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mardi, 20 octobre, 2020
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COVID-19 : Ce qu’en disent les étudiants

18 mars 2020 à 9 h 50 min

L’Université algérienne a dû fermer ses portes bien avant la date officielle des vacances de printemps, initialement prévues pour demain. La propagation du coronavirus en Algérie a donc chamboulé non seulement les programmes des études, mais aussi les vacances des étudiants. Que pensent ces derniers de cette épidémie qui a touché déjà une soixantaine de personnes, et que font-ils pour s’en protéger et protéger leur entourage ? Ce micro-trottoir a été réalisé à Alger pour tâter le pouls de la communauté estudiantine.

 

Interrogés, beaucoup d’étudiants de diverses spécialités estiment que le Covid-19 est un virus pas comme les autres et qu’il faudrait prendre au sérieux cette menace.

Quitter les campus et rentrer chez dans leurs pénates est pour eux le mieux à faire pour le moment. Ines, étudiante à l’université Alger 2, assure que la situation est grave et fait peur. «Si les plus grands pays du monde, à l’exemple de la Chine, l’Italie, la France et même les Etats-Unis ont du mal à parer à cette pandémie, comment l’Algérie, un pays peu développé comparé à ces nations qui nous dépassent dans le domaine de la recherche et de la technologie va faire face à ce virus qui a déjà infecté une soixantaine de personnes», nous dit-elle.

La jeune étudiante assure qu’elle suit toutes les mesures de prévention pour ne pas attraper le virus. «J’ai acheté un gel désinfectant, j’évite toute sorte de contact physique, je mange beaucoup d’agrumes, je bois du thé au gingembre et surtout je change mes vêtements chaque jour.

Mais maintenant qu’on est en vacances, je rentre chez moi et je ne sors plus de la maison. La situation ne fait que s’aggraver», souligne Ines. Pour Mélissa, étudiante à la faculté des langues étrangères à Bouzaréah, «le coronavirus est la maladie la plus effrayante du siècle, vu qu’aucun remède n’a été trouvé jusqu’ici.

Malheureusement, beaucoup de gens sont inconscients de la gravité de la situation». Et d’enchaîner : «Je n’arrive toujours pas à comprendre comment certains font pour prendre ça à la légère, alors qu’ils n’ont qu’à voir les pays les plus avancés dans le domaine de la recherche et de la technologie qui ont été contraints de déclarer l’état d’urgence et d’imposer les mesures les plus strictes pour limiter la propagation de ce virus.»

La jeune étudiante, paraissant quelque peu préoccupée, ajoute : «On nous a instruit de quitter les campus pour rester dans nos maisons, mais certains en profitent pour aller se promener dans les rues et les espaces publics. Je trouve leur comportement d’une ignorance hallucinante.» Melissa précise que pour se protéger, elle met une bavette et évite les accolades et de serrer la main.

Comme cela est recommandé, elle utilise la solution hydroalcoolique plusieurs fois dans la journée. Ahmed, étudiant en 7e année médecine à la faculté de Ziania de l’université d’Alger 1, suit actuellement un stage à l’hôpital Nefissa Hamoud (ex-Parnet). Il affirme que cette maladie est des plus effrayantes. «Les pavillons des urgences débordent de patients malades et de faux malades.

Les médecins sont vraiment dépassés par le nombre interminable de patients et, malheureusement, nos hôpitaux sont loin d’être bien équipés pour accueillir un si grands nombre de patients», indique le jeune futur médecin. Il tient à préciser que l’idée selon laquelle le virus Covid-19 disparaîtra une fois que les températures augmenteront «est complètement ridicule».

Et d’ajouter : «Il est vrai que les virus respiratoires sont plus stables à basse température, donc la propagation est plus grande en hiver. Cependant, la contamination se tassera pendant toutes les saisons de l’année».

Quant à Mahamed Dahmani, étudiant au département d’anglais de l’université d’Alger 2, il estime que pour la première fois, l’Université algérienne a pris la bonne décision. «Vu que la situation a déjà touché d’autres wilayas, il aurait fallu récolter de la Data sur les familles des étudiants à travers des questionnaires avant de mettre ces étudiants en vacances anticipées».

Mahamed explique que les organisations estudiantines n’ont pas joué leur rôle. Selon lui, elles devraient intervenir dès maintenant pour prendre des mesures avec les étudiants issus des wilayas touchées par le virus si l’université venait à ouvrir ses portes de nouveau au mois d’avril. «Les organisations estudiantines auraient dû dès maintenant créer des commissions chargées de contacter les étudiants de toutes les wilayas pour servir de feedback de type scientifique et aider les établissements médicaux».

En ce qui concerne la propagation du virus, Mahamed pense que la gravité de la situation risque de s’amplifier durant les 2 semaines à venir. «Malheureusement, je crois que la propagation de la pandémie va aller crescendo pendant au moins deux semaines. Le mieux qu’on puisse faire c’est de préparer une forte logistique pour les prochaines vagues de malades à venir.»

Quant aux manifestations hebdomadaires du mardi, l’ensemble des étudiants interrogés étaient unanimes à dire qu’il faudrait faire une pause et interrompre toute sorte de rassemblement à l’extérieur ou même à l’intérieur des établissements universitaires. «Je suis totalement d’accord avec ceux qui appellent à l’arrêt des marches du mardi, voire celles du vendredi, pour éviter d’aggraver la propagation du virus. Il y va de la santé de tous les citoyens», nous dit Salim, étudiant en 3e année à l’USTHB.

Pour lui, nos étudiants sont assez matures pour qu’ils prennent une telle décision et saisir cette occasion pour contribuer au travail de sensibilisation et de vulgarisation qui se fait à l’adresse des citoyens.

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