à l’ouest de la ville. Des universitaires dans le domaine d’expertise didactique du français psychologues, orthophonistes ainsi que des inspecteurs et enseignants de langue française ont participé à cette journée, qui s’est soldée par des recommandations sur la façon de traiter le problème.

Une leçon pratique à laquelle les experts ont assisté a été donnée aux élèves de 3e année, dispensée par Bouchami Meriam, enseignante de français et membre du comité organisateur sur la discrimination auditive et visuelle du son [f] et de ses graphies, suivie d’un débat sur les meilleures manières d’enseigner à des élèves en bas âge, «tout en évitant de blâmer l’élève en cas d’erreur ou d’incapacité de répondre et l’exploitation de l’erreur comme un instrument de régulation pédagogique», a mentionné un intervenant.

Cette démonstration a été suivie d’une présentation des résultats d’un sondage qui s’intéressent à l’identification du statut de la langue française dans la région, présenté par Maâfa Kenza, professeur principal. La recherche était axée sur l’identification des «causes de cette insuffisance caractérisée de l’acte de lire et de chercher les moyens et voies pour y remédier graduellement».

Des entretiens avec les acteurs, à savoir enseignants, élèves de différents paliers (3e ,4e et 5e AP), de parents d’élèves, ainsi que l’expérience personnelle de la chercheuse dans le domaine de l’éducation ont été utilisés dans cette recherche. Des indices élaborés sur la base d’enquêtes par sondage ont montré que seuls 17% des élèves lisent bien, 21% lisent moyennement, 35% lisent difficilement et 27% arrivent à peine à déchiffrer.

En ce qui concerne la question posée aux enseignants : «Est-ce que les élèves qui ne savent pas lire peuvent-ils assimiler le sens du texte ?», la réponse était à 67% non et à 33% oui. Concernant la quatrième question adressée aux enseignants, «Vos apprenants aiment-ils le français ?», la réponse était à 83% non et à 17% oui. Pour une autre question adressée aux parents : «Est-ce que vos enfants font des cours particuliers ?), la réponse était à 95% oui et à 5% non.

Selon l’intervenante, l’initiation aux langues doit constituer l’apprentissage fondamental de l’école primaire, notamment pour le français, «étant donné que cette langue n’est utilisée que durant les séances qui lui sont consacrées, elle doit être la tâche principale de l’enseignant et l’élève doit être appelé à lire constamment, car celui qui lit facilement assimile facilement. En d’autres termes, un élève qui sait lire est un élève qui comprend aisément, qui arrive à s’exprimer soit oralement soit par écrit».

L’intervenante a ajouté que «ceci se réalisera par : son intensification à travers la lecture individuelle, l’augmentation du volume horaire de celle-ci, volume considéré dans un tel contexte comme insuffisant, c’est-à-dire le relever à une moyenne de 5h30/semaine, dont les 2/3 seront réservés à la lecture pour les 3e AP et la moitié pour les 4e AP et les 5e AP, l’évaluation et l’appréciation de l’effet réalisé dans la lecture dans chaque note des différents testes (compositions, devoirs, évaluation…). En plus, il faut ancrer tôt chez les élèves la conviction que la lecture est synonyme de compréhension».

Les conclusions de cette enquête ont été présentées sous forme d’une liste de recommandations pour inverser ces résultats négatifs, notamment l’augmentation de volume horaire réservé à cet enseignement, un volume «qui ne permet pas aux élèves d’acquérir une bonne maîtrise de la langue, en sachant que le seul espace où les élèves ont la chance de parler français est la classe, en plus, la concentration sur la formation pédagogique des enseignants», a indiqué Hassina Ouled Ammar, chef de département adjoint chargé des études à l’université Abbes Laghrour.

En ajoutant que «le rôle des parents est primordial dans le suivi de la scolarisation de leurs enfants afin de contribuer à leurs réussites». «Les séances d’orthophonie et de psychologie en milieu scolaire face aux troubles du langage sont d’autant plus nécessaires aujourd’hui pour aider les élèves en difficulté», ont conclu les experts.



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